La production
L^accroissetnent de la population, surtout de la population travailleuse, les progrès de Foutillage technique^ le développement de Torganisation économique ont, dans les vingt-cinq dernières années, provoqué en Allemagne une énorme augmentation de la production, des échanges et de la consommation. L^augmentation n'a pas été seulement absolue; elle a été aussi relative, ainsi que Tindiquent les statistiques comparatives en ^/o par habitant.
Il n'est malheureusement pas encore possible d'établir une statistique du développement total de la production. On a essayé de faire des enquêtes sur la production en Allemagne, pendant les années 1897 et 1899, en vue du renouvellement des traités de commerce alors en préparation; seuls, les principaux résultats pour l'année 1897 ont été publiés. Depuis 1908, on fait de semblables enquêtes sur une base beaucoup plus large. Leurs résultats n'ont été publiés qu'en partie. Indé-
pendamment du fait que ces statistiques s'étendent sur un temps trop court pour permettre dMntéressantes com* paraisons, on ne doit pas oublier que la somme des statistiques des diverses branches de la production ne donne aucunement le vrai tableau de la production nationale. Car la valeur des demi-produits est comprise dans les valeurs des produits finis, la valeur des matières premières dans celle des demi-produits; de plus, les valeurs de production impliquent celles des matières auxiliaires, du charbon, de Tengrais etc., sans compter Tamortisse* ment de Toutillage mécanique de la production. Pour obtenir un résultat exact, il faudrait baser les enquêtes statistiques de production sur un principe de coût net très compliqué, tandis que, jusqu'à présent, notre statistique de production repose presque uniquement sur le principe de coût brut.
Toutefois, cette statistique de production suffit à nous donner une image exacte du développement de quelques-unes des branches principales de la production. Nous avons, par exemple, une statistique offi* délie continue des récoltes ainsi qu'une statistique des recensements réguliers du bétail; ces chiffres nous permettent de nous faire une idée exacte du développement de la production agricole. En outre, nous possédons depuis longtemps des statistiques de la production minière et métallurgique ainsi que des produits soumis aux droits intérieurs de consommation;.
Les progrès de la technique et de l'organisation économique, pendant les dernières années, ont profité en première ligne à la production industrielle. Cependant l'agriculture, elle aussi, a réussi à augmenter sa production dans une proportion considérable, bien que la surface cultivée, qui forme la base de sa production,
ne puisse être étendue que dans une mesure très réduite. C^est dans la première moitié duXIX^siècle, il est vrai, que Tamélioration des méthodes d^exploitation par remploi de la chimie agricole a produit ses effets les plus surprenants: on a, en peu de temps, doublé et triplé le rendement du sol. Mais les effets de ces méthodes scientifiques se sont prolongés jusque dans les vingt-cinq dernières années. Nous pouvons espérer déciles encore de grands résultats si nous réussissons à gagner à Tagriculture les vastes marécages qui couvrent une partie de notre pays. Dans les vingt-cinq dernières années, Tusage des méthodes d'exploitation agricole scientifique s'est, grâce à l'enseignement agricole et aux sociétés coopératives, tellement généralisé que ces méthodes sont, en vérité, tombées dans le domaine public de l'agriculture allemande. On a fait d'extraordinaires progrès dans l'emploi de l'irrigation et du drainage rationnels, dans le choix des cultures successives, dans l'usage des engrais chimiques en mélanges dosés d'après la nature du sol et les exigences des différentes cultures. La consommation d'engrais chimiques, en Allemagne, a passé de 32 millions de quintaux, en 1890, à environ 120 millions en 1910. La valeur des engrais chimiques consommés, en 1910, était d'environ 400 millions de marcs. L'emploi de la potasse en particulier a passé, durant les vingt dernières années, de 4 400000 à 44 400000 quintaux, celui de la farine Thomas, de 8000000 à 28600000 quintaux, tandis que l'emploi du salpêtre du Chili importé de l'étranger n'a passé que de 5 000 000 à 10 800 000 quintaux. L'agriculture a, en outre, profité de l'usage croissant de la force mécanique; l'emploi de machines de toute sorte s'est répandu dans beaucoup de régions
depuis que les progrès de ^industrie électrique permettent, par le moyen des stations centrales, de pourvoir abondamment Tagriculture de force motrice à bon marché. Voici la progression des explotations agricoles qui ont utilisé des machines:
Épandeuses d'engrais ....
Charrues à vapeur
Le tableau suivant permet d^apprécier Taccroissement survenu au cours des vingt-cinq dernières dans la production des principales denrées alimentaires et fourragères et dans le rendement relatif par hectare.
