LE PROTECTORAT
Dans les dernières années du dix-neuvième siècle, la diplomatie française, désireuse de ne pas éveiller certaines convoitises et de ne pas froisser certaines susceptibilités, crut devoir suivre à Tégard du Maroc une politique d'attente et d'effacement. Sans doute, elle se préoccupa d'obtenir la réglementation de la protection consulaire \ la neutralisation du sémaphore de SparteP et l'amélioration du régime commercial^; mais, en dehors de ces questions, elle ne voulut prendre aucune initiative, se contentant de faire régler les incidents de frontières et les autres menus litiges. Il fallut la survenance de certains événements pour modifier son attitude.
De 1901 à igoS, des faits très graves se succédèrent sans interruption : les agressions des nomades dans la région saharienne, les intrigues des agents anglais à
1. Convention internationale du 3 juillet 1880 concernant l'exercice de la protection au Maroc.
2. Accord des 27^29 janvier 1892 relatif au sémaphore du cap Spartel.