S #. — REMÈDES
Nous venons de voir quels sont les ravages de la mortinatalité, de la mortalité infantile.
Nous avons dit quelles en sont les principales causes. Il nous serait plus difficile d'indiquer, de façon précise, les moyens pratiques de supprimer ces causes, de façon à faire diminuer les progrès de ce déchet social.
Nous avons dit comment la syphilis, la tuberculose, les intoxications des parents sont les principaux facteurs de l'avortement comme aussi de la mortinatalité et de la mortalité infantile.
Comment protéger la femme, la mère, contre la syphilis, contre la tuberculose du mari, lorsque celui-ci n’a rien avoué ? On a proposé bien des expédients, mais aucun moyen vraiment pratique. C'est un aléa formidable contre lequel il est impossible de garantir la femme.
Des philanthropes aux nobles eonceptions ont, par exemple, rêvé la suppression de la syphilis par l'abolition de la prostitution : mais ils ont été obligés de reconnaître que pour abolir la prostitution, il faudrait abolir la misère, ce qui est une utopie. Encore serait-ce suffisant ?
Contre les intoxications professionnelles, il y a quelques remèdes d'une efficacité relative. C'est ainsi que poursuivie impitoyablement par des hommes de cœur, la céruse a été rejetée, on peut l'espérer, sans retour. Dans tous les cas, les gynécologues les plus autorisés préconisent l'éloignement de la femme de son métier pendant la deuxième moitié de la grossesse.
Devant la grandeur du mal que nous venons d'examiner, la nécessité d'une protection de la maternité s'impose. Elle est d'autant plus urgente que le chiffre des femmes