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$ 5.— Etat dans lequel se trouvent les parties sexuelles.
chez les Prostituées. — Questions médico-légales qui s’y rattachent.— Etat du clitoris des Prostituées.— Etat de leur anus — Etat de leur menstruation.
Il suffit d’énoncer le titre de ce paragraphe pour en faire connaître l'importance, et pour donner une idée des ressources qu'il peut offrir au médecin, dans quelques circonstances graves. Je dois, cependant, avouer que j'ai eu plus d’une fois la pensée de le supprimer; je voulais, par ce sacrifice, obéir aux exigences de ces esprits craintifs qui voient souvent le mal où il n’existe pas, et dont le zèle exagéré ne craint pas
- toujours de supposer des intentions mauvaises aux personnes les mieux intentionnées. Mes meilleurs amis, consultés à ce sujet, n'ont pas partagé mes craintes ; ils m'ont prouve, par leurs raisonnements, que si mes recherches avaient eu quelques résultats utiles, ces résultats ne m ‘appartenaient plus, que je les devais à la science ainsi qu'à la justice, et que je serais impardonnable de garder le silence. Je me suis rendu à ces raisons, et surtout au souvenir de quelques faits qui se rattachent d’une manière {rop di-
,recte au sujet dont il est ici question, pour que je n’en dise pas quelques mots.
Il y a plusieurs années, deux jeunes filles, en apparence fort décentes, furent attaquées en plein jour par quelques jeunes gens, qui les apostropherent en termes plus que grivois ; ils disaient à tous ceux qui passaient qu'elles r’étaient que des filles publiques et de véritables p....… Quelques personnes prirent fait et cause pour ces deux jeunes filles; une plainte fut portée en leur nom contre ceux qui les avaient insultées ; ils furentcités devant le Tribunal correctionnel. Dans les débats, les jeunes filles soutinrent qu’elles étaient vierges ; mais, craignant de succomber à la force des arguments de leurs aggresseurs, elles offrirent de fournir la preuve de ce qu’elles avancçaient, et demandèrent à être visitées par un médecin asser-
96. | PHYSIOLOGIE menté et commis à cet effet par le Tribunal. Suivant. ces jeunes filles, il devait être très facile au médecin. de reconnaître la vérité, opinion que part igérent les jeunes gens d’une manière unanime. l, épreuve ayant eu lieu, il résulta du Rapport du médecin, homme habile et consciencieux, qu'il lui était impossible de rien décider à l’'esard d'une de ces jeunes filles; que, pour l'autre, il pensait qu'elle pouvait avoir eu quelques rapports avec des hommes, mais qu'il se gardait bien de l’affirmer positivement. J'ignore quelle fut en justice la fin de cette affaire ; mais cecque Je sais, c'est qu'il fut plus tard reconnu que ces deux jeunes filles étaient depuis fort longtemps inscrites sur les registres de la police, et la preuve qu’elles n'étaient rien moins que vierges, c’est qu’elles avaient l’une et l’autre re core fois des maladies vénériennes (1). |
Il résulte de ce fait. qui a passé inaperçu, mais qui, à raison des recherches auxquelles je me livrais, ma forcément frappé plus qu'un autre, que la prostitution peut donner lieu à des questions médico-légales, et que la solution de ces questions peut offrir des diffi-
(1) M. Trébuchet, chef du Bureau Sanitaire et secrétaire du Conseil de salubrité, et M. Poirat-Duval, chef de bureau à la Préfecture de police, ont confirmé ce fait en ces termes :
« Il ne faudrait pas conclure de cette assertion que la fleur ne peut être infectée ; il arrive, plus souvent qu’on ne saurait le croire, que des affections vénériennes graves sont reconnues au Dispensaire chez des vierges; mais des vierges véritables, de leur aveu et de celui dés médecins qui les ont examinées.
« ILexiste encore sur le contrôle de la prostitution une fille inserite depuis douze ans, qui a les signes de la virginité, et qui les aura toute sa vie, par suite d’un défaut de conformation ; et cependant elle a contracté plusieurs fois la maladie vénérienne. Cette fille, habilement exploitée par les proxénètes, a été livrée co «me pucelle, autant de fois au moins qu’elle a d'années, à des libertins qui ont épuisé avec elle leurs forces et leur argent.
«Ces observations ne jettent pas de lumière sur la question: mais elles ont leur utilité au point de vue de la scich:e. »
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cultés capables, dans plus d’un Cas, d’embarrasser un expert. .
