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CHAPITRE PREMIER

« Rien n’est nouveau sous le soleil ; et nul » ne peut dire, voici une chose nouvelle : car elle » a déjà été dans les siècles qui se sont passés » avant nous. — On ne se souvient plus de ce » qui a précédé et de même les choses qui » doivent arriver après nous seront oubliées de » ceux qui viendront ensuite. » (Ecclésiaste, chapitre 10 et II.)

Ainsi disait Salomon, fils de David, qui régna quarante ans dans Jérusalem sur tout Israël.

Et trente siècles ont consacré cette réflexion de celui dont le Livre des Rois, (Liv. III, chap. I V,) . a pu dire : « Dieu donna à Salomon une sagesse » et une prudence prodigieuse, il était plus sage

» que tous les hommes et tous les rois de la terre » envoyaient vers lui pour être instruits par sa » sagesse. »

Ces souvenirs bibliques me revenaient à l’esprit, en songeant aux éminents services que rend l’art dentaire aujourd’hui si perfectionné. Pour beaucoup de personnes cet art semble né d’hier, ce serait une création des écoles Américaine et Anglaise, il n’aurait pas de raçines dans le passé et la magnifique floraison dont il nous oftre le spectacle n’aurait pas été préparée par le long cours des siècles.

Avant de croire en médecine à la soudaine apparition d’une nouveauté, rappelons nous toujours ce mot de Littré « il n’est pas de dévelop- » pement, le plus avancé de la médecine contem- » poraine qui ne se trouve en embryon dans la » médecine antérieure » .

Si l’art dentaire consiste dans le nettoyage, le limage, la cautérisation, l’obturation, l’extraction des dents, ainsi que dans la pose des dents artificielles, le redressement des dents déviées et le raffermissement thérapeutique ou mécanique des dents vacillantes, on peut dire que l’art dentaire remonte à la plus haute antiquité.

Les anciens ont fait tout cela ; ouvrez les écrits des médecins grecs, latins, arabes, lisez

les auteurs du moyen-âge et vous y trouverez les noms de chacune de ces opérations. Je dis le nom, je ne dis pas la description ; les auteurs anciens ne peignent pas, ne décrivent pas les choses dont ils parlent comme le font les savants modernes en leur style d’une prolixité parfois aussi fatiguante qu’inutile. La concision est la caractéristique de leurs écrits ; en un mot, ils vous présentent un instrument, en une phrase, ils vous exposent une opération.

Vieux comme la médecine elle-même, l’art dentaire s’est perfectionné à travers les âges. C’est la loi qui régit la marche des connaissances humaines. « Les sciences, dit Guy de Chauliac, » sont faites par addition, n’estant possible qu’un » mesme commence et achève. Nous sommes » comme enfans au col d’un géant, car nous pou- » vons voir tout ce que voit le géant et quelque » peu davantage. » fGuv de Chauliac — Grande Chirurgie, i363.)

Malheureusement au cours des siècles, les enfants sont parfois descendus des épaules du géant et leurs horizons se sont rétrécis. Tombé au moyen-âge aux mains de grossiers empiriques, l’art dentaire a rétrogradé ; on trouve bien encore dans les écrits de cette époque les mêmes préceptes que les anciens avaient exposés, mais

ils restaient confinés dans les livres, sans profit pour les malades. Les médecins n’exerçaient plus l’art dentaire. « Ces opérations, dit Guy de » Chauliac en 1363, sont propres aux barbiers » et dentateurs ou arracheurs de dents et pour » ce les médecins leur ont quitté la dite opéra- » tion. » Mais les livres écrits par les médecins n’étaient pas lus par les barbiers, dentateurs et autres arracheurs de dents, et l’art dentaire tombé aux mains d’hommes ignorants se bornait à l’arrachement de toute dent douloureuse ou malade. Cette situation ne se modifia pas du XI ou XVIIL siècle, ni l’art, ni les artistes ne se relevèrent dans la considération publique. Les arracheurs de dents exerçaient leur profession dans les carrefours, les places publiques, sur les ponts, attirant la foule autour d’eux par des parades dignes des pitres de la foire, se rapprochant bien plus de la classe des saltimbanques que de celle des chirurgiens. Aussi un réglement de police du 30 Mars 1635 confond dans le même article « les vendeurs de Thériaque, arracheurs » de dents, joueurs de tourniquets, marionnettes, » chanteurs de chansons. »

