‹ La protectriceChapitre 22 sur 28 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Les mêmes , CHARLKS , tenant un papier.

CHARLES , ù part.

Elle ne s'est pas fait attendre, j'espère; (.iyercevantla Baronne. ) -Ah! ma tante...

LA BARONNE

Que tenez-vous là, Charles ?

CH.\RLES.

Cela... ma tante... c'est une lettre qui vient du ministre...

Pour moi ?

CHARLES

Non, pour moi.

LA BARONNE

Est-ce que ce serait votre nomination à la place que vous sollicitiez?...

LÉON

Comment... je vous croyais décidé a acheter une charge d'agent de change.

MAGASIN THEATRAL

CHARLES

Et moi aussi... mais j'ai changé d'avis!.., l'idée d'être fonctionnaire public m'a séduit.

LAUHG.

Et vous avez été nommé?...

CHARLES

Receveur particulier à Briançon.

LÉoji, vivement.

A Briançon?...

CHARLES, tristement.

Département des Hautes-Alpes!... trois cents lieues de Paris!...

LÉOX.

ABrian(onI... est-ce possible?...

CHARLES

Parbleu!... voici le brevet...

LAURE, bas.

Est-ce que ce serait...

LÉON, à part.

La place que M. de Bercourt m'avait promise... Oh! j'aurais dû le prévoir... rien ne me réussit à moi...

LA BARONNE

Léon... restez... {Au Domestique.) Dites à M. Durieu de revenir...

LÉON

Vous avez entendu...

CHARLES, qui a regardé si ilf"" de Simiale ne le voyait pas, à Léon.

Dites donc , en entrant je viens de rencontrer là votre créancier.

LÉON, bas.

M. Durieu?

CHARLES

Avec un huissier.

LÉON

Ah! il vient sans doute réclamer ce que je lui dois... son jugement à la main... Et cette place qui eût été pour lui une garantie m'échappe... Eh bien! qu'il use de son droit... je vais le trouver.

Il va pour sortir, la Baronne, qui a tout observé et tout écouté, s'avance vers lui.

LA BARONNE, à demivoix. Léon, restez.

LÉON

Pardon, on me demande.

LA BARONNE

Restez; j'ai vu M. Durieu tout-à-l'hcure.

,, LÉON

vous !

LA BARONNE

11 m'a remis ces papiers pour vous.

Elle lui donne des papiers.

LÉON

Mes billets... acquittés... par vous?... {Avec dignité.) Ob ! jamais !...

Il veut rendre les billets.

LA BARONNE

C'est vous qui les avez soldés, Léon.

LÉON

Moi?

LA BARONNE

Grâce à l'héritage de votre mère.

LÉON

Il se pourrait... 6 ma mère, c'est l'honneur que tu me rends...

Vous ne me devez rien que d'avoir suivi cette affaire et de l'avoir terminée à propos.

LÉON

Oh! comment vous remercier!...

LA BARONNE, ovec Une grande douceur.

Croyez-vous donc me cacher aucun de vos chagrins, Léon?... oubliez-vous qu'avant tout je vous veux heureux?... Je connais mieux que vous la vie, fiez-vous à moi!... vos amis peuvent vous tromper, vos espérances s'évanouir, mais moi, je serai toujours là...

LÉON, ému.

Ah! vous avez raison... vous êtes ma seule, ma véritable amie!... Quand le désespoir va venir. c'est toujours vous que je trouve pour me secourir... Ah! je suis un ingrat.

LA BARONNE, lui donnant la main.

C'est bien !

LAURE, qui causait à l'écart avec Charles, aperçoit ce mouvement.

Que vois-jeî

CHARLES, à part.

Ah! diable!

LA BARONNE

Charles, je vais écrire un mot à mon notaire, M. Dervilly; vous trouverez chez lui les fonds qui vous sont nécessaires pour votre établissement. Quant à vous, Laure, je vais voir votre tuteur; il veillera lui-même à l'exécution de ce qui est convenu. Je le verrai avant de partir.

LAURE, vivement.

Vous quittez donc Paris?

Ce soir même.

LÉON

Que dites-vous?

De Bercourt.eulte.

LA BARONNE

Rien ne me retient plus... vos affaires sont terminées... nous partons ensemble pour l'Italie!...

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