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SE + FéORT DÉPINETI :
religieuses : que tes sœurs, en les inslruisant, ne font | que leur mélier, el qu'on ne doil pas prendre leurs
paroles «14 D o . Gette opinion invincible des os ä tituées sur les religieuses m'a toujours frappé, ete“ c’est pour cela que, dans Pintérêt du bien,je voudrais #
qu'on cessât de s'adresser à elles pour les maisons de .
refuge comme pour Saint-Lazare; l’hôpital-prison, je " “l'ai dit, n’a jamais été si bien tenu ni si bien gou-*
verné pour la conduite deS filles, que sous la diree-
… tion laïque de l'honorable Mm° Lavenard, assistée de 3
surveillantes et de gardiennes laïques.
Je dois ajouter que cet éloienement:des prostituées
pour les grilles, pour les religieuses et pour les’pra-* tiques qu’elles mettent en usage, a étéreconnu même par des aumôniers de prisons, . les lettres qu ils.
m'ont écrites.
- Suivant moi, — et en cela jé ne fais que T'ÉPÉLÉC CES
que pensent de bons esprits avec lesquels je me suis concerté à cet égard, — il faudrait qu'au Refuge de
‘Paris la journée fût partagée entre le travail et l’ins-
truction ; mais il conviendrait que les instructions se.
fissent remarquer autant par leur solidité que par .
leur brieveté, attendu qu ‘on ne doit jamais perdre de
vue qu’elles s'adressent à des pauvres cervelles, bien
légères, qu’on ne saurait longtemps captiver, et sur :
lesquelles l'ennui et le dégoût peuvent exercer une
influence pernicieuse. Quant aux travaux exercés dans cette maison, il faudrait qu'ils fussent, par leur.
nature, pénibles et fatigants, etque, sans excéder les
forces, ils amenassent à la fin dé la nes née le DENTS |
du repos et celui du sommeil.
Basant toujours mon opinion sur l’impression que
le régime intérieur du Bon-Pasteur a produite sur.
l'esprit des filles qui en sont sorties et Sur celui des “+ personnes respectables que leurs fonctions ont appe-
lées à le fréquenter, je dirai qu’on devrait se borner,
dans le Refuge dont je trace le plan, à l'instruction :
pure et simple, et laisser à la spontanéité de chacune
des pensionnaires tout ce qui peut être le fait d'un
zèle Maur Si dans le nombre L en est qui soient : appelées à s'élever dansles régions célestes, à l ’instar.
. des sœurs blanches et autres saintes filles, le désir.
de cette haute perfection leur viendra plus prompte- ment, plus sûrement et d’une manière plus durable <jue par la contrainte.
* Je serais enfin d’avis quetoutesles réfugiées, même celles entrées avec l'intention de vivre dans cette retraite jusqu à la fin de leurs jours,fussent libres d’en. - sortir à volonté, — comme elles en sont libres ‘au Bon-Pasteur; — mais je voudrais qu’à cette liberté:
s'ajoutât un secours de sortie, réalisé par une masse
attribuée à chaque pensionnaire au moyen d’une | partie du produit de son travail.
En réglant de cette manière le Refuge de Paris, on aurait l’ avantage de n’en point éloigner une foule de personnes qui voudraient y entrer, el surtout d'y ramener les décès.à peu près au chiffre de la morta-
= lite ordinaire; car un refuge selon mon programme
ne serait pas, comme le Bon Pasteur, l'asile presque ” exclusif des prostituées d’une santé ruinée ou ayant en germe des affections rapidement mortelles. LU O1, malgré tout ce que je viens de dire, quelqu'un ne voulait voir dans mon programme que l'effet de . mOn imaginalion, je dirais encore ceci : mOn opinion nest pas seulement fondée sur ce qué nous apprennent les prémières notions de la médecine et de la - physiologie, mais encore sur ce qui se passe dans une maison de refuge établie depuis quelques années
dans un de nos chefs-lieux de départements. La po-: :
pulation | de cette maison est de deux cent soixante
: personnes, et l’on n’y compte que sept à huit décès.
