‹ La prostitution et la traite des blanches à Londres et à Paris... -- Dr MinimeChapitre 35 sur 76 · COMMENT LA LOI PROTÈGE LES CRIMINELS · texte numérisé non relu

COMMENT LA LOI PROTÈGE LES CRIMINELS

Le système d’entremise est, ainsi que je l’ai déjà expliqué, devenu une science. La patronne d’un lupanar pauvre cherche ses recrues ellemême, tandis que les riches sont aidées par leurs entremetteuses. Aucune patronne prudente d’une maison de débauche n’admettra chez elle d’autres petites filles que celles qui sont amenées par ses entremetteuses attitrées et de confiance. Les artifices de ces entremetteuses sont innombrables; on en a vu simuler le repentir pour obtenir accès dans un asile où on recueille les femmes déchues dans l’espoir d’embaucher quelque Madeleine repentante pour leur maison. Elles pénètrent dans les hospices pour voir s’il y a possibilité d’y trouver quelques petites filles. Elles se servent des bureaux de placement. Elles assiègent les portes des prisons, lorsque les jeunes filles qui ont été arrêtées pour

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leur première contravention, sont sur le point d’être relâchées à l’expiration de leur peine. Il n’y a pas de supercheries trop subtiles ou trop osées pour elles, pour réussir dans la poursuite de leur gibier : la loi n’offre presque aucune protection contre leurs ruses aux enfants audessus de treize ans. Lorsqu’une enfant de quatorze ans, cajolée ou effrayée ou subjuguée par une force directe quelconque ou par la menace d’une punition corporelle immédiate, consent, même contre son gré, à un acte dont elle ne comprend qu’imparfaitement la nature, la loi intervient pour protéger le séducteur. « Lorsque la permission a été accordée *, dit le digeste des lois criminelles de Stephen, « le fait qu’elle ait été obtenue par fraude ou que la femme n’ait pas compris la nature de l’acte, ri’a aucune importance ».

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