‹ La prostitution à ParisChapitre 47 sur 59 · SONT-ELLES NÉCESSAIRES · texte numérisé non relu

SONT-ELLES NÉCESSAIRES

mais engageons ceux qui la professent à mieux étudier les. hommes et à se mettre au courant de leurs vices comme de leurs vertus.

Pour moi, je répondrai aux détracteurs de la tolérance dont l’administration juge convenable d’user envers les prostituées, par ce passage de saint Augustin : Quid sordidius, quid inanius, dedecoris ‘ et turpitudinis plenius, meretricibus, lenonibus CÆ- lerisque hoc genus pestibus dici polest? Aufer meretrices de rebus humanis, turbaveris omnia libidinibus; conslilue matlronarum loco, labe ac dedecore dehonestaveris. Sic igilur hoc genus hominum per Su0S Mmores impurissimos vila, per ordinis leges condilione vilissimuim (1).

Mais saint Augustin, avant de se renfermer dans les cloitres, avait connu le monde, et son vaste génie. lui faisait envisager les choses de la terre avec autant de profondeur que tout ce qui regarde les plus sublimes vérités de la morale et de la religion.

La prostitution existe et existera toujours dans les pranues villes, parce quil y à des hommes qui sont portés à la luxure comme d’autres ont la passion du jeu. et- parce qu’ainsi la prostitution, cloaque impur, s'offrant à etancher les soifs du vice, est, comme la mendicité. une industrie et une ressource contre la faim, on pourrait même dire contre le déshonneur ; car à quel excès ne peut pas se livrer un individu privé de toute autre ressource et qui voit son exis- tence compromise ! Cette ressource est, il est vrai, celle de la bassesse; mais, pour être houteuse et abjecte, elle n’en existe pas moins.

. - Si, malgré les lois, malgré les peines, malgré le

mépris public, malgré la brutalité dont elles sont souvent victimes, malgré des maladies affreuses, malgré les suites inévitables de la prostitution, il existe partout des filles publiques, n’est-ce pas une preuveévidente qu'on ne peut les empêcher etqu'elles sont inhérentes à la société ?

“. > Orne, livre J1, chap. 12, nt n des Bénédictins, tome l*', page n

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