Moyenne des années 1883—87
Superficie
Production
Kendément
cultivée
totale
par ha
ha
100 kg
Froment
Orge d'été
Pommes de terre ....
Avoine
Foin
Moyenne des années 1908 — 12
Superficie cultivée ha
Production totale
Rendement par ha 100 kg
Pommes de terre ....
Les surfaces cultivées se sont peu accrues; le nombre des ouvriers agricoles, ainsi que nous Pavons déjà mentionné, a décru; par contre, nous relevons une augmentation très considérable des chiffres de la production totale. Pour Torge, la surface cultivée ne s^est accrue, de 1883/87 à 1908/12, que de 5,8^/0, tandis que la récolte a augmenté de 87,7 o/o et le rendement par hectare de 77,7 Vo.
Les résultats de ^amélioration continuelle des méthodes d^exploitation sont donc excellents. Tandis qu^elle travaillait à son immense développement industriel, PAllemagne n^a point réduit sa production de denrées alimentaires. L'augmentation de cette production a été même plus rapide que celle de la population. L'agriculture allemande a non seulement maintenu sa place dans l'économie générale de l'Allemagne; elle a même fait de grands progrès si on la compare à celle des autres grands pays agricoles.
Voici les principaux chiffres:
Année
Allemagne
Russie
Autriche-Hongrie. . . .
France
Canada
Etats-Unis
Argentine
Indes anglaises ....
Production totale en millions de t.
Année
Allemagne . . .
Russie
Autriche-Hongrie .
France
Canada ....
Etats-Unis . . .
Argentine ....
Indes anglaises . .
Rendement par ha en 100 kg
Si on considère la production totale, l'Allemagne occupe la troisième place pour le froment et le seigle, suivant de loin la Russie, mais de très près les États-Unis» L'Autriche-Hongrie et la France ont une récolte qui représente à peu près les deux tiers de la récolte de TAllemagne. Pour Torge, l'Allemagne garde la troisième place après la Russie et les États-Unis, avec une petite avance sur rAutriche-Hongrie. Pour l'avoine, elle se place incontestablement au troisième rang et pour les pommes de terre, elle dépasse de beaucoup les autres États.
Quant au rendement par hectare, l'Allemagne dépasse tous les autres pays agricoles; son avance sur la plupart d'entre eux est très considérable. Si on sionge que l'Allemagne n'est point favorisée par son sol ni par son climat, on comprendra la très grande supériorité des méthodes et de l'outillage de l'agriculture allemande. Et celle-ci peut être d'autant plus fière de ses résultats qu'ils furent obtenus dans des conditions parfois très difficiles, ayant à soutenir la concurrence de pays neufs, qui cultivent un sol vierge et bon marché avec une main-d'œuvre peu coûteuse et qui, dans les dix dernières années du siècle passé, inondaient de leurs produits le marché européen. La politique commerciale de l'Empire a très efficacement secondé les efforts de l'agriculture allemande par un ensemble de mesures protectionnistes; elle lui a ainsi permis de traverser les plus graves crises. Toutefois, les chiffres que nous venons de mentionner prouvent que l'agriculture allemande ne s'est point bornée à rester sur la défensive derrière ses barrières douanières; elle a, par son intelligence et sa persévérance, développé sa force productive à un degré qu'aucune autre nation n'a réussi à atteindre.
La production de la betterave s'est développée plus rapidement encore que celle des denrées alimentaires. Au cours du siècle dernier, à la suite des progrès de la chimie, cette plante a acquis une extraordinaire importance, non seulement pour notre production nationale, mais aussi pour le marché universel. Elle est devenue la matière première de Vun des principaux aliments. La découverte faite par un savant allemand du sucre contenu dans la betterave et les améliorations techniques de sa culture et de son traitement industriel ont créé une nouvelle branche de production dans laquelle TAllemagne marche aujourd'hui à la tête des autres nations. En 1911/1912, la production du sucre de betterave était, en Allemagne, de 2 701 000 t, en Russie de 1374 000 t, en Autriche-Hongrie de 1902 000 t, en France de 960 000 t; les autres pays ne suivaient qu'à une grande distance.
