‹ La proscription du projet de dîme royale et la mort de VaubanChapitre 5 sur 6 · VI. — INTERROGATOIRE DU VALET DE CHAMBRE DU MARÉCHAL DE VAUBAN · texte numérisé non relu

VI. — INTERROGATOIRE DU VALET DE CHAMBRE DU MARÉCHAL DE VAUBAN

Interrogatoire fait par^nous, Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson, conseiller du roi en ses conseils, maître des requêtes ordinaire de son hôtel et lieutenant général de police de la ville, prévôté et vicomte de Paris, commissaire en cette partie en exécution des arrêts du Conseil d'Etat privé du roi des quatorzième février et quatorzième mars 1707 , de la personne de Jean Colas , ci-devant valet de chambre de M. le maréchal de Vauban ; auquel interroga-

(1) Ms. fr. 21746, fol. 266.

(2) Ms. fr. 21746, fol. 254.

toire, après serment fait par ledit Colas de dire vérité , a été par nous procédé ainsi qu'il en suit :

Du lundi deuxième jour du mois de mai 1707. deux heures de relevée, en la chambre du concierge des prisons du Petit- Châtelet ; Premièrement, enquis de son nom. lieu de sa naissance, âge, qualité et demeure :

A dit qu'il se nomme Jean Colas , natif de Corbigny en Nivernois. ci-devant valet de chambre de M. le maréchal de Vauban . demeurant encore à l'hôtel dudit sieur maréchal, cul-de-sac de la rue Saint-Vincent, âgé de trente-deux ans.

Nous disposant a l'interroger sur les faits résultant des infonnatioDS faites contre lui et ses comphces, U nous a dit de lui-même qu'étant info: mé des causes de son emprisonnement , il ne vouloit point nous dissimuler la vérité :

Qu'il est vrai que, le vingt-quatrième mars dernier , ledit sieur maréchal, sur les quatre heures et demie du soir, ayant été avei-ti que l'on faisoit recherche de son hNTe de la Dime royale, il donna ordre au répondant d'aller promptement chez la veuve Fétil retirer tous les exemplaires qui étoient chez elle et qui lui avoient été donnés en dernier lieu a rehev : que lui , répondant, partit a l'instant, et passant sur le quai de Conti, il rencontra un carrosse de place qu'il prit et fiit chez la veuve Fétil, rue Saint-Jacques : a laquelle veuve ayant demandé les quarante exemplaires qui lui avoient été donnés à reUer, elle lui dit qu'elle venoit de les envoyer par sa fille et par le compagnon qui travaille chez elle, et que lui, répondant, les trouveroit chez ledit sieur maréchal de Vauban. Que sur cette parole, lui, répondant , remonta en carrosse et s'en retourna à l'hôtel dudit sieur maréchal ; où étant arrivé, le portiei- lui dit que Maurice, camarade de lui, répondant, étoit parti un moment après lui, par l'ordre dudit sieur maj-échal . pour le même sujet du voyage que lui, répondant, venoit de faire. Ce que le répondant ayant appris, il attendit dans la chambre du portier le retour dudit Maurice, qui arriva un bon quart d'heure aprè."? lui , répondant, dans un autre canosse de place, avec la fille de ladite veuve Fétil et le nommé Coulon, l'un des compagnons qui travaillent chez elle, lesquels avoient apporté dans ledit carrosse les

