‹ La prostitution à ParisChapitre 31 sur 59 · LILAS · texte numérisé non relu

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d’ être enfin découverte, son cas est flagrant, puisque sa contravention est constatée par les contrôles du Dispensaire. |

S'il s’agit d'une prostituée clandestine, ily a presque . toujours négation de sa part etlongues contestations. - J'ai dit plus haut, dans le chapitre relatif à l’Inscripe tion, quelle est, dans ces cas plus ou moins discutés, la conduite de l'administration, toujours portée à la clémence, mais néanmoins d’une fermeté inaltérable en ce qui concerne la protection de la santé publique. Il va de soi que la femme de mauvaise vie, qui cache son triste métier avec toutes les ruses de la clandes-. tinité, n’avoue presque jamais, puisque son but est d'agir à sa guise hors de la surveillance de la Préfec-

ture et des médecins des mœurs; si donc elle a l'au-

dace de traiter de mensongers les rapports des inspecteurs, qui, on le comprend bien, n’accusent pas à la légere, l'avis du Dispensaire est demande, et Ia commission administrative n’a aucune pitié, si la lle, après avoir effrontément nié son infamie, est trouvée atteinte d’une maladie vénérienne.

Quant aux contraventions ordinaires des filles soumises, elles se produisent surtout pour des faits de : raccrochage scandaleux, rixes violentes, scènes d'ivresse hors de leur domicile, rébellion envers les

agents, avec ou sans la complicité de souteneurs ; tous ces cas divers sont jugés par là commission de la troisième section, faisant fonctions de tribunal administratif ; lecommissaire spécial y remplit l'office -dé ministère public, en quelque sorte, et la commis-

sion se prononce au nom du préfet de police, soit

qu’elle ordonne la mise en liberté, soit qu’elle envoie

la femme à la prison des prostituées, pour un temps

dont la durée est subordonnée à une foule de circonstances et d’exigences particulières.

Cette détention administrative, infligée à titre de correction, varie, en général, de Rue jours à six semaines ; deux et Ho mois, dans les cas graves. Voici, au surplus, quelles sont les attributions de

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la troisième section du deuxième bureau de la première division :

« Surveillance générale et répression de la prostitution. — Xxa- … men en commission des réclamations des filles contreyvenantes. — Surveillance spéciale des maisons de-tolérance et des filles en. carte. — Recherche de la prostitution clandestine. — Correspondance avec les familles au sujet des filles mineures. — Interven-. tion administrative dans l'intérèt des familles, au point de vue

des mœurs. » &

C'est dans une voiture cellulaire, vulgairement « appelée «panier à salade» dans le langage des pri sonnières, que sont effectués tous les transports que « nécessitent les prostituées (1). Cette voiture conduit les filles du Dépôt à Saint-Lazare, l’hôpital-prison, et vice vers; car je dois ajouter que les filles qui ont terminé leur traitement ou fini leur temps de détentios, sont ramenées au Dispensaire, où l’on s'assure de nouveau de l’état de leur santé, et où l'on apprend ce qu'elles vont faire et où elles se proposent de. demeurer, en cas de changement de domicile. Elles sont libres ensuite. :

Voici encore quelques renseignements sur le séjour … des prostituées au Dépôt:

La grande salle des femmés est très vaste et largement ventilée par des fenêtres opposées; elle est garnie de lits de camp et de paillasses ; ces lits de camp, se relevant le jour contre le mur, laissent à découvert un banc qui règne tout autour de la salle, chauffée convenablement en hiver par un calorifere à vapeur;

(1) Tout le monde voit circuler quotidiennement à Paris les voitures cellulaires ; mais le public ne sait guère les d stinsuer Îles unes des autres. Les vertes sont celles qui font le service des postes de police, et sont des vaitüres municipales où tout estpêlemê'e ; les rouges, ayant sur les flancs l'étiquette du Ministére de l'Intérieur, assurent le service des prisons ; celles, d’un- b'eu- : sombre, où l’on voit écrit : « Service de Santé », transportent les aliénés; enfin, les jaunes sont les voitures de l'Administration des Mœurs et font le service de Saint-Lazare, < É

À SAÏNT-LAZARE 261

les détenues y sont donc aussi bien qu’on peut le désirer. Comme la plupart ne restent là que quelques heures, on ne leur fournit que le pain (700 grammes pour la ration quotidienne), une ration de soupe au déjeuner et une ration de légumes au dîner; le jeudi et le dimanche, la soupe du déjeuner est grasse, et Pon distribuede la viande, le soir, au lieu de légumes.

Mais les delenues peuv ent faire venir du dehors tout ce qui leur convient. Quant à l’eau, elles en reçoivent en aus grande quantité qu’elles en désirent.

Le régime est commun, de jour comme de nuït. Cependant, il y aquelques chambres, dites «à la pistole », où l’on peut être quatre, deux ensemble, ou seule, en payant. — Le Dépôt n’étant qu'un lieu de passage, on n’y. travaille pas.

Eufn, je dois dire qu’on y laisse quelquefois, pendant un temps plus ou moins long, certaines femmes qui cachent leur noi, sur lesquelles on n’a pas de renseignements, qui ne peuvent se faire réclamer de personne. et que l’on peut consideèrer comme vaga-. bondes. Il faut bien séquestrer ces femmes jusqu’à ce qu'on ait reçu la réponse aux demandes que l'administration adresse aux autorités de leur pays; il est évident que le Dépôt est pour celte classe un refuge - tout naturel.

$ 2. — De la prison Saint-Lazare comme lieu de punition des l’rostituées, et comme infirmerie spéciale pour le {raitement de leurs maladies.

Malgré les inconvénients reproches à à la Petite- Ford (ancien hôtel de Brienne) qui remplaça la Salpétrière comme prison des prostituées, elle servit à cette des-

tination jusqu'en 1829 ; à cette époque, les prostituées

furent transportées à la maison des Madelonnettes,et

plus tard (1835) à Saint-Lazare, où elles sont encore aujourd'hui. à

la 1rison Saint-Lazare, située rue du Faubourg- Saint-Denis, 107, se com ( Dee trois sections absclument distinctes :

. tribunaux ordinaires comme ayant agi sans discerne-

rection (4).

… Tuées, ces petites incorrigibles dont il a été question plus haut:

me prostituées insoumises, et envoyées par ordre du Bureau des Mœurs à l’hôpital-prison, après avoir été

riennes.

La première section comprend trois bb + {0 les femmes détenues préventivementetqui doivent passer en jugement pour crimes ou délits de droit commun; 2° celles qui ont été condamnées par les tribunaux ordinaires à moins d’un an et un jour, et qui subissent là leur peine; 8° celles qui, ayant été condamnées à une peine plus forte, attendent leur transfert en maison centrale. Ke

La seconde seclion est affectée exclusivement aux filles de débauche, soumises ou insoumises, détenues « administrativement ; lequartier des prostitués valides " contient les filles mises en punition pour un temps plus ou moins long, en vertu d’une décision de la commission administrative dont il vient d'être parlé M au paragraphe précédent ; le quartier des prostituées malades n’est autre que l’infirmerie spéciale affectée 4 à ces filles, soientqu’elles aientdemandéelles-mêmes, comme filles inscrites, à être soignées aux frais de. l'administration, soit qu’elles aient été arrêtées, com-

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