Arbeiler-Zeilung, 22 février
« tion desquelles pourvoiront des chambres nationales, élues & sur la base du droit de suffrage universel.
« L'ensemble des territoires autonomes d'une seule et même « nalion formera une union qui pourvoira elle-même à ses « affaires nationales.
« Le droit des minorités nationales est garantie par une « loi spéciale à élablir par le Parlement du Reich. »
La nation, ainsi rattachée au territoire, est aussi, comme l'a expliqué M. Renner, incorporée (eingegliedert) à l'Etat, elle l'est d'un double point de vue :
Le cercle homogène, en même temps qu'unité nationale, est unité politique. Ses organes exercent les attributions de la puissance publique, et, dans ce domaine, relèvent directement de l'Elat.
La nation, dans son ensemble, représentée par l'union nationale, prend part au gouvernement du Reich, en colla-boration avec les autres nations. C'est ce que M. Renner appelle « les droits de citoyen » de la nation. L'Etat composé de nations, tel qu'il le conçoit, Etat « surnational » (übernational), est formé du faisceau des diverses « unions nationales ». C'est une « Société des Nations » (Volkerbund)..
ILT. — La @ Dougze Commune »
Du Reich, le Congrès de Brünn a ramené le problème au cercle. Ila même été plus loin, en prévoyant qu’une solution devrait intervenir concernant ies minorités du cercle. Mais, celte solution, il l’a remise à l'avenir. C’est à la préciser qu'Olto Bauer et Karl Renner devaient dans la suite employer leurs efforts. ,
Dans ce dernier retranchement du problème des nationali tés, qu'est le cercle hétérogène, les deux systèmes opposés : territorialisme et personnalisme, devaient s'affronter à nouveau.
Otto Bauer propose d'organiser les minorités du cercle suivant le système personnel: « Les minorités nationales à l'in- « térieur de chaque lerritoire autonome, écrit-il, devront être
« constituées en corps de droit public (als ôffentlich-recht- « liche Korperschaften) s'occupant de façon autonome de « l’école de la minorité nationale, et prêtant aide à leurs natio- « naux devant l'administration et les tribunaux ('). »
Au contraire, Karl Renner, à l’organisation des minorités dans le cercle, applique les.mêmes principes qu'à celle des nationalités dans le Reich. Il cherche une unité territoriale qui puisse lui servir de base ; il descend jusqu’à la cellule de la vie sociale, à la commune... El comme la commune ellemême peut être mixte, il crée sa formule de la double commune .
Cette formule, il ne l’a pas inventée de toutes pièces ; il l’a trouvée dans l'Europe Centrale. Pendant des siècles, en Pologne, le « Kahal » ou commune juive a fonctionné à côté de la municipalité chrétienne (*). La commune juive, bien que réduite dans ses attributions, subsiste aujourd’hui en Pologne Russe sous le nom de « commune juive », en Galicie et dans d'autres parties de l’Autriche (en Moravie par exemple) sous le nom de « Commune Cultuelle » (°).
Chaque commune mixte, d’après M. Renner, doit être ainsi . divisée :
1° Une commune nationale de la Nation A. ;
2° Une commune nationale de la nation B. ;
3° Une commune politique, commune aux deux précédentes.
Aux deux communes nationales, une compétence exclusive dans les questions nationales ; à la commune politique, la compétence dans les matières qui intéressent également tous les habitants. Elle sera, vis-à-vis des précédentes dans la mème situation que l'Etat « Surnational » vis-à-vis des unions nationales, une société des nations. À la compétence des com-
1. Otto Bauer, Nationalilætenfrage und Sozialdemokratie® p. 462.