quarante exemplaires du livre de la Dîme royale , savoir : douze reliés en veau, et le reste enl papier marbi'é ; lesquels quarante exemplaires le répondant, le sieur Maurice, ladite fille Fétil et le sieur Coulon portèrent au sieur maréchal de Vauban , et , par son ordre, ils les mirent dans son cabinet et lui en reportèrent la clef ; qu'il y avoit alors deux dames avec ledit sieur maréchal, qui lui demandèrent chacune un ou deux exemplaires dudit livre ; ne sait point s'il leur en donna, parce que lui, répondant, après avoir remis la clef du cabinet dans Técritoire dudit sieur maréchal, qui étoit devant lui, il se retira ; que toute cette après-dînée, ledit sieur maréchal avoit paru fort chagrin de la nouvelle qu'il avoit apprise que M. le chancelier faisoit chercher son livre , et que , sur le soir , la fièvre lui prit, et se mit au lit, et fut fort mal le vendredi et le samedi suivant ; que, le dimanche matin , la fièvre ayant diminué, il donna ordi^e au répondant de pri^ndre dans son cabinet deux de ses livres, de les porter au sieur abbé de Camps, rue de Grenelle, faubourg Saint-Germain, et de le prier de les examiner et de lui en dire son sentiment ; suivant lequel ordre le répondant prit la clef dudit cabinet dans l'écritoire dudit sieur maréchal de Vauban, oii il la mettoit ordinairement, fut prendre deux de ses livres, ferma le cabinet, remit la clef à sa place^ les porta audit sieur abbé de Camps et les lui remit entre les mains , qui dit à lui, répondant, qu'il les verroit et qu'il en rendroit compte audit sieur maréchal de Vauban; que pendant la maladie dudit sieur maréchal, qui n'a duré que six jours , lui , répondant, a donné par son ordre l'un de ses livres au sieur Chemineau, son chirurgien, qui demeure rue Saint-Honoré, un autre à un frère Jacobin, confesseur dudit sieur maréchal de Vauban, dont lui, répondant, ne sait point le nom, sait seulement que c'est le prédicateur qui prêche pendant le cours de cette année au couvent de l'Ordre, rue Saint-Honoré, et qu"eu donnant ledit livre audit confesseur, ledit sieur maréchal lui dit qu'il le prioit de le lire et de lui dire si, en le composant, il n'avoit rien fait contre sa conscience ; que lui répondant, en donna aussi un au Père Labat, aussi Jacobin dudit couvent. Que, le mercredi trentième dudit mois de mars, sur les neuf heures trois quarts du matin, ledit sieur maréchal décéda, et^au même instant le répondant, qui

étoit dans la chambre avec ses camarades et les autres domestiques, ouït quelqu'un qui dit : « U faut ôter les livres, afin qu'ils ne se trouvent point sous le scellé. » Et en même temps, lui. répondant, et un autre des gens de la maison furent prendre lesdits livres dans le cabinet et les portèrent dans la chambre du s'' abbé de Beaumont, au second étage de l'hôtel de Saint-Jean, qui est une maison qui a été jointe à la principale, l'une et l'autre occupées par ledit sieur maréchal de Vauban , et à laquelle chambre dudit s'' de Beaumont l'on monte par un escalier qui rend dans le cabinet dudit s'' mai'échal de Vauban; lesquels livres ils mirent dans la chambre dudit s'' de Beaumont, en sa présence, et qu'il reçut d'eux. Que le même jour, le sieur marquis d'Ussé, gendre dudit s"" maréchal de Vauban, donna une lettre à lui , répondant, pour porter à Marly à M. Je duc de NoaUles ; ouït dire le repondant que c'étoit pour demander au roi quel jour S. M. vouloit que l'on reportât le collier de l'ordre ; que le répondant, étant à Marly, apprit que M. le duc de Noailles étoit parti pour l'armée, ce qui obligea lui, répondant, de donner la lettre à M. le maréchal de Bouffie rs , qui lui dit de venir le lendemain ponr prendre la réponse ; que le lendemain, ledit sieur maréchal de Boufflers donna a lui, répondant une lettre pour ledit s"" marquis d'Ussé, et en même temps il lui dit qu'il avoit demandé audit s"" maréchal de Vauban l'un de ses livres, et que ledit s^ maréchal lui en avoit promis deux ; sur quoi le répondant prit la liberté de lui dire que , si on les lui avoit promis, on pourroit les lui envoyer, s'il y en avoit encore , ne voulant pas lui dire affirmativement qu'il y en eût, quoiqu'il le sût. Ce que le répondant ayant rapporté audit s"" marquis d'Ussé et au s"" comte d'Aunay, petit-fils dudit s"" maréchal, il fut de leur part demander audit s"" abbé de Beaumont deux desdits livres , qu'il porta à l'hôtel de Boufflers à Paris, et qu'il donna à Madame la maréchale de Bou#flers, avec une lettre dont ledit s"" maréchal de Boufflers l'avoit chargé ; depuis lequel temps ne sait point ce qui est devenu du surplus desdits livres.

