‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 138 sur 153 · IV. — GIROUST · texte numérisé non relu

IV. — GIROUST

Giroust, ainsi que je l'ai déjà dit, ne figure sur aucune liste de proscription. Entraîné sans doute par Lesage, son collègue d'Eure-et-Loir, il quitta la Convention en juin 1798, pour aller rejoindre en Normandie Buzot et leurs amis. Dès le 25 juin, une lettre de Cliasles (leur collègue d'Eure-et-Loir) le dénonçait à la Convention : « Giroust, après avoir quitté son poste, sans congé, parcourt en ce moment les départements d'Eure-et-Loir, de l'Orne, et se rend au Calvados'. » Le i5 juillet, la Convention le déclara démissionnaire, comme étant absent sans autorisation. Mais ce fut tout; aucun décret ne fut rendu contre lui.

Il quitta Caen le 28 juillet, avec la petite troupe qui allait se réfugier en Bretagne; il était encore avec ses amis au départ de Dinan % c'est-à-dire le 3 ou /| août, et ne les quitta, ainsi que Lesage, qu'à une des étapes suivantes, après Moncourtour*. Mais Lesage resta caché sur place, tandis

I. Papiers de Robespierre, i. III, [). 337. 'j. Mémoires de Louvet, l. I, pp. i^~, i^.'^. 3. \. plus haut, p. l'M).

294 APPEx\T)ICES.

que Giroust erra misérablement dans le pays, muni d'un faux passeport.

On finit par l'arrêter à Poullaouen, bourgade du Finistère, alors importante pour son exploitation de plomb argentifère (il avait cru sans doute mieux se cacher dans ce centre ouvrier). Hugues, l'accusateur public du tribunal révolutionnaire qu'on venait d'instituer à Brest, écrivait au Comité de sûreté générale le 12 pluviôse (3i janvier 1794) : « Giroust... a été arrêté dans ce département; il paraît qu'il est du nombre de ceux qui sont venus avec la force départementale de Caen dans le Finistère, et il ne peut prouver où il a passé son temps pendant cinq mois. Il paraît encore qu'il a vécu ignoré dans les campagnes... Veuillez m'envoyer un décret d'accusation contre lui, comme vous avez fait de Dechézeaux, à Rochefort'... Je l'ai fait mettre en maison de justice, après m'être concerté avec le citoyen Laignelot, votre collègue ^.. »

De son côté, Laignelot, en mission à Brest, écrivait quelques jours après, le 10 février, au Comité de salut public, et disait en post-scrip-

1. Hugues était, avant qu'on l'appelât à Brest, accusateur public du tribunal révolutionnaire de Rochefort et avait dû y être chargé des poursuites contre Dechézeaux. qui venait d'être exécuté le 18 janvier (v. plus haul, p. i3i).

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