‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 35 sur 153 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

La poussée hébertiste.

{du 28 JUILLET AU 3 OCTOBUE)

L'écrasement du parti girondin, au 28 juillet, paraissait complet. Tous ceux de ses chefs qui n'étaient pas en prison étaient en fuite. Quatre ou cinq de leurs amis, Boyer-Fonfrède, Ducos, J'énières, Guyomar, à grand'peine épargnés jus- (\u'k cette heure, protestant de loin en loin pour défendre les détenus, ne pouvaient être un danger pour les vainqueurs. Quelques autres, comme <irégoire, M.-E. Petit, s'étaient réfugiés dans le Comité d'instruction publique; le reste ne se tendait plus aux séances ou se taisait. Comment donc les Montagnards, si entièrement maîtres de hi situation, en vinrent-ils, à neuf semaines de là (le 3 octobre), à voter la proscription en masse d adversaires déjà si totalement vaincus!^

Avant de répondre, le mieux est, cette fois encore, de suivre les événements jour par jour, pour

8/| LA PROSCllIPÏIO.N DES GIRONDIiSS.

mieux dégager les grands faits qui dominent les autres.

Conslalonsd'abord qu'au lendemain du 28 juillet le nombre des proscrits s'élevait à /17, dont 19 hors la loi (les 18 du 28 juillet, plus Birotteau),

— i5 décrétés d'accusation, — r i décrétés simplement d'arrestation, — et enfin Couppé ' et Magniez, détenus en fait sans aucun décret.

Sur ces 47 proscrits, plus de la moitié, soit 28, étaient fugitifs : d'abord les 19 hors la loi, — (et c'est précisément en tant que contumaces qu'ils avaient été mis hors la loi) , — puis Gondorcet, Cussy, Devérité, Duchastel, Grangeneuve, Mazuyer, Meillan, MoUevaut et Vitel.

Il en restait donc 19 en prison : Boilleau, Brissot, — Couppé, Coustard, — Fauchet, Forest, — Gardien, Gensonné, (îomaire, — Lasource, Lehardi, Lauze-Deperret, — Magniez, Michet,

— Patrin % — Serre, — Valazé, Yergniaud et Viger.

Le lecteur qui s'impatientera de ces récapitulations réitérées et minutieuses voudra bien considérer que c'est le seul moyen d'y voir clair.

1. Sur rarreslation de Couppé, voir le Moniteur, séances des i" et 3 juillet.

2. Il semble que Patrin ait été élargi d'assez bonne heure. Dès le 12 juillet, le lendemain de son arrestation, il avait demandé lui-même l'examen de ses papiers. (I^. V. C. t. \V1, p. ii3.)

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