Enquis qui sont les dames qui étoient dans la chambre dudit s"" maréchal, lorsque lesdits quarante exemplaire.s dudit livre y furent apportés, comme il nous a dit ci-dessus , cl qui lui demandèrent cha-

cune un exemplaire dudit livre, a dit que c"étoit la dame comtesse de Tavannes et la dame du Plétot, femme du major de la citadelle de Lille.

Enquis s'il n'y avoit pas alors d'autres persomies dans ladite chambre, a dit que non.

Enquis si ledit s'' maréchal donna lesdits livres auxdites dames, a dit qu'il n'en sait rien, parce qu'il se retira.

Enquis quel est ledit abbé de Beaumont, dit que c'est im prêtre que le répondant a ouï dire avoir été autrefois chanoine de l'église de Tournai, où il était aussi promoteur ou avoit quelque office , et qui demeuie à présent à Rouen ou en quelque autre ville de Normandie, que ledit sieur maréchal de Vauban estimoit beaucoup, parce que c'est unh'.mme de lettres qui a beaucoup d'esprit, et que ledit sieur mai'échal consultoit sur ses ouvrages, et lui donnoit sa table et un logement chez lui quand il étoit à Paris, oii U venoit de temps en temps et y demeuroit un mois ou deux chaque fois.

Enquis combien il y avoit de temps que ledit s'" de Beaumont étoit à Paris de ce dernier voyage, a dit qu'il croit qu'il y étoit arrivé dès le mois de janvier dernier.

Enquis si c'étoit ledit maréchal qui l'avoit mandé pour le consulter sur ses ouvrages, dit que oui , et que c'étoit pour le consulter sur un traité pour la Défense des places, auquel traité ledit mai'échal travaûloit.

Enquis si ledit s"" abbé de Beaumont n'a pas travaillé aussi avec ledit s"" maréchal audit traité de la Dime royale , a dit que ledit s'' maréchal l'aura sans doute consulté sur cet ouvrage , comme il faisoit sur tous les autres.

Enquis combien il restoit des livres dans ledit cabinet lors du décès dudit s'^' maréchal, et qui furent portés par lui et par un autre domestique de la maison dans la chambre dudit s'' abbé de Beaumont, a dit qu'il ne peut nous en dire le nombre précisément, parce qu'ils ne les comptèrent pas.

Enquis si les cinq exemplaires dudit livre que le répondant a distribués par l'ordre dudit s"^ maréchal et les deux qu'il a apportés à l'hôtel de Boufflers par l'ordre dudit s'' marquis d'Ussé, étoient reiés en veau ou en papier marbré, a dit que les trois qu'il a donnés

au chii-urgien ei aux deux Pères Jacobins etoient reliés en papier marbré, ne se souvient point si les deux qu'il a portés au s"" abbé de Camps étoient en veau ou en papier, mais qu'à l'égai'd des deux qu'il a portés à l'hôtel de Boufflers, ils étoient certainement en veau.

Enquis si de ceux qui sont restés après le décès dudit s"" maréchal, il y en avoit de reliés en veau et d'autres en papier, a dit que oui .

Enquis en quel lieu ledit livre a été imprimé, a dit qu'il a ouï dire par bruit commun des domestiques de la maison que ledit livre a été imprimé en Flandre, mais qu'il n'en parle que par soupçon et qu'il a ouï dire audit s*" abbé de Beaumont qu'il croyoit que c'étoit en Hollande.

Enquis combien il en est arrivé de ballots, par quelle voie et en quel temps, a dit que. sur la fin du mois de décembre dernier, lui, répondant, vit dans le cabinet dudit sieur maréchal de Vauban deux ballots, dont l'un avoit été défait et les livres en blanc en avoient été tirés et mis sur une table, et l'autre étoit enc. re entier et sous corde, et ouït dire audit s"" maréchal qu'il y en avoit un cent dans chaque ballot ; et qu'il en a vu depuis deux autres semblables ballots, ne peut dire précisément si ce fut sur la fin du mois de janvier, avant que lui, répondant, partît pour un voyage qu'il a fait a Bazoche en Bourgogne, ou sur la fin du mois de février, a son ret *ur dudit voyage ; mais ne sait point comment lesdits ballots sont entrés , d'où ils viennent, ni comment ils furent apportés audit hChtel. Et puis nous a dit qu'il ne faut point nous le dissimuler, et qu'ils sont entrés à Paris dans le carrosse dudit sieur maréchal de Vauban, conduit par Picard , son cocher, et avec Maurice, l'un des valets de chambre, mais ne sait point le répondant en quel heu ils les fui'ent prendre.

