‹ La proscription des Girondins, 1793-1795Chapitre 92 sur 153 · LES MISÈRES DE LA PRISON. IQS · texte numérisé non relu

LES MISÈRES DE LA PRISON. IQS

celle des Vingt-mille' ou quelque autre arrêté liberticide :>

« Finalement, ajoute Quéinnec, dans trois semaines, cinq individus, de quatre cents prisonniers [de La Force], ont seulement été interrogés, sans que pas un seul ait obtenu son élargissement. »

On pouvait s'y attendre.

Et c'est pendant les dernières semaines de La Force, si dures matériellement et moralement, (|ue les infortunés détenus tournent plus que jamais les yeux vers Robespierre, qu'ils croient l'arbitre de leurs destinées, Robespierre que la fête de l'Être suprême 8 juin) semble avoir porté au pinacle, et dans la main duquel la terrible loi du lo juin (22 prairial) a mis un pouvoir redoutable. Et c'est alors qu'ils lui écrivent cette humble lettre du --^i juin, signée par trente et un d'entre eux, où ils se placent sans réserve sous son «'^idc .' Ils prenaient mal leur lemps, car c'était

I. IN'-lilioii (les lliiit-millc, en juin 1 7(1:^. roiihc la lormalioii (iiiii camp (le fodihrs en nvani do Paris (proposiM^ par le iiiiiiisière friroiidiri r, pélilioii dos Vin«,'^l-inillo corilro la joiniw'o (lu r<() juin. pi«'soulôo à T \ss(MmI)I«''o lô^'islaliNo lo I' ' juillol 17')'^.

■).. \ oir [)lus liaiil. p. \WS.

igl I-V PUOSCIUPTIC» DKS CÎIHONniNS.

justement alors que la toute-puissance de Hobespierre commençait à se désagréger.

Tandis que les malheureux s'humiliaient ainsi, leurs amis, réfugiés depuis neuf mois à Saint-Emilion, succombaient misérablement. Ils n'étaient plus que cinq : Barbaroux, Buzot, Guadet, Petion et Salle.

C'était tout ce qui restait du groupe qui, en juin et juillet 1798, avait essayé d'organiser la résistance dans le Calvados, et qui avait été d'abord assez nombreux. On avait pu compter un instant plus de vingt députés réunis à Caen '. Mais quand l'horizon s'assombrit, vers le milieu de juillet, beaucoup se dispersèrent, les uns pour se terrer dans quelque retraite profonde (Duval, Haidy, Henry-Larivière, MoUevaut), les autres pour aller en Bretagne s'abriter eux-mêmes (Corsas, Lanjuinais) ou y préparer des abris à leurs compagnons (Rervélégan, etc.). Le jour

I. Barbaroux, Borgocing, Buzol, Ciissy, Dclahaye, I^ucliaslel, Duval. (liroust, Gorsas, Guadet, Hardy, Hcnry-Larivièrc, Kervélégan, Lanjuinais, Lcsage, Louvet, Mcillan MoUevaut. IVtion. Salle et >alady.

Page 1