‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 71 sur 153 · CHAPITRE IX A La Force · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX A La Force

Revenons aux' malheureux prisonniers, seuls restes du bataillon girondin, demeurés en gage entre les, mains des vainqueurs.

L'arrêté du Comité de sûreté générale du 3 octobre, désignant les maisons d'arrêt oii ils seraient détenus, disait : « La Force, les Madelonnettes ou Sainte-Pélagie, proportionnellement aux places vacantes*... »

En fait, c'est à La Force qu'on les conduisit presque tous.

L'ancien hôtel des ducs de La Force, acheté par l'État en 1754, affecté en 1780 à une prison civile», ensanglanté pai* les massacres de septem-

I. Tuclcy, l. VIll, n° 3658. Cet arrêté énumérait 38 députés. Mais 21 dVritrceux étant en fuite, et 3 autres, Hoill«'au, Lehardi et Couslard se trouvant déjà en arrestation, l'ordre n'atteignait enectivenient que Boyer-Fonfrède, Ducos, Laca/.e et Viger.

•i. Ordoniiaiirc du 3o jioùl 1780, cxrculéc en juin 178a. Noir les Mémoires serrcls de 178:^. fxissini. Cf. Dul.iiiic. ///.s-

I ^|0 LA PllOSCHIPTION DES GmO^DI^S.

bre 179'^, coniprcnait des balimenls coiisidéral)lcs, (les cours plantées d'arbres, et eut été un local salubre, si les prisonniers (prisonniers politiques et prisonniers de droit co ni ni un) n'y eussent été lamentablencient entassés.

Des décrétés du 3 octobre, je ne vois incarcéiés ailleurs (en deliors, bien entendu, des Vingt et un dont le procès était comnnencé et qu'on réunissait à la Conciergerie) que Maisse, Peyre, Bailleul et i^abaut-lVjmier. Maisse avait été envo>é au Luxembourg, (( faute de place dans les autres prisons' » ; Peyre au Luxembourg aussi, en raison de ses infirmités^ I^e palais du Luxembour*,»^, aménagé presque avec luxe par les soins du ministre Garât et de son premier commis Cbam])agneux en juillet 1793', alors qu'on songeait à \

loire (le Paris. I. I\, pp. 829-334. On accédait à La Force pai' la rvio du Koi-dc-Sicilo. Les bâtiments et les cours s'étendaient cidre la rue Pa\é<> ci la rue Cullure-Sainte- Catherinc (aujourd'hui rue de Sévi<^mé). Démoli en iSôo. une caserne de pompiers occupe ce qui reste de rédificc — La Petite-Force (ancien hôtel de Larnoignon), réservée en 1785 aux filles publiques, puis aux femmes sous la Ré volulion, élail un bâtiment contigu.

i. Tueloy. t. VIll. n« 3713.

9.. fd., 3707. Cf. P. \. C 11 octobre. Pcvie avait (\v> crises d'épilepsie.

3. Tuetev, t. Ylll, n- 3ii7-3i3o, 3i53, 3i7'^, 3i8C, 3208, o'ini, erdre le 3<) juin et le 'î4 juillet. En fait, on n'y plaça que Foresl, (iardicn. (iciisonnc, (iomaire, Michel, A alazé et \ ergiiiaud, en dehois de Maisse et de Peyre. dont je viens

A LA FOllCE.

K'unir les illustres décrétés du 2 juin, était un séjour de faveur, coniparé aux autres prisous. Quant à Bailleul, son envoi à la Conciergerie - explique : fugitif, il avait été arrêté près de Provins le 8 octobre, ramené à Paiis', et il est probable cpi'on voulait le traduire au tribunal révolutionnaire, ce qui d'ailleurs faillit lui arriver quelques mois plus tard, en février 179/1^ C'est aussi à la Conciergerie qu'on envoya Habaut-Pomier, quand on l'arrêta le .") décembre. (Y. plus baut, p. 128.)

Les arrestations, qui, comme on l'a vu, ne se mQntaient qu'à ^5 le soir du 3 octobre, se poursuivirent pendant tout le courant du mois.

Le 'i octobre, Blanqui, Bohan, Corbel, Dabray. Delamarre, Doublet, Dubusc, Faure, Fayolle, Fleuiy, Girault, Hecquet, Laurenceot, Lefebvre, (Seine-Inférieure), Massa, Bover, Buaull, Vincent.

Le (), Descamps, Moyssel, Bicliou.

fie palier, cl do Lasourcc cl Sillcry; (Micorc (iardicMi. (.entonné, Nala/.é et \ orgniand furont-ils 1res vile Iransforos ailleurs.

1. C'est à celle occasion que, lorsqu'il eut rejoint les \ ingl et un à la Conciergerie, Ducos rima celle aventure eu lin joyeux pot-pourri, qu'ont reproduit tous ceux qui ont • ( rit sur les prisons de I*aris en i7()'^ cl iiolamincnl Daii lia II, Les prisons du Paris, pp. lOo-iJi.i.

■j.. Tncicy. I. Mil. n" :\-'M}.

l/|2 LA PROSCRIPTION DES GIRONDINS.

Le 7, Daunou, Dusaulx, Mercier.

Le 8, Estadens.

Le 9, Cazeneuve, Marbos, Obelin, Serre'.

Le 10, Laurence, Varlet.

Le i3, Peyre^

Le i4, Maisse.

Le 17, Ruault'.

Quelques-uns des autres décrétés furent, pour raisons de santé, laissés provisoirement chez eii\. avec un ou deux gendarmes. Ainsi, Ribereau*.

Plusieurs même, à la fin de mars 17^4, n'avaient pas encore été incarcérés, par exemple Blaviel, Ferroux, Garilhe, Saurine, etc., tant était grande la négligence des autorités chargées d'exécuter les ordres des Comités! Voici une autre preuve de ce laisser-aller administratif : le 16 octobre, les administrateurs de police de Paris exposent au ministre de la Justice leur embarras. La première expédition du décret du 3 octobre, qu'on leur avait adressée pour exécution, ne mentionnait pas les noms des protestataires atteints par l'article 4 ! Us ont dû en réclamer une

1. Décrété depuis le 21 juillet. Il est probable qu'on l'avait laissé d'abord en arrestation chez lui. — V. Tuctey. t. VIII, n°» 3ao6, 8694, 8700.

2. Peyre et Maisse au Luxembourg, ainsi que je viens de le dire.

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