Un siècle plus tard cette profession de dentiste ne s’était pas relevée encore du discrédit dans lequel elle était tombée, puisque Dionis

conseillait en ces termes à ses confrères de ne pas pratiquer l’extraction des dents « si je con- » seille aux chirurgiens de ne pas pratiquer cette » opération, c’est qu’elle me parait un peu tenir » du charlatan et du bateleur. »

Ne demandez pas à ces saltimbanques de remplaçer par des dents artificielles, celles qu’ils ont arrachées à tort ou à raison. Ils ne connaissent plus cette prothèse dentaire si admirablement exécutée par les Phéniciens, les Grecs, et les Etrusques et dont la description se retrouve encore dans la chirurgie de l’arabe Albucasis au X® siècle. On ne portait plus de râtelier parce qu’on ne savait plus les faire.

Le besoin de remplaçer par des dents artificielles celles que nous avons perdues s’impose absolument. L’absence d’une ou de plusieurs dents vicie la prononciation ; les maladies de l’estomac sont souvent la conséquence d’une mastication incomplète. Les dents ajoutent à la beauté du visage et entretiennent sa jeunesse par le soutien qu’elles prêtent aux joues et aux lèvres. Telles sont les raisons qui ont fait naître la prothèse dentaire dès les temps les plus reculés.

L’absence de dents a toujours été un sujet de railleries, si haut que nous remontions le cours des âges.

Nous lisons dans une des comédies d’Aristophane jouée pour la première fois 408 ou 409 ans avant notre ère « Plutus » l’amère plaisanterie qu’un jeune homme adresse à une vieille femme qui veut lui imposer ses faveurs.

Le JEUNE HOMxME. — Veux tu jouer un moment

avec moi ?

La vieille. — A quel jeu ?

Le jeune homme. — A deviner combien tu as de

dents.

ChrExMVLE. — Je devinerais bien aussi ; elle en a trois peut-être ou quatre.

Le jeune hOxMxME. — Tu as perdu, elle n’en a

qu’une grosse.

La VIEILLE. — Méchant hommme, tu es donc fou de me laver ainsi la tête devant tout le monde.

Le jeune hOxMME. — Ce serait un bonheur pour

toi qu’on lavât toute ta personne.

ChrExMYLE. — Non pas car elle est toute fardée, si on lavait cette céruse, les rides de son visage frapperaient tous les yeux.

Au moyen âge la prothèse dentaire disparait et elle est bien longue à renaître. C’est dans les hautes classes de la Société que l’on prise le plus

ses avantages, et nous allons montrer par quelques exemples empruntés à des personnages royaux que l’usage des râteliers avait disparu à une certaine époque.

Quand St-Louis mourut en 1270 à l’âge de 55 ans, sa mâchoire ne possédait plus qu’une seule dent. Cette relique fut longtemps conservée dans le trésor de St-Denis et nous lisons dans l’inventaire manuscrit de cette collection dressé en 1634 et publié par d’Ayzac : « La mandibule » de ^lonsieur St-Louis, Roy de France, toute » entière défaillante à l’exception d’une dent, » (Histoire de l’abbaye de St-Denis, t. 1 1. p. 848.)

Quand plusieurs jours après la bataille de Nancy (1477) on retrouva le cadavre de Charles le Téméraire, dépouillé de ses vêtements et de son armure, on ne put le reconnaître aux traits de son visage trop profondément altérés, « On » le reconnut, dit Jean de Troyes (Chronique, » édit. Midland, t. IV,) à six choses, la première » et la principale fut aux dents de dessus, les- » quelles il avait autrefois perdues par une » cheute. »

Plus près de nous, dans la période moderne, nousvoyons Louis XIV affligé d’une très mauvaise denture ; trente ans avant sa mort il ne lui en

restait presque plus à la mâchoire supérieure et celles d’en bas étaient toutes cariées.

