Loc. cit., p
/i. KeJalion de Quéinnec.
A LA FOUCE. 1/49
Entassés comme ils l'étaient, les détenus devaient inévitablement tomber malades. Doublet, atteint d'une « fièvre putride », mourut le 24 novembre, et sa femme, accourue de Rouen, ne put le voir qu'au dernier moment. Laurence, Laurenceot, Saint-Prix furent aussi malades, et gravement. Mais je passe, ne pouvant pas me perdre dans les détails, et je renvoie le lecteur au récit de Blanqui ' pour une touchante anecdote de Laurenceot et de M"'' Brionville, à VAlmanach de Bailleul (p. 46) pour l'anecdote du brave garçon de café surnommé Pisse-Vinaigre, etc..
La plupart des prisonniers de La Force n'étaient pas des héros : ils le firent bien voir. Devant leurs défaillances morales, qu'il me reste à raconter, gardons-nous de nous trop scandaliser. Tel qui eût pu être intrépide devant l'échafaud, s'il lui avait fallu y monter en sortant du tribunal, auY heures où l'àme est tendue, se sentait faiblir
I. Cette M"** Brionville, la bonne liôlesse de Laurenceol, s'appelait en réalité Brière de Brionville, et était la femme (veuve?) « d'un ci-devanl gentilhomme Picard ». La jeune personne était sa nièce et non sa fille. Blanqui l'épousa plus lard. (A.dolphe Blanqui, Souvenirs d'un lycéen de 181U, dans la Revue de Par h du if) avili kh'» )
ibO LA PROSCRIPTION DES GIRONDINS.
(levant la perspective d'une captivité indéfinie, en promiscuité avec des malfaiteurs de droit commun, dans un infect cachot.
Et, tout d'abord, bon nombre de ces malheureux détenus, à peine écroués, se hâtèrent d'écrire à la Convention pour désavouer cette protestation des 6-19 juin qu'on leur faisait si durement expier, et dont ils auraient dû se faire gloire. Leurs excuses sont navrantes. Leur grand argument, valable en droit, est que leur protestation devrait être tenue pour non-existante, puisqu'elle n'avait reçu aucune publicité, puisqu'elle aurait même dû être détruite, que Lauze-Deperret le leur avait formellement promis. Blanqui déclare avoir été circonvenu par Lanjuinais, et Dabray par Blanqui * ! Ils jurent qu'ils ne sont pas fédéralistes; tous sont aux regrets de s'être laissé entraîner à cette funeste démarche. C'est surtout dans le courant d'octobre lygS, alors qu'on va juger au tribunal révolutionnaire leurs illustres chefs de file, que ces lamentables rétractations se produisent. Voici celles que M. Tuetey^ a retrouvées aux Archives nationales :
Dabray, 12 octobre et i5 novembre.
Massa et Ribereau, 4 octobre.