LA POUSSÉE HÉBERTISTE
Passons maintenant aux épliémérides de ces tristes semaines : ce sont d'abord les arrestations qui continuent.
Le 3o juillet, Amar, au nom du Comité de sûreté générale, fait décréter d'arrestation Duprat, Minvielle et Vallée, comme « complices de la conspiration de Barbaroux » et entretenant « une correspondance criminelle avec les départements méridionaux pour les soulever' ».
Le 2 août, sur le rapport de Chabot, au nom du même Comité, on décrète d'arrestation Brunel et Rouyer, pour leurs complaisances envers les insurgés lyonnais-; puis, sur le rapport de
I. Moniteur du 3i juillei. Le P. V. G. (t. Wlf, p. 37;")) dit simplement « comme prévenus de complicité avec les autres députés déjà décrétés d'arrestation ». Cf. Aulard, S. P., I. V, pp. 359-363 : Rovère et l^oultier, en mission dans les liouches-du-IUîône, écrivent à la Convention, le 34 juillet, pour dénoncer Duprat le jeune et Minvielle l'aîné, comme ayant écrit à la municipalité d'Avignon, pour (ju'elle se joigne aux Marseillais révoili's. << des Ici Ires (| ne nous .non s dans nos ïuains ».
Kn lettre arrive le 3o juillol. cl ils son! (h'crc'h's le jour mrme.
:>.. Chaudron-Roussau viendra dire |)lus lai'd à la Coiiv(întion (séance du 23 octobre 1794) (lue c'est sur une correspondance saisie par lui que Brunel et Uoujer furent poursuivis.
Couthon, au nom. du Comité de salut public, on décrète d'accusation Carra, « prévenu d'avoii tenté de relever en France le trône des rois et d'y faire monter le duc dTork, fils du roi d'Angleterre * )) .
Le 6 août, Chabot, au nom du Comité de sûreté générale, vient lire une lettre violente de Laplaigne contre le 2 juin, adressée à un ami et communiquée à plusieurs assemblées primaires du Gers; Laplaigne est décrété d'arrestation.
Le 21 août, sont décrétés de même, d'une part Saladin, de la Somme; d'autre part cinq députés delà Haute-Yienne, Faye, Lacroix, Lesterpt-Beauvais, Soulignac et Rivaud, pour les protestations qu'ils avaient envoyées à leurs commettants ^
Enfin, le 7 septembre, au milieu de l'émoi causé par la trahison de Toulon, on décrète le rappel d'Antiboul, alors en mission en Corse, et, sur la proposition de Jeanbon-Saint- André, lui reprochant son attitude trop humble devant les sections insurgées de Marseille, son arrestation.
1. P. V. G., t. XYII, p. 53. — A l'appui de cette accusation singulière, Couthon citait un passage du journal de Carra du 26 juillet 1792 I
Carra avait commis une imprudence plus grave. Le 8 juin, de Blois, où il était en mission, il avait écrit à la Convention pour proposer l'envoi à Paris d'une force départementale ! (Wallon, 31 mai, t. Il, p. 20.)