Le viol est un crime beaucoup plus commun qu'on . ne se l’imagine; car tous ne sont pas l’objet de chroniques dans les gazettes des tribunaux. La plupart de ces affaires sont étouffées par les parents, qui, pour sauver la réputation de leurs filles, laissent presque toujours échapper les coupables. La confiance que j'ai su inspirer à beaucoup de péres etde mères les a souvent engagés à m’amener leurs malheureux enfants : j'en ai vu un grand nombre pendant tout le temps que j'ai été attaché au bureau d'admission des hôpitaux, et je dois avouer que, dans bien des circonstances, les détails fournis par les jeunes filles m'ont plus servi à reconnaitre ce qui leur était arrivé, que l’inspection de leurs parties génitales; j'ai toujours évité de faïre des rapports à ce sujet, tant je craignais de compromettre les intérêts de la justice.
Cette incertitude qui, suivant moi, existe encore dans quelques cas de viol, et surtout le fait des deux jeunes filles dont je viens de rapporter l’histoire, étaient des motifs plus que suffisants pour me déterminer à profiter des circonstances où je me trouvais . pour prendre à cet égard quelques renseignements; je vais faire connaître en peu de mots à quels résultats je suis arrivé.
S’1l est une opinion généralement admise, c’est que les parties génitales des prostituées doivent présenter des altérations et une disposition particulière, conséquence inévitable de leur métier. Il faut entendre à ce sujet les jeunes et les vieux libertins de la plus haute et de la plus basse société; il faut surtout écouter les . plaisanteries que ces derniers se permettent à l'égard de leurs camarades qui épousent ou prennent pour concubines d'anciennes prostituées. J’ai trouvé, sous ce rapport, des médecins plus peuple que le peuple lui-même : considérant, en effet, que toutes les professions quiexigent l'emploi permanent, l’action continuelle d’un membre ou d’un organe quelconque,
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font que ceux qui les exercent présentent ordinairement, dans ces parties, des altérations qui sont quelquefois assez remarquables pour faire connaître la profession de ceux qui les portent, ils en concluent, par analogie, qu’il ne saurait-en être autrement pour la caste des prostituées, et ce qui ne leur avait d’abord semblé que vraisemblable finit par devenir, dans leur imagination, une vérité démontrée.
Peu satisfait de cette manière de voir, et ne voulant pas me borner à mes observations personnelles, je me suis adressé aux médecins et aux chirurgiens du Dispensaire ainsi qu’à ceux de l'hôpital et de la prison des filles publiques; j'ai fixé l’attention de tous ces hommes compétents, mes collègues, sur la question que je voulais résoudre ; ils l’ont étudiée pour. moi, de leur côté, m'ont donné là-dessus de précieux renseignements. Voici l'analyse de leurs réponses :
Les parties génitales des prostituées ne présentent aucune altération spéciale etqui leur soit particulière; sous ce rapport, il n'existe pas dedifférenceentre elles et les femmes mariées les plus honnêtes.
L'emploi que l’on fait du speculum, dans l’examen des maladies, et le soin avec lequel on assujettit à cet examen les prostituées soit qu’elles viennent individuellement au dispensaire soit qu’on les visite en groupe dans les maisons de tolérance, ainsi que toutes celles qui sortent de Saint-Lazare, cet emploi, dis-je, a prouvé à tous les médecins que l'amplitude et l’étroitesse du vagin est; pour beaucoup de femmes, un état naturel et congénital, et dont il ne faut pas plus s’étonner que dés dimensions de quelques autres parties du corps qui varient d’une manière si remarquable suivant les individus. On rencontre tous les jours, à Saint-Lazare, des jeunes prostituées, presque débutantes dans le métier, et n’ayant jamais eu d’enfant, dont le vagin est plus dilaté que ne l’est quelquefois celui d’une femme mariée ayant eu cinq ou six accouchements ; et, par opposition, on y voit d’autres femmes ayant vécu douze à quinze ans dans la prostitu-
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tion, qui portent sur leur visage les caractères de la décrépitude, et dont les parties génitales, et le vagin en particulier, n offrent aucune trace d’altération : on. m'a signalé un jour une fille de cinquante-un ans, qui, depuis quinze ans, faisait le métier de prostituée à Paris, et j'ai constaté, avec mes collègues, que ses parties génitales auraient pu être confondues avec celles d’une vierge sortant de la puberté. |
‘D'aprés ces détails, et en tenant compte de ce que
j'ai pu, en plusieurs circonstances, vérifier la rigoureuse exactitude des déclarations des médecins et chirurgiens du Dispensaire et de l’hôpital-prison, on reconnaîtra qu'il était difficile de passer sous silence des questions qui peuvent paraître futiles au premier aspect, mais dont la réflexion ne tarde pas à démontrer l’importance.
