‹ La prostitution et la traite des blanches à Londres et à Paris... -- Dr MinimeChapitre 10 sur 76 · ABOLITION DES ACTS PAR LE PARLEMENT ANGLAIS · texte numérisé non relu

ABOLITION DES ACTS PAR LE PARLEMENT ANGLAIS

Nous avons parlé plus haut dé l’agitation soulevée contre les acts par l’Association nationale des dames anglaises. A partir de 1869, le mouvement était devenu si puissant que le gouvernement n’osa plus proposerde donner une extension à ces lois spéciales, et en 1870, à la suite d’une motion d’abrogation de M. W. Forster, il était forcé d’instituer une commission royale pour étudier l’influence de la réglementation au point de vue de l’hygiène. Sept médecins sur vingt-trois qui composaient la commission, se prononcèrent pour le maintien des acts; les autres déclarèrent « qu’il n’était nullement prouvé qu’une diminution » quelconque du chiffre des « malades, dans le personnel de l’armée ou de la « flotte fût attribuable à une diminution corres- « pondante des cas de maladie résultant de « l’application du système des visites périodiques « des femmes avec lesquelles le personnel a des « rapports. .<>

Les conclusions scientifiques de la commission royale redoublèrent l’agitation.

En 1872, le cabinet libéral proposait lui-même quelques mesures atténuani^a rigueur législative des apts, mais laissant subsister toutefois les parties essentielles delà réglementation.

Les bills d’abrogation présentés en 1875 et en 1876 par sir Johnston Harcourt ne purent cependant réunir une majorité à la Chambre des Communes.

Aux élections générales suivantes, l’attitude des électeurs avait été telle partout, les candidats avaient dû prendre, à cet égard,des engagements si formels, que la plupart des représentants libéraux ou radicaux se présentaient à la Chambre des Communes avec l'idée bien arrêtée de voter la suppression des àcts à la première occasion.

La Pall Mail Gazette , qui a depuis tant fait parler d’elle, s’était déjà longtemps occupée de cette question et l’avait résolue dans un sens li- ■ béral. Voici ce qu’écrivait en 1883 (1) son éminent directeur, M. Mortley, aujourd'hui membre du Parlement anglais et l’instigateur des révéla^ tions scandaleuses, parues dans ce journal.

; « Si l’opinion publique a vraiment la puissance

qu’on lui suppose comme arbitre de toutes les

,(1) du 13 avril 1883, reproduit dans le Rapport de M. Fiaux a» Conseil Municipal de Paris.

questions, il n’y a point de doute que la loi de réglementation ne soit abrogée avant la fin de la présente session. On afflrmequ’il n’y apas moins de vingt membres du cabinet opposés aux Acts, et il est certain que, dans aucune circonscription électorale où le vote des ouvriers l’emporte, un candidat n’aurait l’ombre d’une chance, s’il les défendait. La classe ouvrière, à tort ou à raison, est imbue de cette idée que cette loi est injuste, parce qu’elle imprime un stigmate sur la femme qui, dans le plus grand nombre de cas, sort de leur classe, et qu’au contraire, cette même loi est tout à l’avantage de l’homme qui a causé le mal et qui est encore, à tort ou à raison, supposé sortir, dans le plus grand nombre des cas, des classes supérieures.

c Si quelqu’un doute de la force de cette antipathie contre les Acts, qu’il aille demander à un ministre ou à un membre du Parlement s’il aimerait à proposer d’étendre à Manchester, â Birmingham où à Londres, la loi qu’il n’affecte à présent qu’à quelques villes de garnison. Le seul motif qui explique pourquoi cette répulsion ne prend pas les proportions d’une agitation tumulteuse, c’est la nature même du sujet qui empêche les gens délicats d’en parler. Quoi que nous pensions des résultats de la loi ou de la possibilité d’en défendre le principe, nous ferons

Page 1