II. FACTEUR MÉCANIQUE
Si dans la plupart des cas le facteur inflammatoire paraît indubitable au cours de l’examen clinique, et si maintes fois l’intervention ou l’autopsie ont pu le confirmer, il n’en est pas moins vrai que dans d’autres cas, on se heurte à l’absence de signes plaidant en faveur de l’agent infectieux, tant au point de vue clinique et radiologique, qu’au point de vue anatomopathologique. À
Le cas de Waller en est un exemple très instructif : sa malade se plaignait à l’âge de 16 ans, de la hanche gauche pendant quelques mois. Puis toutes manifestations cessèrent et la malade marcha normalement. Trois ans après, elle fit une chute sur le côté gauche, ce qui occasiGnna la réapparition des symptômes. A l’hospitalisation on constate une protrusion acétabulaire bilatérale, compliquée à gauche par une fracture du fond du cotyle. Un examen, fait deux ans après, montre un état stationnaire à droite, et à gauche une luxation transacétabulaire encore plus marquée, à tel point que le grand trochanter heurtait l’os iliaque.
Chez cette malade existait donc à l’âge de vingt ans une protrusion acétabulaire double, alors qu'il n’y a
eu des symptômes précaires et fugaces que sur la hanche gauche.
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Partant de ce fait et en considérant les trois données suivantes :
19 l’atteinte prédominante du sexe féminin,
29 le grand nombre de cas d'atteinte bilatérale,
30 la caractéristique de l’image radiographique. Schaap (Hollande) a donné naissance à une hypothèse fort séduisante : celle d’une affection congénitale, qui serait le pendant de la luxation congénitale de la hanche consécutive à une cavité cotyloïde aplatie.
Dans ce cas, la cavité cotyloïde serait située plus bas que normalement.
Si cette conception est exacte, fait remarquer cet auteur, on doit trouver, en étudiant la question de plus près, qu’il existe une transition progressive entre la cavité cotyloïde en position normale et celle en position basse et dont le stade terminal est la protrusion acétabulaire.
L'auteur appuie sa théorie de huit clichés radiographiques montrant une situation haute de la cavité cotyloïde qui par ce fait est aplatie et prédispose à la luxation congénitale, et progressivement passe par les stades de subluxation, de cavité normale, pour aboutir finalement à la protrusion acétabulaire, dans laquelle la cavité cotyloïde a une situation plus basse.
Il existe enfin d’autres causes de la protrusion acétabulaire.
Nous n'insisterons pas sur l’ostéomalacie, ni sur
TER ces
le spondylolisthesis, ni sur la cyphose, ces maladies n’intéressant pas la question, par contre nous réserverons une place à part au traumatisme.
Il est délibérément nié par certains auteurs. La bilatéralité ne saurait évidemment être expliquée par le traumatisme, mais la moitié des cas observés sont unilatéraux.
V. Brunn a relevé chez une fillette de 12 ans une protrusion acétabulaire qui a débuté cliniquement, par de la claudication six mois après une chute d’une hauteur de 5 à 6 pieds, et chez laquelle il n’y avait eu apparemment pas de lésions articulaires avant l’accidént(Beitr. 2° chir.1903,, Vol” 40):
Bibergeil rapporte également un cas (Zeitschr. f. orth. chir. vol. 25), datant de 1909 où une fillette de 14 ans bien portante jusque là, avait fait une chute d’une barre fixe, avait pu continuer à marcher et avait ressenti des douleurs à la hanche au cours de la nuit suivante. Chez elle on n’a pas non plus reconnu des lésions articulaires antérieues à l’accident.
Frangenheim aurait également cité un cas, d’après Wolfsohn et Brandenstein, mais nous n’avons pu vérifier, par suite d’une indication bibliographique erronnée de ces auteurs.
À ces cas, nous pouvons ajouter deux observations dans lesquelles on n’a relevé dans l’anamnèse d’autres
antécédents qu’une chute sur la hanche.