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JUIN 1793. Ol
taire bref, je renvoie à son récit. Il suffira ici de dire qu'étant allé, suivi de son gendarme Jean Meignier, dîner chez son collègue Masuyer, rue lie Richelieu, n" 288 (ou 1^1 10, nouveau style), il en était sorti dans la soirée en habit de garde national, tandis que Jean Meignier l'attendait dans la cuisine'. Après être resté caché deux ou trois jours dans une maison amie, il réassit à passer les barrières de Paris et airiva à Caen le 28.
En apprenant ces trois évasions, le 2/1, l' Assemblée fut exaspérée. Elle vota, séance tenante, I arrestation de Masuyer, puis décréta, sur la [)roposition d'Amar, membre du Comité de sûreté générale, que les députés détenus seraient transférés (Inns des « maisons nationales, désignées par
1. -Masuyer (Hait on pension chez son compatriote Co- <|uéau, clief de bureau au ministère de l'Intérieur. C'était • lonc en réalité chez Coquéau qu'avait eu lieu le dîner. M. Oauban a publié {La démagoijie à Paris en 1793^ pp. a^Q- Vj ) les curieux interrogatoires que durent subir, le a/» juin, (levant le Comité de sûreté générale, et Cocpiéau el le gen- (l;irm(\
Masuyer, décrété d'arrestation le a^ juin, réussit alors à <• cacher et ne périt (jue neuf mois plus tard.
<Miant à Coquéau, il ne fut pas inquiété d'abord; mais le ". mars 179'i, trois jours après l'exécution de Masuyer, il fui arrêté, écroué aux (larmes, puis condamné et exécuté !<• -K-] juillel. le jour niême de la chute de Robespierre.
.!«• lui ai consacn'', dans mon édition des Mrinoircs de \/'' Holnitd. \. II. p. 'in.'), une noie délaillée.
le minisire de l'Intérieur, autres que Les prisons publiques, et qu'ils y seraient gardés séparément à vue, sans pouvoir communiquer avec personne' ».
Les évasions n'en, continuèrent pas moins :
Dans la nuit du ■2\ au 20 juin, c'est Mollevaut*, qui arrive à Gaen le 4 juillet;
Dans la soirée du 29, c'est Kervélégan';
Enfin, dans la nuit du 29 au 3o, Birotleaii s'échappe*, pour se rendre non pas à Gaen, mais à Lyon, déjà insurgé contre la Convention ; il \ arriva le 4 juillet'.
En s'évadant, les détenus ne songeaient-ils qu'à sauver, chacun de son côté, leurs jours menacés ': jNon, puisque au lieu de s'abriter dans quelque retraite ignorée, ils allèrent appeler aux armes
1. On appelait Maisons naiionales des couvents, hôtels, palais (ainsi le Luxembourg), maisons particulières, etc., transformés en maisons de détention, et distincts des prisons proprement dites : la Conciergerie, l'Abbaye, La Force, Sainte-Pélagie, etc.