‹ La prostitution à ParisChapitre 14 sur 64 · RE · texte numérisé non relu

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M. Lacour, M. Félix Carlier, l'atlribueot tous au même motif : la [acuité pour les fllles isolées de refuser certains contacts, le soin qu'elles prennent de leur personne, l'indépendance dont elles jouissent opposée à la négligence hygiénique des filles de maison, et surtout à l'obligation pour celles de ces malheureuses qui appartiennent à des maisons de bas étage de s'abandonner au premier venu, fùt-il atteint des plus dégoûtantes maladies, sous peine de subir les mauvais traitements des tenanciers de ces maisons.

Le fait n'est d'ailleurs pasparticuUer à la ville de Paris. A Lyon (I), à Marseille, où M. le docteur iTdireur a constaté que sur 100 cas de syphilisrecon- Dus, soit chez les malades de sa clientèle particulière, soit à son dispensaire, G8 devaient être altriibués aux relations avec des filles de maison (2), ils ont été également constatés.

A Bruxelles, mêmes constatations. Dans un rapport présenté par le docteur Yseux à la section de police, sur la révision du règlement sur la prostitution, nous trouvons le tableau suivant qui est absolument probant (3) :

. (t) ObaervttlioD de U. le D' Diday (Je Lyon), citéu par '". le U' Levé] dans la propoaitiOQ prégentéc, eo iS79, à la

a spéciale de la police des mœurs.

I (S) Q'' Mireur. La Prostitution ù Marseille, histoire, admifistmtion et police sanitaire. Marseille, iiSSâ, p. 363. ■ (3) Ville de Bruïellea. — Révision du règlement contre la wtilution, 1880, p. 3i.

RËGIME ADHIMSTRATII'-

Nomhrc de maladies vénériennes sur 1,000 prostituées inscrites.

Moyenne 298.2 173

Le docteur Clerc, médecin en chef du dispensaire de salubrité de Paris, a essayé, il esl vrai, d'expliquer ce phénomène par celte raison que les filles isolées sont visitées moins souvent (deux fois par mois au lieu de quatre), qu'elles éludent les règlements et qu'elles ne se présentent pas quand elles se croient malades (I). Mais ces motifs, qui méritent une sérieuse attention, ne sauraient justifier l'énorme diiFérence des cas de maladies constatées entre l'une et l'autre catégorie de filles soumises.

D'ailleurs, l'obligation imposée à Bruxelles à toutes les filles, sans exception, de se soumettre à deux visites sanitaires par semaine, détruit la première partie de l'argumentation du docteur Clerc.

Il y a là évidemment un très fort argument

(l) Complu rendu sio- les opfralions du Dispensaire pour t87S, p. 3.

H 1,4 HÉGLEMEKTATION SAMTAIHE 75

H^ODtre la théorie simpliste de presque tous les

^H>rérets de police, depuis Angles jusqu'à M. Ca-

mescasse, qui ont toujours considéré comme

l'idéal de leur système de réglementation de ren-

■iermer sinon la totalité, du moins le plus grand

ipombre possible de filles publiques, dans les

maisons do tolérance, et qui ^e sont imaginé de

bendre ainsi ie plus signalé service à la santé

muilique. Cependant, comme certains médecins

•et bon nombre d'hygiénistes professent encore

cette théorie, il est juste d'exposer les raisons

qu'ils invoquent.

Après avoir reconnu que de 1855 à 1869, le

nombre des filles de maison de Paris reconnues

laiades, a élé de 27!) pour 1,000, tandis que

kelui des filles isoliies a été seulement de 55 pour

^1,000, M. le docleur J, Jeannel ajoute :

I raisonnement qui attribue la préserva- ^on des filles isolées à l'indépendance relative lont elles jouissent, et la statistique dont il est [appuyé, tout cela est complètement erroné. »

Il Le plus ou moins de fréquence de l'infection iftans l'ensemble des tilles inscrites ne résulte pas e qu'elles sont en maison, ou de ce qu'elles vivent isolées, mais bien de la qualité de leurs cli&nts ou de ce qu'elles ont plus ou moins l'habitude de la propreté corporelle (1). »

fl} D' J. Jeanne!. Ds la Proslitiilîon dans let gran-.les villes

Ceci, qull nous soit permis de le dire, est une pure naïveté. Si l'on comparait l'état sanitaire des filles de maisons de premier ordre, entourées de tout le luxe et de tout le confort d'une installation faite pour attirer les débauchés opulents, à celui des rouleuses de caboulots et de barrières, que la police a mises en carte, on trouverait de tout autres résultats. Mais c'est sur la généralité de l'une et de l'aulre des deux catégories qu'il convient d'opérer, et tout l'avantage reste aux ûLlcs isolées.

Comme nous ne voulonstaire aucun argument, nous reconnaissons volontiers que si l'on passe des villes de premier ordre, comme Paris, Lyon, Marseille, Bru.\eiles, aux villes de moindre importance, on peut trouver des résultats différents.

A Aix-la-Chapelle la moyenne des filles de maison malades a été, de 1882 à 1884, de 30 %. tandis que celle des éparses malades a été de 60 -U.

A Amiens, de 187G à 1881, la moyenne des filles de maison malades a été de 8 "/„, tandis que celle des filles isolées était de 50,3 %.

A Anvers, au contraire, pour la même période, on trouve 51,3 % de fllles en maison malades, el 7,7 7o de filles isolées.

1 des maladies vén6-

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