A LA VEILLE DE LOUAGE
;i(iressc' où l'on accusait Brissot, Gorsas, Guadet, Pction, Salle, etc., d'être les complices de la trahison de Dumouriez, et qui se terminait par une liste de vingt-deux députés dont on demandait <( réloignement » aussitôt que les départements, consultés par courriers extraordinaires, auraient adhéré à la mesure ^
Ainsi, au i5 avril, on n'en est pas encore à réclamer la mise en accusation, ni même l'arrestation des Girondins ; on se horne à demander que « les mandataires coupahles du crime de félonie envers le peuple souverain se retirent de cette enceinte » dès que la majorité des départements \ aura consenti. La procédure proposée était impraticable, et les inspirateurs de l'adresse le savaient bien. Mais la dénonciation était lancée, cela leur suffisait pour le moment.
Les vingt-deux députés à exclure étaient : liarbaroux, Birotteau, Brissot, Buzot, Chanihon, DoulceldePontécoulant, Fauchet, Gensonné,
grande partie) de ses Mémoires, dont il resta détenteur, fondateur du ConsUtutionncriÊt^f^5, il passa la seconde partie de sa vie à s'etl'orcer de donijcr le change sur sou rôle en l'JÇ)^. ^^k
D'après Mortimer-Ternaux (t. MI^^^^3), il reparut à la barre le 3o mai, avec une dépulation dc^^sections sur /|8.
I. D'après Heaulieu, tJssah historùiues, ^m, p. loi, cette .l'Iiesse avait été rédigée par lléal et La GheBàrdièrc.
'. ].r \<'\\r ovf n\\ Monilfi'ir c\u i8 avril. ^
^8 LA PllOSCHIPTIO DKS GIUOMJIKS.
Corsas, Grangeneuve, Guadel, Hardy, Lanjuiiiais Lantlienas , Lasource, Lehardi , .l.-B. Loiivol Pelion, Salle, Valady, A alazé et A ergniaud.
On retrouve là presque tous ceux qui, depui« six mois, défendaient la loi contre la Gouiniunc do Paris et les clubs, au nom des droits des départements. Rappeler en quelles occasions ils s'étaient mis en avant et s'étaient désignés ainsi aux colères de la foule, ce serait vouloir refaire l'histoire de ces six mois de lutte et sortir du cadre de cette étude. Il suffira de se reporter à la table du Moniteur; elle est assez éloquente.
D'autre part, il faut remarquer ce chinVe de vingt-deux. H devient comme sacramentel. Dans les mois qui vont suivre, on remplacera tel nom par tel autre, mais le total de vingt-deux Jie variera guère et continuera à désigner les Girondins qui furent envoyés ensemble à l'échafaud le 3i octobre suivant (bien qu'ils ne fussent en réalité que vingt et un ce jour-là). (( Le sang des vingt-deux fumait encore lorsque la citoyenne Roland arriva [à la Gonciergerie] », écrira Rioufl'e en janvier 1795*; l'hymne funèbre dédié en octobre 1790 à la mémoire des victimes aura pour titre : l'Hymne des Vingt-deux^.