ÉRIC RER
(1) Annuaire slalistique de la France, 1909 et 1910.
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1907 0 à 4 jours | 5 à Y jours 10 à 14 jours! {5 à 29 jours RER RQ EN VER nr © Diarrhée infantile . . 1 29.4 48.4 99.2 Pneumonie et Bronchite......| 415.4 1475 ho 1.9 Débilité congénitale... . | 69.2 LOT 96.4 19.% | Convulsions..... Ti 6.4 Ar 7.5 Méningite....... 0.5 2.2 Rougeole. 15% Le Diphiérieres,: 0.1 Mort violente... 0.5 | Autres causes.... Es 4.4 IR |
Les maladies dont il faut se préoccuper pendant cette
première période sont donc :
19 La diarrhée infantile ; 20 La pneumonie et la bronchite ; 3° La débilité congénitale.
Quelles en sont les causes ?
Pour les affections intestinales, telles que la diarrhée infantile et la gastro-entérite, Balestre et Giletta de Saint-Joseph (1) nous disent :
(Il est probable que la mortalité par diarrhée, en particulier, est plus faible dans les petites localités que dans les grands centres. Nous ferons remarquer que la vie simple des communes agricoles place l'enfant dans un contact plus continu avec la mère, que l'allaitement maternel est prolongé, l'allaitement artificiel moins pratiqué et toutes ces considérations font penser que nous avons bien raison d'incriminer la vie des villes, les tentations qu'elle offre et les manquements continus aux règles de l'hygiène qu'elle entraîne ».
(1) Etude sur la mortalité de la première enfance dans la population urbaine de la France de 1892 à 1897.
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Ces considérations semblent exactes, si l'on considère qu'à Paris, en 1909, il y eut 4.721 décès de 0 à 4 an, dont 1.420 pour cause de diarrhée et d'entérite. Sur ces 1.420, 285 étaient nourris au sein, et 1.135 d'une autre manière.
S1 la mortalité infantile est si considérable chez les enfants nourris artificiellement, et encore si importante chez les enfants élevés au sein, c'est que l'ignorance de la puériculture est pour ainsi dire absolue.
D'ailleurs Budin nous dit dans son Manuel pratique d'accouchement et d'allaitement :
«© Cette mortalité n’est pas étonnante pour qui connaît l'ignorance des mères et des nourrices, les préjugés qui règnent chez elles, les conseils bizarres qu'elles reçoivent et qu'elles suivent ».
Le professeur Pinard ne disait-il pas le 1% mars 1910 ? « Pour que la mortalité infantile soit réduite au minimum, il suffit que les mères soient éclairées ». C'est dans cette idée d'ailleurs qu'il avait fait pendant l’année scolaire 1902-1903, des leçons de puériculture à l'école primaire de jeunes filles du boulevard Pereire à Paris.
La même ignorance est cause des décès dus à la pneumonie et à la bronchite :
«Dans les villes du Midi, disent Balestre et Giletta de Saint-Joseph, où l'on vit en plein air toute l’année, on voit souvent les enfants à demi nus ; n'est-ce pas une indication, et la mortalité par voies respiratoires n'est-elle pas due, en partie du moins, au défaut de soins ? Cette vue n'est-elle pas confirmée par l’expérience des médecins des grands hôpitaux d'enfants ? Cela est si vrai, qu’en juin, la mortalité par maladies des voies respiratoires est plus forte qu'en octobre; on met aux enfants des vêtements plus chauds dès les premières fraicheurs de l'automne, au lieu qu’au printemps, on tend, dans le Midi, à les découvrir trop vite, et on les fait surprendre par les brusques changements de température ».
PER Cu De quelles causes relève la débilité congénitale ?
Les mêmes auteurs nous répondent : « Dans la grande majorité des cas des tares pathologiques des parents, de l'alcoolisme, de la svphilis, de la tuberculose, peut-être des intoxications anciennes par les maladies infectieuses, d'u surmenage des mères pendant la grossesse et de toutes les causes analogues. On n’est donc pas désarmé, si l'on veut en attaquer les causes; quand elle se produit, on n'est pas désarmé encore. Tout récemment, M. le professeur Budin a montré ce qu’on pouvait obtenir avec de la surveillance des soins intelligents ; sous sa direction, à la clinique Tarnier, la mortalité des débiles a varié entre 13 et 2 °)o ».
Sur 1132 décès d'enfants de zéro à un an qui se sont produits à Paris en 1909, 858 étaient nourris au sein et 223 artificiellement.
Sur 345 décès qui ont eu lieu à Baudelocque, de 1901 à 1908, 275 cas sont dùûs à la débilité congénitale dont 261 nés avant terme. Sur ce dernier chiffre on a constaté que 115 femmes avaient travaillé durant‘ la durée de leur grossesse (1).
Que le surmenage soit cause de le débilité de l'enfant, cela ne fait aucun doute pour le D' Jacques Bertillon (2) et le D' Bachimont. Nous l'avons vu en comparant le poids des enfants, dont les mères ont travaillé jusqu'à la fin de la grossesse, avec le poids de ceux dont les mères se sont reposées. D'un autre côté, le surmenage abrège la durée de la grossesse au grand détriment de l'enfant.
. (1)J. Boube. De la mortulité infantile dans les dix premiers Jours de la vie. Thèse, Paris 1909.
(2) Di J. Bertillon. La dépopulation de la France AN, p. 97.