‹ La Protrusion Acétabulaire IntrapelvienneChapitre 10 sur 35 · LE BASSIN D'OTTO · texte numérisé non relu

LE BASSIN D'OTTO

La première description anatomique en a été faite par Otto en 1824 sur une pièce de musée, et comme c’est elle qui a servi de base à toutes les études ultérieures, nous nous permettrons d’en citer les grandes lignes :

«Ce bassin d’une femme adulte, est dans son ensemble à peu près normal dans ses dimensions et dans sa structure, et il ne se trouve caractérisé que par le fait que les têtes fémorales sont profondément engagées dans leurs cavités cotyloïdes, dont les fonds proéminent loin dans le petit bassin. Il y a ankylose plus ou moins complète.

Du côté droit, le fond du cotyle bombe dans le bassin comme la moitié d’une orange, et la paroi osseuse qui la constitue est arrondie, lisse, assez régulière, ayant à sa base des diamètres de deux pouces 3/4, et la profondeur centrale étant de 1 pouce 1 /2.

Au sommet, qui correspond à peu près au centre de la cavité cotyloïde, existe une perforation, irrégu-

lièrement arrondie, ayant 1 pouce 1/2 de diamètre,

Fute

correspondant à une destruction osseuse qui a dû être recouverte, à l’état frais, par du périoste, et qui établit actuellement une communication entre la ‘cavité cotyloïde et le pelvis. L’acétabulum fait saillie dans le pelvis à tel point qu'il contient non seulement la tête fémorale, mais encore le col, qui a cependant une longueur normale et que le grand trochanter s'articule avec le sourcil cotyloïdien. Toute la cavité cotyloïde est lisse en son intérieur, ainsi que la tête fémorale, mais ils ont tous deux perdu leur revêtement cartilagineux et ont. un aspect usé et polissé.

La partie de la tête juxtaposée à la perforation cotyloïdienne est rugueuse et rongée. Le sourcil cotyloïdien est rugueux et irrégulier, un peu épaissi, rétréci autour du col fémoral, de telle manière que la tête fémorale ne peut être énucléée de sa cavité.

Le ligament transverse de l’acétabulum est ossifié. Comme le grand trochanter s’appuie contre le sourcil cotyloïdien rugueux et que le col aussi est le siège d’aspérités, et que le petit trochanter butte contre l’ischion dans l’extension, les mouvements de l’abduction et de l’extension sont impossibles, la flexion et l’adduction étant possibles dans une certaine mesure.

La mobilité est réduite à tel point que lorsque la femme était en position verticale, les cuisses formaient avec le tronc un angle droit.

La hanche gauche montre des déformations ana- Martin 2

logues. La cavité cotyloïde est moins proéminente, le col fémoral n’est pas entièrement caché en elle.

Mais le sourci] cotyloïdien est encore davantage épaissi et rétréci, et le col est le siège de proliférations variées. Il en résulte que les mouvements sont encore

plus réduits.

Le ligament transverse de l’acétabulum est égale-

ment ossifié ».

ÉTIOLOGIE

L’étiologie de cette affection est d’autant plus discutée qu'elle est restée jusqu’à nos jours dans le domaine de l’hypothèse. En effet, peu de choses sont établies avec certitude. Et, comme dit Schaap, chaque auteur ne disposant que d’un nombre restreint de cas, le nombre des hypothèses est d’autant plus grand. Cependant on peut dégager des connaissances actuelles un certain nombre de faits.

Le sexe féminin est atteint dans une proportion approximative de 83%. En effet, sur 59 cas, 49 fois

il s'agissait de femmes.

En ce qui concerne l’âge, la protrusion acétabulaire est dans la plupart des cas observée aux alentours de la cinquantaine, mais on la rencontre fréquemment

sur des sujets plus jeunes.

ay ie

En dehors de ces conditions, qui n’ont rien d’absolu, on admet actuellement deux facteurs :

— un facteur infectieux,

— un facteur mécanique.

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