Avons '.emontré au répondant que lesdits quatre ballots dévoient contenii', selon ce qu'il nous a dit, quatre cents exemplaires , qu'il n'y en a eu que deux cent soixante-seize de reliés ; euquis ce que sont devenus ceux qui sont restes en blanc, a dit que ceux qui étoient en blanc furent aussi portés dans la chambre dudit s"" de Beaumont, mais qu'il ne croit pas qu'y y en eut un ai grand nombre. Enquis par quel ordre lesdits hvres fuient portés du cabinet dudit s"" maïuciiai dauB la chambre dudit .-• de J:5eaumont , a dit que.

comme cet ordre fut donné au moment de la mort dudit s'" maréchal, que chacun étoit dans la consternation, il ouït seulement quelqu'un qui dit qu'il falloit ôter les livres, de crainte qu'ils ne se trouvassent sous le scellé ; ne sait si ce furent lesdits s''» d'Ussé ou d'Aunay, ou ledit s'^ abbé de Beaumont.

Enquis s'il n'a pas vu aussi dans ledit cabinet le manuscrit dudit livre, et ce qu'il est devenu, a dit qu'il en a vu un ancien manuscrit écrit par Franquevin, écrivain et géographe, qui demeure rue Quincampoix, à la Coquille, et qu'à l'instant du décès dudit s'' maréchal de Yauban, ledit s"" comte d'Aunay , son petit-fils, prit tous les manuscrits.

Enquis si ledit s"" abbé de Beaumont est encore à Paris , a dit qu'il y étoit encore samedi. dernier.

Enquis s'il a jamais été repris de justice, a dit que non.

Lecture à lui faite du présent interrogatoire , a persisté en ses réponses et a signé :

Collas, le cadet.

VII. — PROCÈS-VEBBAL DE PERQUISITION CHEZ l' ABBÉ DE BEAUMONT (1).

Du samedi huitième jour du mois de mai 1707, huit heures du matin;

Nous, Nicolas Delamare, conseiller du roi, commissaire au Châtelet, en exécution des arrêts du Conseil des quatorzième février et quatorzième mars derniei- et de l'ordonnance de M. d'Argenson, conseiller du roi en ses conseils, maître des requêtes ordinaire de son hôtel et lieutenant général de police de la ville, prévôté et vicomte de Pai'is, commissaire député en cette partie par lesdits arrêts, sommes transporté, accompagné de Jean Tisserand, sieur de Lussemont, préposé par M. de ChamillarL pour empêcher le commerce des marchandises de contrebande, rue Saint- Vincent, dans une maison appelée l'hôtel de Saint- Jean, joignant celle ci-devant occupée par M. le maréchal de Yauban, et lesdites maisons ayant communication l'une a l'autre ; où étant, après avoir fait entendre le sujet de notre transport a M"^*^ Jacques de Mesgi'igny, chevalier, comte de

(1) Ms. fr. 21746, fol. 259.

