‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 56 sur 153 · I. Mém. de Loiivei, t. I, p. i · texte numérisé non relu

I. Mém. de Loiivei, t. I, p. i

LES SOIXVKTE-QUINZE. IIQ

(7 octobre'). Ce fut la première application de la cruelle législation sur les « liors la loi ».

C'est évidemment en comprenant Corsas dans l'exécution du 3i octobre, où tombèrent vingt et une têtes, que les écrivains du temps disaient « les Vingt-deux-. » Mais en réalité il n'y eut que > I accusés qui comparurent devant le tribunal le 24 octobre, pour être condamnés le 3o el exécutés le lendemain. A une tête près, c'était le nombre des dénoncés du i5 avril, comme si on croyait devoir à la foule autant de victimes ([u'on lui en avait |)romis six mois au[)aravant.

\ oici les noms des accusés :

Antiboul,

Boilleau, Boyer-b'onfrède, F)rissoL, Carra,

Duchastel, Ducos, Duprat, Fauchet, Gardien, (iensonné, I^acazc, Lasource, l.auzc-Dej)eiret, Lehaidi, Leste rpt-Beau vais, Minvielle,

I. Tucley, l. Mil, 11^ ;);ir)5-;i.).j8. M"" Roland écrivait alors : « Voilà (iorsas condamné: il va mourir, il est dans leurs mains, ils lui interdisent de parler. » {Mémoire», t. II, p. 'Jfjo). Cf. le Monilt'ur du 9 octobre sur les circonstances de son arrestation el de son exécution, et les !\oiweUe s politiques du 8 octobre. Noir aussi Wallon, Trih. rêrol., t. l, p. 375.

a. Voir |)his liaiil. p. uH.

l'20 L\ PKOSCHIPTION DES GIRONDINS.

Silleiy,

Valazé, Vergniaud, Viger.

Neuf d'entre eux seulement étaient de la liste du 2 juin; les autres avaient été ajoutés successivement, du i5 juin au 3 octobre.

Quant aux dix-huit contumaces, trois seront ressaisis plus tard et périront : Noël à Paris, le 8 décembre 1 798 ; Grangeneuve à Bordeaux, le 2 1 , et Masuyer à Paris, le 29 mars 1794.

Tous les accusés, moins Lasource et Sillerv, laissés au Luxembourg*, furent, en vertu d'un jugement du 4 octobre, réunis le 6 à la Conciergerie, où ils fièrent rejoints le 16 par Duchastel, amené de Bordeaux, et le 22 par Lesterpt-Beauvais, venant de l'Abbaye \

1. J'ai dit que Lasource, d'abord contumace, était rentré chez lui le 22 juillet, pour y être gardé par un gendarme (voir plus haut, p. 79). On l'avait ensuite conduit au Luxembourg (19 août). Sillery, à l'Abbaye le 3 août, avait été transféré au Luxembourg le 17. Tous deux furent maintenus là en raison de leur état de santé, et ne passèrent à la Conciergerie que la nuit qui sépara le jugement de l'exécution (3o-3i octobre).

2. Fouquier-Tinville, le 7 octobre, informe le président de la Convention (Tuetey, t. VIII, n" 1729), qu'il a fait réunir à la Conciergerie Boyer-Fonfrède, Brissot, Carra, Ducos, Duprat, Fauchet, Gardien, Gensonné, Lacaze, Lauze-Deperret, Lehardi, Minvielle, Valazé, Vergniaud et Viger, « au nombre de dix-sept » ; mais cela ne fait que quinze. Il oublie Antiboul et Boilleau.

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