‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 110 sur 153 · LA LIBER VTIO>. IT · texte numérisé non relu

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Le ^i septembre, les députés prisonniers aux Ecossais adressent à la Convention une émouvante requête, qui se résume en un mot : on nous a emprisonnés pour avoir signé une Déclaration qui n'a jamais éle imprimée. Eli bien ! qu'on l'imprime et qu'on nous juge!

C'eût été juger le 2 juin.

Cette requête est signée par Blaux, Chastellain, Corbel, Dubusc, Faure, Lebreton, Saladin et A arlet. Un mot de l'Avertissement est à noter : « Des dix députés détenus aux Écossais, hait seulement ont la même cause, le même intérêt; hait ont signé. » Or, je n'ai compté plus liant que neuf députés aux Écossais, à savoir les huit ci-dessus et Richou. Que ce dernier — toujours pusillanime comme au 2 juin — n'ait pas signé, on le comprend, puisqu'il n'avait pas été des protestataires des 6-19 juin. Mais je ne vois pas quel pouvait être le dixième, dont le cas était sans doute analogue au sien.

Ils font d'ailleurs impiimer leur brochure' et

1. vH p. iii-S'. !)(• ritnpiimciic (le I". l'orlc. l'.iris. s. d.

renvoient le 29 septembre au président de ta Convention ', qni ne lit pas donner lecture de leur lettre, qu'on renvoya simplement aux Comités.

Mais ils ne se lassent pas de faire appel à l'opinion publique. Dans la séance de la Convention du '^ octobre (12 vendémiaire), à propos d'une attaque dirigée contre Barère, Cambon avait prononcé des paroles fort incohérentes (ce laborieux financier avait la parole assez confuse), oii il avait fait sur la journée du 3i mai des révélations étranges. Cette journée aurait été l'œuvre exclusive de Danton, de Robespierre et de Pacbc, et il y aurait eu en même temps un complot pour mettre « le petit Capet » sur le trône! Le procès-verbal de la Convention parle à peine de l'incident; le Moniteur en donne un compte rendu peu intelligible ; mais le Journal de Paris, oii Rœderer venait de reparaître, fait tenir à Cambon un langage plein de sous-entendus, surtout si l'on se souvient que Cambon était membre du Comité de salut public lors du 3i mai, et pouvait dès lors être considéré comme bien renseigné : « Il est temps que je dévoile des secrets qui ont dû être ensevelis jusqu'ici... Danton..., de concert avec Robespierre

I. André Dumont. — V. \. C. , 11 vendémiaire an III. t. XLVI, p. 220.

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et Pache , trama à Charciilon la journée du 01 mai. Elle fut préparée avec tous les chefs de la force armée, et des témoignages digues de confiance nous ont convaincus qu'il avait été même question de rétablir le fils du tvran... » Les détenus des Écossais prennent texte de ces paroles pour lancer une nouvelle brochure, Canihon plaidant la cause de ses 73 collègues délenus, ou la vérité sur les rvéncmenls du .7/ laai^; signé Blaux, Chastellaln, Corhel, l)id)i/sc, l'\furr, /j'l)reton, Saladin*- et Varlet. Leur argumentation est très simple : Cambon nous révèle que la prise d'armes du 3i mai a élé un mouvement contrerévolutionnaire; donc en protestant le (> juin, nous défendions la République, et notre arrestation du 3 octobre, en une séance que présidait ce même (lambon, a été un non-sens inique. « Il est secret encore, cet écrit | la protestation du ()juin|... Vous ne le connaissez pas encore, Français, et Lacle par lequel nous demandons qu'il soit lendu j)ublic, on n'a ])as même daigné en faire la lecture à la (lonvention nationale... Qu'on se hâte de combler nos vohix en nous rendant la liberté ou en nous donnant la mort. » Fait à la nudson (farrri d'ilc drs Ecnssais , te i\V rendéiniaire an 111

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