‹ La Protrusion Acétabulaire IntrapelvienneChapitre 11 sur 35 · I. FACTEUR INFECTIEUX · texte numérisé non relu

I. FACTEUR INFECTIEUX

La tuberculose a été invoquée par nombre d'auteurs, niée par d’autres. C’est que, comme le fait remarquer Henschen, la coxalgie produit en général des lésions trop étendues et le synchronisme indispensable des processus destructif et constructif n’est pas réalisé. Par contre les formes rhumatismales (Rhumatisme de Poncet) ne paraissent pas assez destructives pour pouvoir produire la protrusion acétabulaire. Cependant on connaît actuellement au moins quatre cas, dans lesquels la nature tuberculeuse était vérifiée par l’atteinte d’autres organes.

Le tabès est représenté dans l’étiologie du bassin d'Otto par trois observations, faites sur des cadavres :

1° par Ponfik (Berl. Klin. Wochenschr, 1872),

20 par Ch. Féré (Arch. de neurologie, IV, 1882),

3° par Hale White (Brit. Méd. Journ. 1883, II).

Axhausen a mis en cause la scarlatine et la diphtérie, Wollenberg la fièvre typhoïde. On a également incriminé la cholécystite, le rachitisme, l’influenza et

les tumeurs de l’ovaire.

Mais les trois grandes causes inflammatoires univer-

sellement admises sont :

— l’ostéomyélite, — Ja polyarthrite rhumatismale, — l'infection gonococcique.

— On ne discute plus guère l’origine ostéomyélitique. C’est ainsi que Borchard, en 1906, chez un garçon de dix ans, trouva au cours de l'intervention, du pus épais, provenant d’un foyer ostéomyélitique. Dans la plupart des cas, la cavité cotyloïde est attaquée secondairement, le foyer primitif siègeant généralement sur l’extrémité supérieure du fémur. V. Brunn et Honsell en 1899 ont réuni 23 cas, parmi lesquels il y avait dans deux cas seulement atteinte primitive de l’acétabulum, l'extrémité supérieure du fémur n’y ayant montré que des lésions minimes. D’après ces auteurs, il s’agirait dans ces deux cas, d’une ostéochondrite du cartillage en Y, suivie ultérieurement de propagation à tout le fond cotyloïdien. Muller en 1885 constata sur 18 cas observés, 7 cas d'atteinte primitive de l’acétabulum, dans lesquels, avec une fréquence égale, tantôt le début avait été brusque, avec un tableau clinique d'infection grave et aboutissant à une rapide et abondante suppuration de l'articulation, tantôt, après un début brutal, les signes s'étaient atténués spontanément et l’interven-

tion n’a eu lieu qu’au cours d’une nouvelle poussée

nl ET

aiguë se produisant à un moment variant entre neuf mois à trois ans après l’atteinte initiale.

— La polyarthrite rhumatismale a toujours été considérée comme étant susceptible de se localiser au niveau du fond du cotyle. Wolfsohn et Brandenstein, en 1911, äotent la littérature d’une observation très instructive à ce sujet, étiquetée : ostéo arthrite juvénile bilatérale de la hanche.

Schaap cite également six cas, dans lesquels on a pu, en dehors de l’affection acétabulaire, observer des modifications au niveau d’autres articulations qui s'étaient manifesiées cliniquement par des fluxions articulaires rhumatoïdes.

— L'infection gonococcique a eu d’emblée de nombreux partisans. Schlagenhaufer, qui a rapporté un cas, où il a pu mettre en évidence le gonocoque d’une façon indiscutable, en prélevant du pus au niveau de l’articulation de la hanche malade, n’a pas hésité à affirmer que la protrusion acétabulaire était toujours et exclusivement une séquelle de l'infection gonococcique.

Plus récemment Michaëlis s’est rangé de cet avis. Mais Pommeranz et Schaap, et avec eux la grande majorité des auteurs, tout en confirmant la possibilité de l’origine gonococcique, admettent d’autres infec-

tions causales.

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