DES FILLES SOUMISES
Ceschiffrea sont ceux relevés au premier jau- Wei' de chaque année sur les registres d'inscripilion delà Préfecture de police; raaisilsnerepré- 'Senlent pas, en réalité, le nombre des fllles 80u« mises en circulation. Ils doivent, en effet, être diminués de ceux des fllles détenues â Saint- Lazare, soit pour cause de santé, suit à la suite de punitions administratives ou de condam-
I mations prononcées par les tribunaux correctionlïiels. Il convient également d'en défalquer les lâisparues, et aussi les filles qui ont obtenu leur xadiatiou des contrôles de la prostitution, pour idifférentes causes (changement de situation, mariage, etc.). Par contre, il faut y ajouter les nouvelles inscrites, et les filles rétablies à là suite des recherches du service des Mœurs.
Si l'on faitla part de ces changements, on trouve ju'il faut défalquer 20 %■ Eu effet d'après les
Richard. — La iToatiloiion. 4
so
LA PROSTITDTION A PARIS
statistiques de la Prél'ecturede police, la moyenne mensuelle des fiUes en circulation remplissant les obligations sanitaires a été :
Eq 1875. dea.Tii
Eu 1S82, de 2.217
Kli 1878, do 3.BIS
En lSg3, (le 2 235
Kn 1877, de 3.485
Ed ISSf, de2.S16
EnlB78, deS.iea
En 1833, de 3.135
Eo 1879, de 2.957
En 138ti, de 3.«li
Eu 1880, de2.52û
En 1887, de 3.321
En 1881, de 2.295
doit une diiniaution moyenne de 21 "jg sur le chilTre des inscriptions.
Eu opérant cette réduction, le chiffre moyen réel des filles soumises actives a été par année :
De 1872 à 187a ;i.ri92
De 1876 a 18S2 3.031
ne 1883 a 1388 3.098
C'est ce nombre restreint de filles qui circulent dans les rues avec garantie de la Préfecture de police. Toutes les autres sont — temporairement au moins — des insoumises, qui n'accomplissent aucune des obligations sanitaires imposées aux premières, et n'ont qu'une constante pensée : se dérober le plus longtemps possible à la surveillance des mœurs.
Les filles soumises se divisent en deux classes : les âUes de maison et les filles isolées,
DBS FILLES SOdUSES
Ainsi que le démoulre le tableau ci-dessus, le nombre des flUes de maison est en constante décroissance depuis 1872. Une seule année fait exception; mais, comme les chiffres donnés sont ceux constatés au 1" janvier de chaque année, l'augmentation considérable relevée pour 1879 ne tient qu'à une cause tout à fait fortuite: l'Exposition universelle de 1878, qui, en attirant à Paris une foule d'étrangers et de provinciaux, a amené une demande exceptionnelle dans les maisons de tolérance de notre ville. Du reste, cette augmentation n'a pas survécu aux circonstances qui l'avaient produite, et les filles
qui élaiect veuues grossir le persouuel en maisons sont immédiatement retournées à une vie plus libre.
Ladimioutioa des filles isolées est également remarquable, mais elle paraît tenir à d'autres causes que celle des filles de maison. Tandis que, pour ces dernières, la seule raison paraît être la répulsion de plus en plus grande des Parisiens pour celte forme de prostitution, qui ne laisse pas la moindre illusion à l'esprit sur la oature du marché passé entre la matrone et le client, l'abaissement graduel du chiffre des isolées semble résulter d'une atténuation correspondante des mesures prises contre elles par la Préfecture de police. Une augmentation sensible s'est du reste produite depuis 1885.
La marche des inscriptions fournit également des indications utiles à retenir pour se rendre compte des mouvements de la prostitution parisienne.
Nombre des inscriptions de fiiies publiques