OBSERVATION III
Jeune primipare 19 ans, bien constituée, périnée souple. L’apparition de la tête se fait sept heures et demie après le début de la période de dilatation. Contention pendant demi-heure. L'enfant sort sans rien léser. Il pèse 2 kil. 800. Déformation vulvaire. Décubitus dorsal. OI G A. Rs
Sans doute on peut contester comme définitif ce résultat de 10 déchirures pour cent et portant uniquement sur la fourchette. Une plus longue épreuve diminuerait peut-être le nombre moyen de succès. Il y a ici, comme partout, des séries heureuses, jusqu’au jour où la chance tournera. D'ailleurs, j'ai fait trop bon marché des statistiques apportées par les auteurs pour vouloir imposer la mienne comme suffisante. C’est pour cette raison que j'ai insisté sur les arguments théoriques, qui ne peuvent guère, je crois, être réfutés que par les insuccès pratiques de la méthode.
Certainement, il y a eu encore trois accidents pour ?9 accouchées, et, théoriquement, il ne devrait y en avoir aucun. Mais cela prouve-t-il quelque chose contre la valeur de la méthode ? Le résultat devrait être toujours favorable, il le serait si toutes les parturientes jouissaient de la même vigueur, de la même santé, de la même docilité ; si tous les tissus offraient le même degré d’extensibilité, toutes les vulves la même conformation, tous les raphés la même résistance, toutes les grandes lèvres la même dépressibilité. Pratiquement, il est loin d’en être ainsi, et on ne peut pas plus songer à rendre souple et résistant un périnée œdématié, par exemple, qu’à diminuer le volume trop fort du fœtus. Contre les causes idiosyncrasiques et prédisposantes, il n’y a rien à opposer. Il suffit donc, pour être acceptable, qu’un procédé lutte avantageusement contre les causes déterminantes
de déchirure et annule leurs fâcheux effets dans la mesure du possible. C’est, je crois, le cas de celui-ci, et la pratique D’y à pas encore fait découvrir de défaut trop considérable. Je veux bien admettre qu’une longue épreuve puisse peut-être monter la moyenne d’insuccès, mais, si 29 observations ne forment pas un total bien élevé, il semble pourtant difficile de les regarder toutes comme exceptionnelles. Jusqu’à preuve décisive, cette méthode m’a donc paru assez rationnelle pour être exposée ici.
En tout cas, il est facile et sans danger de !a mettre à l'épreuve. Elle est simple et ne prend pas un temps qui puisse être utilement employé d’une autre façon, puisque c’est seulement pendant l'expulsion de la têle qu’on doit commencer à la mettre en pratique. Sans doute, elle ne peut être vraiment efficace à elle seule, si la dilatation du plancher n’a été d’abord préparée, mais elle complète les autres manœuvres, et, si elle les complète de façon utile, ce sera déjà bien assez
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