LES MINORITÉS NATIONALES ET LES GRANDS CONGRÉS DU XIX: SIÈCLE
Les questions religieuses ont dominé Ja politique des Etats dans la période des « Temps Modernes ». Au contraire, ce n'est qu'avec « l’'Epoque Contemporaine » que l’idée nationale apparait dans sa forme actuelle. Pour la révéler à ellemême, pour lui donner une signification politique, il a fallu le concours d'événements, qui, à la fin du xvmir° siècle et dans les début du x1x°, bouleversera l’Europe dans son équilibre politique et moral : les Constitutions Révolutionnaires françaises faisant passer tout principe de souveraineté de la personne du Gouvernant à celles des gouvernés, de la Monarchie à la « Nation » ; les victoires de la Révolution et de l'Empire brisant les cadres hiérarchiques des « Temps Modernes », supprimant la multitude des petites principautés d'Allemagne et d'Italie, simplifiant la carte d'Europe ; enfin la croisade des souverains en 1813, obligée, pour obtenir, aans sa lutte contre Napoléon, l'appui des peuples, de faire appel à ces sentiments et à ces passions que la Révolution avait éveillés et que l’Empire avait tenté de capter à son profit.
Aussi, tandis que les premières clauses concernant le libre exercice du culte datent du lendemain des traités de Wesphalie, il faut arriver aux grands Congrès du xix°, au Congrès de Vienne et au Congrès de Berlin, pour trouver des stipulations relatives aux droits nationaux. Encore ces stipulations se présenlent-elles toujours comme le règlement de problèmes locaux, sans atteindre à aucun moment à la généralité de celles qui. dans le traité de Berlin, visent la liberté de conscience.