VI PRÉFACE
ment incomplets, qui ne voient qu'une face de la vérité.
Les socialistes regrettent les droits primitifs de chasser, de pécher, de cueillir les fruits des arbres, de cultiver la terre; ils se prétendent dépouillés aujourd'hui de ces droits communs à tous par les propriétaires et capitalistes. Nous montrerons que, si la propriété sociale et collective n'a plus les formes d'autrefois, elle subsiste cependant sous des formes supérieures. Déjà très agrandie, elle est capable encore de s'agrandir indéfiniment, sans qu'il soit besoin pour cela de supprimer la propriété individuelle. L'enfant qui vient au monde, dans les pays civilisés, trouve sans doute le sol entier déjà occupé et enclos de barrières; mais, en revanche, il voit s'ouvrir devant lui un domaine autrement large et précieux que ne le serait tout un pays sauvage mis à sa disposition : c'est le domaine de la richesse collective, amassée par toutes les générations qui l'ont précédé. Il a ainsi un trésor social à sa portée; par le travail, il peut y puiser de quoi vivre *.
Si la richesse collective était bien employée par les gouvernements, elle pourrait constituer un fonds d'assistance et d'assurance universelles, une sorte de lac Mœris qui, après avoir reçu le