Son épouse de la main gauche, Madame de Maintenon né’tait guère mieux partagée. Elle écrivait en 1714 à la Princesse des Ursins : « Je » ne vois presque plus, j’entends encore moins, » on ne m’entend plus parce que la prononciation » s’en est allée avec les dents. » (Madame de Maintenon d’après sa correspondance, par Gejfroy, t. IL p. 332.)

Si d’aussi hautes personnalités n’ont pas eu recours à des dents artificielles dont la nécessité s’imposait à tant de titres, c’est que l’art de les plaçer avait disparu ou tout au moins était si mal exercé qu’il était plus pénible de porter un râtelier que de subir les infirmités provoquées par la perte des dents naturelles.

Les râteliers de cette époque étaient si vicieux dans leur construction qu’on devait les ôter pour manger. Tallemant des Réaux nous rapporte que « Mademoiselle de Gournay, fille » d’alliance de Montaigne, avait un râtelier de » dents de loup marin, elle l’ostait en mangeant » mais le remettait pour parler plus facilement » et cela assez adroitement à table, quand les » autres parlaient elle ostait son râtelier et se dépeschait à doubler les morceaux et après elle

» remettait son râtelier pour dire sa râtelée. » (Historiettes, t. II. p. 846.)

Dans une œuvre satyrique publiée en 1G05 par Artus d’Embry sous le titre de « description » de l’isle des Hermaphrodites » nous lisons « que beaucoup d’entre eux avaient des dents arti- « ticielles qu’ils avaient ostées devant que se » mettre à table. » (Vie privée d’autrefois par Alfred Franklin.)

Le râtelier de cette époque ne servait donc pas à la mastication des aliments, c’est aujourd’hui son rôle principal et dont l’importance dépasse de beaucoup celui qu’il remplit dans la prononciation et la conservation des traits du visage.

Peu à peu les dentiers se perfectionnèrent, en 1780 le dentiste Landoucette annonçait « qu’il » venait d’imaginer de nouveaux ressorts, en or » pour maintenir avec toute la solidité possible » les mâchoires artificielles dans l’usage de la » mastication et de la parole. Elles servent sur- » tout à défaut de dents naturelles à une tritura- » tion des aliments, ce qui, comme l’on sait, est » la base de toute l’économie animale. » (Vie privée d’autrefois par Franklin.)

En 1783 Sébastien Mercier écrivait : « dési- » rez-vous remplacer les dents qui vous ont été

» enlevées, les dentistes sont à votre disposition. » Le plus étonnant dans son art se nomme Catalan » rue Dauphine, Il vous fera un râtelier complet, » avec lequel vous broyerez tous les aliments » sans, gêne et sans effort. » (Tableau de Paris, t. S. p. yS.)

Après des siècles d’oubli voilà donc le râtelier rentré dans la pratique courante et rendant par sa construction perfectionnée les mêmes services qu’il avait, sous une autre forme, rendus dans l’antiquité.

Si la prothèse dentaire fut abandonnée longtemps par les dentistes devenus incapables de la pratiquer, si elle fut oubliée pendant la longue décadence scientifique du moyen-âge, il nous faut reconnaître aussi que beaucoup d’auteurs chirurgicaux gardent à son égard un silence complet, Galien au IL siècle, Aétius à la fin du V^, Paul d’Egine au VIL n’en parlent pas. Je m’explique ce silence en pensant que les chirurgiens avaient abandonné cette opération à des spécialistes, aux dentistes, ils ne s’en occupaient plus. Il y a de ces lacunes singulières dans les écrivains antiques. Celse au I^^ siècle ne mentionne nulle part dans son livre de Re Medica, l’existence du spéculum, or il devait évidemment connaître cet instrument dont les fouilles de Pompéi ont

remis au jour plusieurs exemplaires. Mais les littérateurs nous permettent parfois de combler les lacunes que nous trouvons dans les écrivains scientifiques. Galien, médecin grec ne parle pas plus de la prothèse dentaire que si elle n’existait pas, mais son contemporain du 11^ siècle Lucien nous montre qu’en Grèce cette opération se pratiquait ; écoutons-le, il dit dans le Maître des Orateurs :