C’est Surtout dans l’examen des jeunes prostituées qui, n'étant pas encore pubères et portant les caractères de Penfance, sont saisies par la police et enfermées par ses ordres, que l'examen des parties génitales devient difficile et important. Tous les livres de médecine légale donnent les moyens de reconnaître les traces du viol : ils en indiquent les caractères avec une telle précision, que rien ne semble plus facile que de s’assurer de la vérité et d'éclairer la justice; mais que de motifs de doutes et d’incertitudes arrivent de toutes parts, lorsqu'on a eu occasion d’observer un grand nombre de ces jeunes filles ! .… Suivant MM. Jacquemin et Collineau, rien de plus fréquent que les cas dans lesquels il est impossible au médecin conseiencieux de prononcer affirmativement dans un sens ou dans un autre. Ces confrères ont eu. plusieurs fois la complaisance de faire passer sous mes yeux quelques-unes de ces jeunes malheureuses, qu’ils avaient étudiées ; ils avaient eu soin de me
cacher toutes les circonstances commémoratives, afin d'exercer ma sagacité, et j'avoue qu'il m'est ar- *rivzé plus d’une fois de me tromper d’une manière grossière, Le docteur Jacquemin, en ce qui le con-
* cerne personnellement, a connu plusieurs filles publiques faisant leur métier depuis dix ou douze ans, et dont les parties génitales, examinées par ce savant confrère, étaient dans un tel état de conservation, qu’on aurait pu, jusqu’à un certain point, mettre en doute chez elles la perte de la virginité.
Que penser, après cela, de la légèreté avec laquelle certains médecins se prononcentsur ces faits? Comment ne pas frémir en voyant les magistrats soumettre, ordinairement ces sortes de questions à des accoucheuses, le plus souvent ignorantes, mais touJours persuadées de leur science, et qui se croiraient perdues de réputation si elles ne se prononçaient pas d'une manière absolue? Comment décider si une, femme morte ou vivante a vécu, je ne dis pas dans le désordre, mais dans ce désordre de tous les jours et de tous les instants qui caractérise la vie de la femme publique? Or,cette question peut être po-. sée à un médecin dans un procès correctionnel ou criminel même, et, d’après les détails que je viens de donner, qui sera assez téméraire pour asseoir une opinion sur une simple inspection, et venir devant un tribunal indiquer aux magistrats l'arrêt qu'ils doivent prononcer ? À mes yeux, la reserve est la première vertu du médecin légiste; il ne saurait avouer trop souvent l'insuffisance de son art.
L'examen des parties génitales des prostituées à fait découvrir à M.Jacquemin un nouveau signe de la grossesse, qui peut encore, sous le rapport de la médecine légale, devenir très utile: ce signe consiste dans une coloration violacée, et quelquefois lie-devin, que contracte, dans cet état particulier de la vie de la femme, toute la membrane muqueuse du vagin. Ce signe est tellement évident, que M. Jacquemin ne s’y trompe jamais, et qu’il lui suffit seul, indépendamment des autres signes de la grossesse, pour décider si cet état existe. J’ai été témoin d'épreuves curieuses, auxquelles le docteur Jacquemin s’est soumis* pour démontrer à ses confrères jusqu'où lon peut,
DÉS PROSTIUÉES Date AO sur ce point, porter l'exactitude. On conçoit le parti avantageux qu'il y à à tirer de cette découverte, soit
pour s ‘abstenir de certains traitements, soit pour les travaux que l'on peut ou que l’on ne peut pas imposer
aux prisonnières, soit enfin pour leur prescrire les
règles de prudence et de retenue auxquelles il serait
. convenable de les astreindre dans quelques circons-
tances. Il fallait la réunion d’un grand nombre de prostituées pour permettre des recherches de cette näture ; il fallait qu’elles fussent soumises à une inspection sévère et minutieuse, pour découvrir cette nouvelle particularité touchant les signes de la grossesse. C’est sur un nombre de 4,500 femmes que
. M. Jacquemin a pu constater cet état de la membrane
muqueuse chez les femmes enceintes.
Era pu Cuiro 15. — Le clitoris étant, chez la femme, le siège de la sensibilité des organes génitaux, et cette partie acquérant uelquerois une dimension considérable, on a prétendu qu’il doit présenter ce développement plus fréquemment chez les prostituées que chez les autres femmes, et qu’il doit être en rai-
son de leur lasciveté et des vices honteux qui les do-
minent quelquefois.
Si des passions impétueuses et une lasciveté effrénée étaient toujours la cause qui détermine une femme à se livrer à la prostitution, cette opinion serait en apparence raisonnable et pourrait jusqu’à un cer-
tain point être admise; mais, comme nous avons vu
que, si des besoins sans cesse renaissants et presque irrésistibles peuvent être rangés parmi les causes de là prostitution, ils sont loin d’en être la seule et uni-. que origine, tachons de découvrir ce que l’observation nous apprend à cet égard.
En premier lieu, avec les médecins du Dispensaire et de Saint-Lazare, je dois dire ceci : les filles publiques de Paris ne présentent rien de remarquable dans la disposition et les dimensions du clitoris; chez elles, comme chez toutes les femmes mariées,