‹ La Protection des Minorités de Race, de Langue et de ReligionChapitre 174 sur 195 · CL · texte numérisé non relu

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Les traités se sont inspirés de cette idée, en confiant à la Société des Nations la garde des clauses de minorités et le. soin de veiller à leur application. Mais la Société des Nations qu'ils ont édifiée est loin de répondre à la conception socialiste. Son droit de contrôle et d'investigation par rapport aux Etats est strictement délimité. C'est que des considérations de fait simposaient aux négociateurs de 1919-1920.

Le Président du Conseil le rappelle à M. Paul-Boncour qui lui présente la thèse socialiste : « Les jeunes nationa- « lités à peine nées et qui, demain, seront de grands peuples, « ont si ardemment désiré la vie que, tout d’abord, parmile « bouillonnement qui accompagne leur naissance, apparaissent « des aspirations plus ou moins vastes et des pensées forcé- « ment égoïstes. Z{ est très difficile d'appeler l'ensemble des peuples à sacrifier suffisamment de souveraineté nationale, « pour qu'une sorte de supernalion finisse par s'élever, pour- « vue de toutes les sanctions matérielles et morales qui « imposent la paix (1). »

Ce même souci de ménager les susceptibilités a conduit les auteurs des traités à reconnaitre les droits des minorités dans la forme qui contrariait le moins les tendances naturellement centralisatrices de l'Etat homogène. C'est ainsi que les droits nationaux ont été stipulés comme des droits individuels, alors que dans la pensée des minorités ils sont et doivent être des droits collectifs. Aussi les clauses de 1919-1920 sont-elles loin de satisfaire, dans leur état actuel, aux aspirations des minorités, qui ne leur ont pas ménagé les critiques.

Telles qu’elles sont, avec leur audace de principe et leurs timidités de réalisation, elles reflètent les tendances contradictoires qui se sont heurtées lors de l'élaboration des traités de paix... Elles représentent uneffortde conciliation entre les

1. Réponse du Président du Conseil à M. Paul-Boncour, Journal officiel du 8 juin 1921, p. 2392.

idées nouvelles de « self-Government » et de solidarité internationale, proclamées au cours de la guerre, etles souvenirs Droit des Gens classique respectueux de la souveraineté de l'Etat... Dans quel sens sont-elles destinées à évoluer ? Autant ait demander : des deux tendances opposées qui se rencontrent en elles. laquelle l emportera en dernier lieu ?

STATISTIQUE DES NATIONALITÉS DANS LES ETATS SUCCESSEURS DE L'EMPIRE AUSTRO-HONGROIS

1° Tchécoslovaquie;

2° Etat serbe-croate-slovène ; 3° Roumanie ;

4° Autriche.

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