« Peu après je devins l’amant d’une femme » âgée et je vécus assez grassement à ses dépens, » en feignant d’être amoureux de cette beauté » septuagénaire à laquelle il ne restait plus que » quatre dents attachées avec un fil d’or. La » pauvreté me forçait à subir ce rude travail et » me faisait trouver délicieux ces baisers froids » cueillis sur le bord d’un cercueil. »

Nous voyons par ces quelques lignes empruntées à Lucien qu’au IL siècle la prothèse dentaire était en usage en Grèce comme elle l’était en Phénicie et en Italie. Le silence de Galien ne prouve rien, si ce n’est qu’il n’a pas voulu parler d’une opération que les chirurgiens ne pratiquaient plus.

Évidemment de Celse à Galien elle n’avait pu se perdre et elle ne s’est pas perdue davantage dans la suite des temps puisque nous la retrou-

— le-

vons dans le traité de chirurgie de l’arabe Albucasis qui écrivait au X® siècle.

Nous lisons au §. xxxiii « si les dents » antérieures sont branlantes, si elles ont été » heurtées dans un coup ou dans une chute, si le » malade ne peut plus mâcher et que l’on ait » inutilement traité par les médicaments astrin- » gents, il ne reste plus d’autre ressource que de » les consolider par des fils d’or ou d’argent. » L’or est préférable. En effet l’argent s’altère et » verdit au bout de quelques jours, tandis que w l’or ne se laisse pas attaquer et se conserve » toujours dans le même état. Le fil sera d’un « calibre moyen et proportionné à la largeur de » l’intervalle qui sépare les dents.

» Voici la manière d’établir cette sorte de )) réseau. Vous introduirez votre fil plié entre » deux dents saines : avec les deux bouts de ce » fil vous enlacez les dents branlantes soit une, » soit plusieurs et vous prolongez votre réseau » jusqu’à ce que vous dépassiez les dents bran- » lantes et que vous atteigniez les dents saines. » De là vous retournez en continuant votre lacis » jusqu’au point où vous aviez commencé. Vous » serrez soigneusement et habilement de manière » que les dents ne branlent plus. Vos fils doivent » porter à la base des dents, pour ne pas se dé-

» placer. Vous coupez avec des pinces les deux » bouts du fil exubérant, vous les tordez avec » des tenettes et vous les placez contre une dent » saine, de telle sorte qu’ils ne blessent pas la » langue. Vous laissez les dents ainsi liées tant » qu’elles se maintiennent. Si le fil se relâche ou » se rompt, il faut lier avec un fil nouveau qui » devra être conservé à perpétuité.

» On peut aussi remettre en place une ou » deux dents tombées et les consolider comme » nous venons de le dire et elles se maintiendront. » Il faut pour cela une main légère et exercée.

» On remplace aussi quelques fois les dents » par des morceaux d’os de bœuf que l’on taille » en forme de dents et que l’on pose à la place » de celles qui sont tombées, on les assujettit » comme nous venons de le dire et l’on s’en » trouve bien. »

Si l’école arabe nous montre, en ses écrits, qu’elle possède les secrets de la prothèse dentaire, il ne faut pas en inférer qu’elle ait imaginé cette opération. L’originalité lui manque toujours, elle n’invente jamais, elle reste la copie de l’école grecque. Le Kalifat d’Occident (Maures d’Espagne) possédait six académies, celle de Cordoue, celle de Grenade, celle de Tolède, celles de Séville, de Valence et d’Almeira. Cha-

cune de ces académies avait une bibliothèque remplie des plus précieux manuscrits. Celle de Cordoue, ou professait Albucasis, n’en comptait pas moins de 600.000.

