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Li:S MADELONMÎÏTES. 200
mieux nourris qu'eux. Celte raison a l'air d'une défaite.
Ce qui est certain, c'est qu'ils étaient tous trois des hommes à Robespierre. L'un d'eux, Bigant, fut guillotiné un jour après lui, le ag juillet 1794*. Qu'est-ce que cela prouve? Que les agents de Robespierre ne recevaient guère ses directions, ou plutôt que cette protection du maître, sur laquelle les détenus avaient tant compté, n'allait qu'à les préserver de l'échafaud, rien de plus.
Le i-^i juillet, un des administrateurs vint prévenir les prisonniers qu'on allait les transférer, cl il le fit en termes fort durs. « Je ne vous connais aucune qualité. Il y a longtemps que j'ai oublié que vous êtes députés », lui fait dire Quéinnec. Il semble résulter, d'ailleurs, du récit de Quéinnec que ce transfèrement avait eu lieu sans l'autorisation préalable des Comités, et que ces administrateurs de police, — tous les trois dailicMirs membres de la Commune, — étaient nouveaux dans leurs fonctions. Depuis quand en élaient-ils investis? Je présume qu'ils avaient dû succéder à Dangé, Froidure, Mari no et Soulès,
I, SurHcnoîl r\ii<;iislirn, voir TucIcn , I. \ III, ri" 2/11 1 ; sur Ir |)rintn' Hi^raiil (.Icaii-Baplisicj, ihi<L, 11"" 7()<), 771, 878. Hi^'iiril (.].-]).), '17 ans, fj^ravonr, avait élé un dos éj;()rj;ours <U' s('pl('inl)n» (( lassa fj:nar. t. II. p. fx)-*). - Sur TiMirlot ( ;iau(l<*-.los('pli ). lioil();r('c. rue Sainl-Mci'iiard, 10, section il<' Monhi'iiil. Noir V MiiKUinrh naliontil dr i'[)^, p. ."?<)■').
20/j LA PROSCRIPTION DES OIUONDINS.
tous qualre administra leurs de police, impliquas dans l'aflaire des chemises rouges, et exécutés le 17 juin 179^1.
Le transfèrementeut lieu le i5 juillet', pour les Madelonnettes ^ Les transférés étaient au nombre de quatre-vingls, dit Quéinnec, tandis que, à la fin de 1793, les dépulés détenus à La Force n'étaient guère plus de soixante. Cela tient à ce qu'on transféra avec eux dautres prisonniers, tels que le général Miranda, Montané, l'ancien président du Tribunal révolutionnaire, Ghampagneux, etc.. Ils furent transportés dans d'ignobles charrettes (les fourgons des guillotinés), à raison de quatorze par fourgon, et en les faisant stationner au coin des rues, comme pour mieux les montrer à la foule. Le trajet, pour une distance d'environ 2.000 mètres, dura de dix heures du matin à une heure et demie de l'après-midi '.
1. Cliampaj^ncux dit le i4. mais Quéinnec dit le i5, et il faut plutôt le croire, car il écrivait sa relation en décembre 1794, peu après l'événement, tandis que Champa<i:nen\ n'a écrit la sienne qu'en 1798.
2. Une partie de cette triste prison existe encore, rue des Fontaines, \W arrondissement.