La prostitution considérée dans ses rapports avec le code pénal et les lois
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DE L.\ PUOSTITUTIOIH devant le Gode pénal et les lois du pays ; par M. BARELLA, membre titulaire (i).
Messieurs,
Je n'aurais pas pris part à la discussion relative à la réglementation de la prostitution et aux moyens à employer pour s'opposer à l'extension de la syphilis, si un article que j'ai trouvé dans le journal The Lancetj du 2 de ce mois, ne m'avait fait changer d'idée.
M. Grahara Balfour nous a fait connaître les effets désastreux pour l'Angleterre de la suspension des Contagious diseases Acts. Ce document important nous a appris que la non-réglementation de la prostitution a favorisé considérablement les ravages de la syphilis dans le Royaume-Uni. Cela devait être. Le bon sens le plus épais indique qu'il faut retirer de la circulation les filles publiques atteintes de syphilis, pour les empêcher de distribuer d'une main libérale le mal dont elles sont atteintes.
L'article du Laiicet vient à l'appui de la thèse qu'a soutenue avec une conviction profonde et un talent remarquable, l'honorable M. Thiry, la nécessité de la visite médicale des prostituées.
Voici cet article :
« Plusieurs membres du clergé de Woolwich et d'autres personnes influentes se rendent parfaitement compte des maux nés de la suspension des Contagious diseases Ads, et le sujet a été de nouveau mis en discussion devant the Board of Guardians, dans un meeting récent. Le Révérend J. Jordan y a fait la motion suivante : « L'assemblée est d'avis que la suspension des Contagiotis diseases Acts a entraîné, pour la ville de Woolwich, des conséquences déplorables. Le nombre de soldats en traitement à l'hôpital pour maladies vénériennes et syphilitiques s'est accru, la prostitution est plus scandaleuse que jamais et une quantité plus grande de toutes jeunes filles font le trottoir. » Le Révérend Jordan ajoute qu'il est venu à Woolwich, il y a quelques années, avec la conviction que les Acts n'étaient pas nécessaires, mais qu'aujourd'hui, en sa qualité de clergyman attaché à un des plus
(1) Discours extrait du liuUelin de VAcad, roy. de médecine de Belgique, n<> 4, 1887.
mauvais districts de la métropole, il était prêt à affirmer sous serment, devant n'importe quelle commission si on l'en requérait, que non seulement la prostitution était plus florissante que lorsque les Actes étaient en vigueur, mais que le nombre déjeunes prostituées et de mauvaises maisons s'était notablement accru. La motion du Révérend Jordan ayant été appuyée, les débats s'ouvrirent sur cette question. Des vues diverses furent échangées. Cette suspension, a fait observer l'orateur, est due en grande partie à des dames, dont les aspirations étaient généreuses, le mobile sacré, mais ces dames n'en ont pas moins fait de la mauvaise besogne. Elles ignoraient complètement des faits qui n'avaient pu parvenir à leur connaissance et qu'elles n'étaient heureusement pas appelées à connaître. La motion, mise aux voix, fut adoptée par huit voix contre trois. Il faut toutefois remarquer qu'il n'y avait qu'un peu plus de la moitié des membres présents.»
Ce témoinage étant d'une valeur irrécusable, j'ai cru bon de le soumettre à l'Académie.
Je pourrais m'arrêter ici, mais je crois utile à l'Académie de présenter quelques petites observations, sans prétentions, que me suggère ce grave sujet de la prostitution.
Je heurterai peut-être quelques idées reçues, je me trouverai peut-être seul de mon avis pour certains points. Qu'importe! La chose m'est arrivée plus d'une fois dans cette enceinte, par exemple, lorsque je défendais le droit de la femme de devenir docteur en médecine, et le droit de tout médecin régulièrement diplômé d'exercer sa profession dans tous les pays, comme le font les ingénieurs, les architectes, etc.
Si mes idées ne sont pas d'accord sur certains points avec celles de mes honorables collègues, je n'ai d'autre préoccupation que celle du bien, et je dirais volontiers avec un poète contemporain, M. de Laprade ;
Bien dire ne vaut pas bien agir et bien vivre.
Là-dessus, j'aborde mon sujet et je vais mettre carrément les pieds dans le plat.
1. Quelque dégradée que soit une femme, elle reste une créature ' humaine, elle peut se relever de son abaissement. La défense des droits des malheureuses qui nous occupe est confiée à des agents I de police; mais on peut se demander si cette défense est remise en