C’est la prothèse grecque que nous retrouvons dans les écrivains arabes. C’est encore elle que nous retrouvons au XIV^ siècle dans Guy de Chauliac. Nous lisons au § de la dent esbranlée et affaiblie, Grande Chirurgie « si les médi- » caments ne servent de rien, que les dents soient » liez d’une chainette d’or avec les saines, comme » dit Albucasis. Et s’ils tombent qu’on y mette » des dents d’un autre ou qu’on en forge d’os de » vache et soient liez finement et on s’en sert » longtemps. »

Au XVI® siècle nous la retrouvons encore dans Ambroise Paré. Nous lisons au § xxvi du XVII livre : de plusieurs indispositions qui adviennent aux dents « si le branlement des dents vient » par coups ou cheutes et si elles sont aucunne- » ment hors de leur place, le chirurgien les » réduira et les liera aux autres proches qui sont » fermes et entières et ne les doit-on achever » d’arracher, car elles se peuvent s’affermir et » tenir fermement en leurs alvéoles. »

Voilà donc bien le procédé antique d’affer-

mir les dents vacillantes en les liant aux dents voisines restées fermes.

Paré au § iii du livre xxiii expose la manière d’accommoder les dents artificielles. « Quelques » fois par un coup orbe ou autrement, les dents » de devant sont rompues ce qui fait que puis » après le patient demeure édenté et défiguré » avec dépravation de sa parolle. Par quoy » après la cure faite et que les gencives seront » endurcies, luy en faut adapter d’autres d’os ou » yvoire faites par artifice lesquelles seront liées » aux autres dents proches avec fil commun d’or » ou d’argent comme nous apprend Hippocrate » au livre De articulis sect 2. sent 25. » (Œuvres d’Ambroise Paré iSSS. Paris chez Gabriel Becon.)

La tradition scientifique ne se perd donc pas, nous la suivons à travers l’antiquité, le moyenâge et la période moderne, toujours la même. Mais la pratique n’est pas à la hauteur de l’enseignement ; il ne manque pas de médecins instruits pour signaler les nécessités de la prothèse, mais il est probable que les mécaniciens qui devaient l’exécuter faisaient défaut. Un bon râtelier est une œuvre artistique exigeant pour sa confection une main aussi habile qu’expérimentée, le moindre défaut le rend insupportable à celui qui doit l’utiliser.

Ces ouvriers habiles n’existaient plus au mo3^en-âge et les œuvres imparfaites qu’ils produisaient en ce genre, n’ont servi qu’à discréditer la prothèse dentaire.

Si haut que nous remontions dans l’histoire de notre art, nous retrouvons cette pratique chez divers peuples. Elle n’est pas seulement signalée dans les livres scientifiques et littéraires comme une conception théorique, c’est une opération fréquemment faite. Les tombeaux Phéniciens, Grecs, Etrusques nous ont dans ces dernières années montré dans leur réalité les râteliers construits par les dentistes de l’antiquité et ces rares spécimens échappés à tant de causes de destruction, nous révèlent toute l’habileté de ceux qui les construisirent il y a plus de 2000 ans. Et les regardant, on peut dire avec Salomon: Nil novi sub sole ! Non, il n’y a rien de neuf, pas même ce grand principe qui domine aujourd’hui la thérapeutique dentaire : « guérissez, n’arrachez pas. » On l’avait oublié jusqu’en ces dernières années et le voyant apparaître sous l’influence des travaux des écoles Américaine et Anglaise, on l’avait pris, pour une nouveauté. Mais l’Arabe Albucasis au X® siècle le formulait avec la même précision que les modernes.

« Vous devez combattre les affections des

» dents par tous les moyens et toutes les ressour- » ces dont vous disposez et différer autant que » possible leur extraction. En effet les dents une » fois arrachées ne peuvent plus se remplacer, » car c’est une noble substance. » Et neuf siècles auparavant Celse disait : « si une dent est cor- » rodée, on ne doit l’extraire que si le cas l’exige.» {Lw. VL § IX).

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