On peut juger par le tableau suivant du développement de la production des betteraves et de l'industrie du sucre, durant les vingt-cinq dernières années:
Années
Betteraves traitées
Nombre d'hectares ensemencés
Rendement moyen
par hectare
Sucre brut obtenu
Pour fabriquer 1 kg de sucre on avait besoin
en moyenne:
kg de betteraves
Dans le dernier quart de siècle, il y a donc eu non seulement un accroissement considérable des champs
*) On ne doit pas tenir compte de Tannée 1911/12 à cause de la chaleur anormale de Tété qui valut à l'Allemagne la pire récolte de betteraves qu'elle ait jamais eue. Celle-ci ne fut que de 1 348 000 t, contre 2 590 000 t Tannée précédente et 2 700 000 t environ en 1912/13. — **) Il ne s'agit ici que des hectares cultivés par les fabriques elles-mêmes.
plantés de betteraves, mais le rendement de ces champs s'est accru, lui aussi, par suite de méthodes d'exploitation plus rationnelles. La production de betteraves atteint ainsi aujourd'hui un chiffre à peu près double de celui des années 1885/90. De plus, grâce aux améliorations de la culture et du traitement des betteraves, on a réussi dans les vingt-cinq dernières années à réduire de près d'un quart la quantité de betteraves nécessaires à la fabrication d'un kilogramme de sucre raffiné. On est parvenu à dépasser de beaucoup les progrès déjà très considérables réalisés à cet égard avant 1890. Aussi la fabrication du sucre raffiné a-t-elle augmenté dans la proportion de 1 à 21/2, tandis que la production des betteraves n'a fait que doubler.
Ajoutons que le profit direct que l'agriculture allemande tire de cette augmentation s'accroît encore de certains avantages résultant indirectement de l'extension de la culture de la betterave. La culture intensive et rationnelle exigée par la betterave a eu une heureuse influence sur les autres domaines de l'agriculture. Enfin^ le traitement de la betterave fournit une grande quantité de résidus qui servent de nourriture au bétail et permettent d'améliorer les conditions de l'élevage.
Les chiffres suivants montrent le développement de l'élevage du bétail en Allemagne.
Date du recensement
Chevaux
Mules et ânes
Gros bétail
Moutons
10 janvier 1883
1 déc. 1892
1 déc. 1900
2 déc. 1907
2 déc. 1912
Date du recensement
Porcs
Chèvres
Volailles
Ruches
10 janvier 1883 1 déc. 1892
1 déc. 1900
2 déc. 1907 2 déc. 1912*)
Quand on compare les chiffres des années 1883/92 avec ceux des années 1Q07/12, on ne constate un mouvement rétrograde que dans l^élevage des moutons. Par contre, Télevage des chevaux, celui du gros bétail et surtout celui des porcs, ont très heureusement progressé jusqu^en 1907, A partir de 1907 jusqu^en 1912, le gros bétail, les porcs et les chèvres ont diminué légèrement en nombre. Cette décroissance s^explique en première ligne par la mauvaise récolte fourragère de Pannée 1911. L'élevage des moutons a pour base une étendue de pâturages; l'agriculture allemande vise, au contraire, surtout à une intensité croissante des cultures. Cette intensité a eu pour les autres sortes d'élevage plus d'avantages qu'on ne peut constater dans une statistique ne donnant: que le nombre des têtes de bétail. Les progrès réalisés en vue de l'amélioration des races sont énormes: ils ont pour conséquence une augmentation des qualités de travail, un accroissement de la production de viande et de lait. Les grandes som- !mes nécessaires à un élevage plus rationnel et plus intensif du bétail furent fournies par une population industrielle croissant sans cesse en nombre et en richesse;
*) chiffres provisoires.
la vente locale fut facilitée et grandit au fur et à mesure du développement industriel du pays. C'est ainsi que rélevage du bétail a, en Allemagne, contribué pour sa part à augmenter la productivité et la prospérité du pays.
Le charbon et le fer sont les deux puissants piliers sur lesquels repose le développement industriel de notre époque. L'Allemagne compte parmi les pays que la nature a le plus richement dotés de ces deux grandes matières premières de Tindustrie. Elle possède, en outre^ des gisements de sels, de zinc, de plomb et de cuivre. Les jeunes générations seulement ont appris à extraire ce^ trésors du sol et à les exploiter. Durant les vingt-cinq dernières années, la valeur des produits immédiats des mines allemandes (charbons, minerais, sels) a passé d'environ 700 millions de marcs à beaucoup plus de 2 milliards.
L'exploitation du charbon seule a progressé de la façon suivante:
Equipe moyenne
[ouille Pro
Valeur c.
en millions ST de marcs
Équipe moyenne
-ignite Produits
[2 3 cl (U 3 n
Equipe moyenne
Total
Pro
duits
S oZ
<u ci
Accroissement en o/o
L'année 1912 accuse un nouveau progrès. La production du charbon est montée à 259 400 000 t. (177100000 t. de houille et 82300 000 t. de lignite).
