ORGANISATION DU SERVICE E
Mais pour atteindre ce résultat, une première condition est indispensable : c'est que le nombre des lits mis à la disposition des malades soit égal, sinon supérieur, aux demandes d'admission. Or il est loin d'en êtreainsiaujourd'hui.
Les deux hôpitauxepéciauxduMidiet de Lourcine ne comptent, en effet, que 579 lits, savoir :
Hôpital du Midi: 336 lits.
Hôpital de Lourcine : 243 lils avec 24 berceaux.
Les six services de Saint-Louis, où sont admis les vénériens, ajoutent, il est vrai, à ce total un certain nombre de lits, mais combieninsufGsant, pour les besoins d'une population qui compte plus de 2,500,000 habitants. M, le professeur Fournier a, d'ailleurs, donné la preuve la plus éclatante de cette insuffisance en constatant qu'à sa consultation de l'hôpital S^int-Louis, n sur 100 femmes syphilitiques contagieuses qui sollicitaient leur admission, il avait été obligé d'en ïciusev quatre-viiigt-une — faute de place.
M, le docteur Le Pileur évalue â 1,200 le nombre de lits à créer, étant donné qu'on conserverait Saint-Lazare et Lourcine. Nous estimons, :ivec le beau rapport de M. Fournier à l'Académie de médecine, qu'une enquête soigneusement faile pendant un certain temps pourrait seulement préciser l'étendue de ces besoins (1).
(1) Alfred Fouroier, Prophylaxie de la sijphiUs {Builelhi dt
CREATIOH DES SERVICES SPECUDX
La queslLoû soulève, d'ailleurs, des problèmes d'ordre financier qu'il ne m'apparlient pas de résoudre. Je ne peusque reconnaître, avec l'Académie de médecine, l'indiscutable nécessilé d'une augmentation notable du nombre de lits attribués anx vénériens des Ueu^ sexes dans nos hôpitaux, sauf étude ultérieure des voies et moyens pour y parvenir.
Mais une question préalable devait faire l'objet de son examen :
Faut-il, ainsi que le réclame M. le professeur Fournier, au uomde la Commission académique, réaliser celte augmenlation par la création de nouveaui hôpitaux spéciaux, placés en dehors de la zone d'enceinte, ou, au contraire, par la création de services spéciaux dans les hôpitaux généraux, ainsi que le demandent JIM, Strauss et Levraud, qui ne font du reste en cela que se conformer à l'opinion émise par la grande majo rite du Conseil municipal à diverses reprises (1)?
Les raisons données par les défenseurs des hôpitaux spéciaux ont été résumées par M. le professeur Alfred Fournier.
FAcadMie de médeci.,-: t. XVII, n»21. sùunce du 14 juin 1S87, p. 631-6:^ Et Annales d'hygiène publique et de mfdeeine égak. 1887. t. XVlll, p. 82;.
(1) Voir procèi-verbal de la séance du 20 décembre (882 : 1» Proposition ïves Guyot. Ilovelaoque et autres ; 2- Proposition Caltiaut; 3° Proposition Levrauil, Laniouroui et Erucst llnmel.
170 ORGANISATION DU SHmcE
a Chacun sait, écrit-il, que les services spéciaux ont souvent uu publie que, par euphémisme, j'appellerai douteux ou mêlé. A côté des gens très honorables, il n'est pas rare d'y rencontrer des mauvais drôles, des débauchés, des dépravés, des habitués des maisons de tolérance, si ce n'est pis encore. Un tel voisinage doit être évité, A fortiori doit-il être évité dans les hôpitaux de femmes. I! neconvient pas que l'honnête femme d'un ouvrier, qui est venue se faire traiter à l'hôpilal d'une fièvre typhoïde, soit exposée à faire société dans les salles ou dans les promenoirs avec une fille perdue, une rôdeuse de barrières, ou, ce qui est plus dangereux encore et ce qui se rencontre si fréquemment à Lourcine, avec une de ces a embaucheuses d qui pratiquent le recrutement pour les brasseries, les débits de vins, les maisons de passe, etc. (i). »
Oette argumentation n'a pas laissé que de nous étonner de la part d'un praticien qui connaît aussi bien les hôpitaux que M. Fournier. Les dangers qu'il signale comme inhérents à la création des salles spéciales de vénériens dans les liôpitaux généraux, sont le fait môme de l'existence de ces établissements, quelles que soient les catégories
(1) Alfred FourHîer, Prophylaxie de la .syphilis (Bulletin de l'AcadéTiiie de médecine, t. XVJI et Annales d'hygiént pu' lAique et de médecine légale, t. XVII, p. S3).