Villebertin et d"Aunay, gendre dudit défunt sieur maréchal, avons monté au second étage de ladite maison, dans une chambre occupée pai- le sieur abbé de Beaumont, laquelle chambre s'est trouvée ouverte, et en laquelle chambre ayant fait perquisition, en la présence dudit sieur comte de Villebertin, avons trouvé, sur une cassette proche du lit, deux exemplaires, l'un relié en veau fauve, et l'autre en parchemin marbré, du livre qui a pour titre : Prc^et d'une dîme royale, etc. ; dans ladite cassette, un cahier manuscrit contenant quinze feuillets écrits par colonnes, ayant pour titre : Objections de M. le P. contre le Projet de la dîme rotjale, conamençant par ces mots, sur la colonne à droite : « Il ne faut pas croire, » et sur la colonne gauche, par ces mots : « quand il est dit, » et finissant par ces mots : « villes maritimes . » Avons trouvé une feuille de papier écrite en partie, ayant pour titre : Bime royale Avons aussi trouvé sur la table de ladite chambre trois cahiers de papier, l'un commençant par ces mots : <i Deuxième addition, » et finissant par ces mots : 1 qui la regardent ; » le deuxième commençant aussi par ces mots : «s Deuxième addition, » et finissant par ces mots : « à Bazoches ; » le troisième commençant par ces mêmes mots : « Deuxième addition, » et finissant par ces mêmes mots : <i à Bazoches, en 1704. » Avons pareillement trouvé sur ladite table un autre cahier de papier commençant par ces mots : « Pour mettre à la page 171 , > et finissant par ces mots : « les exempts par charge, etc. » Lesquels deux exemplaires et papiers ci-dessus sont demeurés en nos mains , pous servir ce que de raison. Et de tout ce que dessus avons dressé le présent procès verbal, pour servir et valoir en temps et lieu ce qu'il appartiendra. Et a ledit sieur comte de Villebertin signé :

De Mesgrigxt Villebertin.

Tisserand. Delamare.

VIU. — lettre DU COMMISSAIRE DELAMARE AU LIEUTENANT GÉNÉRAL DE POLICE (1).

Ce 7 may 1707.

Dans la visite qui s'est faite aujourd'hui, Monsieur, en la maison de feu mon-sieur le maréchal de Vauban, il ne s'est trouvé que

(1) Ms. fi. 21746, fol. 267.

deux exemplaires du livre de la Dixme royalle, qui estoient dans la chambre du s*" abbé de Beaumont.

L'un de ces exemplaires est rempli de corrections et d'additions manuscriptes en marge , ce qui prouve que l'on projettoit une seconde édition.

Il s'est trouvé dans la chambre o\x couchoit et où travailloit le s"" de Beaumont un manuscript de sept pages, qui a pour titre : « Pour mettre à la page 171, § v, dans le corps de l'ouvrage, » en teste de la première page, et au dessus du titre sont escripts ces mots d'une autre main : « Arresté par M'" le maréchal, le samedi 19 mars. »

Ce manuscript est encore une preuve du dessein d'une seconde édition : 1° parce que ce qu'U contient ne se trouve point dans le corps de l'ouvrage à la prenoière ni à la 171^ page? ûi ailleurs ; 2° que, par la datte qui est en teste, du 19« mars, il paroist que cet escript a esté fait depuis l'arrivée des deux derniers balots de la première édition, qui sont entrez à Paris sur la fin dejanvier ou au commencement de février.

11 s'est aussi trouvé dans la mesme chambre un cahier de quinze feuillets escripts en deux colonnes, qui a pour titre : Objections de M. le P. contre le P7'ojet de la dixme royalle et réponse de l'auteur dudit projet. Les objections sont dans l'une des colonnes et les réponses dans l'autre. On ne sçait si ce chifre M. le P. ne signiffie point Monsieur le Prince; mais ce qui paroist de certain, c'est que ces objections ont esté faites sur le manuscript avant l'impression , parce que les pages où sont les endroits que M. le P. contredit sont marquez en chifre dans ce manuscx^ipt, et que ces endroits se trouvent bien, à la vérité, dans l'imprimé, mais sous un autre chifre; et comme l'impression, selon les termes de l'art, chasse bien davantage que l'escripture, ces endroits contredits s'y trouvent sous des chifres bien moins avancez. Ainsi, ceiiainement, c'est le manuscript qui a esté examiné.

Il s'est aussi trouvé en cette mesme chambre trois copies d'un escript qui a pour (titre : Deuxième addition pour répondre aux. plaintes de la Noblesse contre les système de la Dixme royalle mal entendu. Cela ne se trouve point dans l'édition qui paroist ; ainsi, c'estoit sans doute pour une seconde édition.

Je prend la liberté. Monsieur, de vous envoierîmou procès verbal de ce matin, avec ce mot d'observations sur ce qui s'est trouvi chez feu monsieur de Vaubanj, en la chambre de l'abbé de Beau mont.

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