Elle a donc triplé dans les vingt-cinq dernières années.
Parmi les pays de grande production, PAllemagne occupe la troisième place après les États-Unis et l'Angleterre.
Pays
Combustibles minéraux (houille et lignite) Millions de tonnes
Accroissement
en o/o
lyii
États-Unis
Grande-Bretagne et Irlande
Allemagne
Autriche-Hongrie ....
France
Aujourd'hui, les États-Unis qui, vers 1885, occupaient la deuxième place, ont dépassé leurs rivaux de beaucoup. Mais TAUemagne a presque rejoint l'Angleterre qui, il y a vingt-cinq ans, marchait à la tête avec une production plus de deux fois supérieure à la nôtre. En 1912, la production du charbon a été de 259 400 000 t. en Allemagne et de 264 700 000 en Grande-Bretagne et en Irlande (chiffres provisoires). La diminution de la production anglaise s'explique en partie par la grève des mineurs.
L'Allemagne produit environ la cinquième partie de la production mondiale du charbon.
L'essor de l'industrie du fer n'a pas été moins brillant. La production du minerai de fer dans l'Union douanière allemande était
en 1887 de 10 664 000 t., „ 1911 „ 29 879 000 t,
donc un accroissement du triple.
Cependant cette production nationale de minerai n'a pas suffi aux demandes des usines; il a fallu de plus en plus la compléter par une importation de minerai étranger.
Minerai de fer.
Importation
Exportation
Excédent de 1'
en 1000 t.
importation
exportation
La fabrication de la fonte a progressé comme suit: Hauts-fourneaux.
Hautsfourneaux en feu
Equipe moyenne
Matières premières en 1000 t.
Production totale de la fonte
1 en en 1000 t. ! millions 1 de marcs
Accroissement en %
Dans le dernier quart de siècle, la production de la fonte a plus que quadruplé en Allemagne.
*) En 1912, la production de la fonte était de 17 853 000 t.
Parmi les pays de grande production, l'Allemagne occupe aujourd'hui la deuxième place.
Production de la fonte (en 1000 t.).
Pays
Accroissement en o/o
États-Unis
Allemagne
Grande-Bretagne et Ir-
lande
France
Russie
Belgique
Ici encore les États-Unis devancent de beaucoup les autres pays grâce à leurs énormes gisements.
L'Allemagne dont la production, il y a vingt-cinq années, dépassait à peine la moitié de celle du royaume britannique, alors à la première place, a produit, en 1903, plus de 10 millions de tonnes de fonte et battu ainsi pour la première fois les producteurs anglais.
Dans les huit dernières années, la production allemande s'est élevée par une progression croissante à 15 600 000 tonnes, en 1911 et à 17 900 000, en 1912, tandis que la production anglaise s'arrêtait à environ 10 millions de tonnes.
La production mondiale de la fonte se monte, aujourd'hui, à 75 millions de tonnes à peu près; l'Allemagne en produit un quart.
Le tableau suivant donne une image de la production de l'acier dans les pays les plus importants.
Production de l'acier (en 1000 t.)
Pays
Accroissement
en •/„
États-Unis ....
Allemagne ....
Grande-Bretagne . .
Nous venons d^esquisser dans ses grandes lignes le développement général des industries minières et métallurgiques afin d^avoir une base pour juger du développement total de Findustrie allemande. Le cadre restreint dont nous disposons, ici, et Tabsence de statistiques suffisamment complètes nous interdisent d'entrer dans le détail des diverses branches de Pindustrie et du développement de leurs productions. Cependant nous voulons essayer de donner au moins un résumé général de la situation des différentes branches de Tindustrie. C'est l'objet du tableau ci-après, qui indique Taugmentation du nombre des personnes employées et des chevaux-vapeur des machines en usage dans les divers groupes industriels:
L'industrie du bâtiment, qui avait à fournir les logements nécessaires au grand accroissement de notre population et les ateHers exigés par l'extension de l'industrie, occupe le premier rang. Le nombre des personnes employées dans cette industrie a passé de 533 000 à 1 576 000. Signalons ensuite les augmentations absolues et relatives de l'industrie des machines, de l'industrie métallurgique, de celle de la pierre, du bois etc. On
*) En 1911, la production d'acier se montait à 15 019 300 t.
CD
co
co
co
lO
CO
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CM
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CM
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CM
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