‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 93 sur 153 · LES MISERES DE LV PRISON. I · texte numérisé non relu

LES MISERES DE LV PRISON. I

OÙ il fallut quitter Gaen définitivement, à rapproche des troupes de la Convention, le 28 juillel, ils n'étaient plus que onze : Barbaroux, Bergoeing, Buzot, Gussy, Giroust, Guadet, Lesage, Louvet, Meillan, Petion et Salle, qui partirent dans les rangs des fédérés bretons rentrant chez eux. Ils voulaient gagner Quimper, où Kervélégan les attendait, et s'y embarquer pour Bordeaux, qu'ils comptaient trouver en armes contre la Convention.

Vu cours de cette route, près de Moncontour, vers le 8 août, Giroust et Lesage se séparèrent de la troupe. Les autres arrivèrent le 9 à Quimper.

Le 21 août, un premier départ eut lieu. Une barque, La Diligente, emporta Bergoeing, Gussy, Duchastel, Meillan et Salle'.

Le 20 septembre, deuxième départ : Barbaroux, Buzot, Guadet, Louvet, Petion (et Valady qui venait de les rejoindre) s'embarquent, dans la rade de Brest, sur le brick Uliidaslrie, et prennent terre le 23 au Bec-d'Aml)ès.

I. Avec quelques amis associés à leur fortune, un an- ( ien collaborateur de Brissot, Bois^nnon , devenu adjudant «,'énéral, — Girey-Dupré, le princi[)al rédacteur du Pal riolc français, — un Espaj^nol réfu^dé en Trance et ami de Brissot, Marcliena, — et eidin Blonde, un journaliste, (lui devait (^Ire plus tard préfet de l'Kmpire. Tous les (pialre fureid arrêtés à Bordeaux, transférés à Paris; Boisgiiyon el (lircN-Dnpré fureid «guillotinés le m novembre 1793.

I()() I.\ PHOSCIUPTION DES (ilRONDINS.

Une cruelle déception les y attendail: Bordeaux avait fait sa soumission depuis cinq jours aux commissaires de la Convention î Ainsi plus d'espoir, plus de lutte possible; pas d'autre ressource que de se cacher Jusqu'à la fin de la tourmente .

Ils errent alors en divers endroits; vers le milieu d'octobre, nous les trouvons, — rejoints par Salle, qui avait fait partie du premier convoi, ce qui porte leur nombre à sept, — cachés dans un souterrain de la maison Bouquey. Mais le i3 novembre, traqués de nouveau, ils se dispersent : Valady s'éloigne et va se faire prendre dans la forêt de la Double' ; Louvet,dans un élandefolhî intrépidité, s'en va rejoindre sa femme à Paiis.

A partir du 20 janvier 1794, les cinq qui restent sont installés de nouveau à Saint-Émilion, Guadet avec Salle dans un comble de la maison de son père; Barbaroux, Buzot et Petion dans le grenier du perruquier Troquart.

Ils passent là cinq mois, Barbaroux, Buzol et Petion écrivant leurs Mémoires (dont il nous reste des parties considérables), Salle rimant une tragédie classique en l'honneur de CharlotteCoiday-.

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