par année; cependant, on y recoit à tout âge et mal- gré des infirmités graves, tandis qu’au Boni-Pastetr de Paris où refuse les scrofuleuses et toutes les prostituées qui ontdépassé vingt-cinqans.Je m’empresse
. de dire que-dans la maison que je mets en parallèle
avec.celles de la capitale, les travaux sont variés et: simplement interrompus pas quelques chants, les. :
: 352 Fes “; SORP DÉFINITIF
exercices religieux tres courts, la A re bonne 3
substantielle. Le plus A rs les filles vien-.
nent s'y présenter d’elles-mêmes, et il est extrèmement rare qu’elles demandent à en sortir; elles sy trouvent si bien et s’y modifient d’une manière si heureuse, qu'il arrive très fréquemment que leurs parents les reprennent contre leur volonté, et l’on en compte un grand nombre qui font maintenant la consolation de leurs familles. Aujourd hui la maison en
contient plus de soixante qui y sont depuis douze à quinze ans ; la plupart de celles qui sont mortes y avaient séjourné le même espace de temps. La santé © de ces femmes est, en général, fort bonne; elles n’é- »
prouvent pas, dans les deux premières années de leur entrée, les accidents nerveux et spasmodiques qui sévissentsiterriblement au Bon-Pasteur de Paris ; en outre, leur menstruation y est régulière.
Cet établissement, remarquable sous une foule de.
rapports, a été fondé à Laval, non pas par des religieuses, mais par une simple repasseuse, Mme Ron-
deau, populairement connue dans la ville sous le nom de «la bonne mère Thérèse»; ef, d'aprés les renseignements précis et certains. que j'ai Sur S0n- 4 œuvre,je dis que cette humble ouvrière doit être con- -
sidérée moins commeune personne de mérite que
comme une femme de génie. Elle a commencé sa.
- vs Le int
maison avec deux filles qu’elle recueillit chez elle par
charité, et qui successivement en attirèrentplusieurs-
autres. son local se trouvant alors trop exigu, elle s’est procuré plus tard un terrain, et €e sont lesfilles elles-mêmes qui y ont construit, de leurs propres mains, les habitations dans lesquelles elles demeurent aujourd’hui. Toutes les malades sont soignées
dans cette communauté, d'origine laïque, par des
médecins du dehors. Mn: Rondeau préside à tous les exercices, répartit les travaux suivant les forces et la
capacité de chacune, et montre dans sa direction et
dans toute AR Are de son œuvre une mer- o
veileuses agacité.
- Ainsi, avec les seules ressources que fournit le travail des filles valides, cette femme admirable trouve lé moyen de nourrir, de vêtir, de loger et d'entretenir jusqu à la fin de leurs jours.,et qui plus est, de rendre à la vertu, une population tout entière, dont le sort
inévitable etait -de mourir de faim ; Mm° Rondeau =.
opère un tel changement dans l'esprit et le moral de ces malheureuses, que beaucoup, arrachées pour ainsi dire de leur asile par leurs pères et mères, en deviennent le soutien et la consolation, etque, sur un nombre considérable de filles qui sont entrées dans cette maison, on ne compte qu'infiniment peu de mauvais sujets qui soient retournés à leurs anciens désordres.
-Mettant de côté toute idée religieuse, on peut donc n’envisager un établissement de refuge que sous le rapport matériel ; et,en considérant la maison créée - par Mre Rondeau, ne reste-t-on pas confondu par de semblables résultats ? Compte t-on, parmi ceux qui passent pour.les bienfaiteurs de l’espèce humaine, beaucoup d’étresaussi méritants que cette modeste - Ouvrière, cette enfant du peuple, qui, profondément émue d’une des plus navrantes misères du peuple, & su devenir une grande bienfaitrice ? J'aime à croire que l'exemple qu’elle a donné au monde ne sera pas perdu, et que le Refuge de Laval servira de modèle à tous ceux qui pourront s'établir désormais.