‹ La provenanace des ÉvangilesChapitre 39 sur 146 · Ad Phil. vu, 1: I JOAN., IV, 2-3; II JOAN · texte numérisé non relu

Ad Phil. vu, 1: I JOAN., IV, 2-3; II JOAN

3. [arics 0 "Toéuvou péy Gxouoras, Ioluxdomou ds éruioos ye- Jovos, œpyuios vip. Saint IRÉNÉE, Adv. hær., V, c. 33, 3 sq.; « Refert Irenæus... Papiæ auditoris evangelistæ Joannis discipulus. » Saint JÉROME, Epist. 75 ad Theodoram.

4. L'auteur de la « chronique pascale » qui le fait mourir à Pergame, au moment même où Polycarpe meurt à Smyrne, s’est sûrement mépris. FUNCK, 1. C. p. L-LI. |

5. Photius donne à Papias comme à saint Irénée le nom de martyr. Bibl. cod. 232,

cernant le Seigneur. ! Son dessein est très net : « Sans hésiter, dit-il, j’insérerai ici pour toi, dans les explications, tout ce que j'ai bien appris des anciens et bien retenu, vu que je suis sûr de sa vérité. Car je ne me suis pas attaché, comme la plupart, à ceux qui parlent beaucoup, mais à ceux qui enseignent le vrai ; ni à ceux qui rapportent les préceptes d'autrui, mais à ceux qui redisent les préceptes donnés à la foi par le Seigneur et émanant de la vérité même. Quand j'ai trouvé quelqu'un qui avait vu les anciens, j'ai toujours eu la curiosité de lui demander ce qu'ils avaient accoutumé de dire, ce que disaient André, Pierre, Philippe, Thomas, Jacques, Jean, Matthias ou tel autre des disciples du Seigneur ; ce que disent Aristion et presbyteros Joannes, disciples du Seigneur. Car je ne pensais pas que la lecture des livres pût m'apporter autant de profit que le commerce de ces hommes qui gardaient la parole vivante et permanente. 2»

1. Le titre exact de cet écrit était, au dire d’Eusèbe: Aoyio zvpturdy éÉnyacens cuyypauuuru OÙ Gx6lix mévre. H.E. III, 39; saint Jérôme traduit: Explanatio sermonum Domini. Catal. 2.18.

On court peu de risque de s'éloigner de la vérité en plaçant la composition de cet écrit aux environs de l’an 195.(LIGHTFOOT, ZAHN, LOISY), — On le lisait encore en Occident au XIIIe et XIVe siècles: perdu depuis,à l'exception de quelques fragments souvent réédités de nos jours. Voir Migne, Patr. gr. t. v, 1857, col. 1255-1262, et Funck, II, 273-300.

2 OÙx dxvioe dé œo1 xui 0ou roTté rapà Tüy rer bUTÉpOy x me Euaboy xui xuhs Éuvaudveucu, cuyraTaTdEu Tuis Épurveiuts, du Gebauoupevos drép aura àkhbeuur.. ... OÙ yap Ta éx Toy Bulimy TOGOËTOY LE œye}eiv UrehauBuvoy, 0cov T4 ruoû Cons povs xUL pevodos .FRAGM. IT, 3. FÜNCK, p. 280. Eusèbe. H. E., IT, 39, 3-4.

Impossible de s’y méprendre ; l’auteur de l’Explication ne vise à rien de moins qu’à fixer par l’écriture l’enseignement intégral des Apôtres. Cet enseignement, qu'il a si pieusement recueilli des lèvres des anciens et qui, tout entier, du moins il le croit, vit dans ses souvenirs, il ne le retrouve pas tout entier daris les écrits apostoliques, dans « les livres ». Quel malheur Si ce qui n’a jamais été qu’entendu de la « bonne nouvelle » venait à s’effacer de la mémoire des hommes ! Plus de témoins immédiats de l’histoire évangélique ; presque plus d’auditeurs de la prédication primitive ; les apôtres sont morts, leurs disciples vieillissent. Il n’est que temps de fixer par l'écriture les échos encore vivants de la parole des premiers chrétiens.

Écrivons l'Évangile, tout l'Évangile ! Et Papias se met à composer son livre.

Fondre en un seul récit les textes et les traditions des temps apostoliques! Ainsi comprise, l’idée de l’Explication ne manquait certes ni de hardiesse ni d’apropos. j

12. L'interprète et le témoin. « Très petit esprit..…, homme archaïque », ces deux mots suffisent à Eusèbe pour juger Papias et son œuvre.

L'œuvre a péri.

L'homme se présente à nous comme interprète de la tradition et comme témoin des textes.

Pour saisir et rendre des traditions aussi délicates que celles du christianisme naissant, il aurait fallu à l’évêque d'Hiérapolis, du tact surtout, de la mesure et du jugement.

Mais pour reproduire des textes aussi simples que ceux des Évangiles et dire où il les a pris, il lui suffit de savoir écrire et d’être honnête.

Eusèbe trouve qu’il a l’esprit très court et le cœur très vieux : cela suffit sans doute à nous metire en ‘ méfiance contre les histoires qu’il raconte au nom des anciens ; mais jamais Eusèbe n’a songé à en faire un illettré ni un imposteur : de quel droit, par conséquent, douterions-nous de la vérité de ses références et de ses renseignements scripturaires ? [Il aurait pu être, de la tradition, un interprète plus insuffisant encore, sans cesser pour cela d’être, des textes évangéliques, un témoin fidèle.

La distinction pour nous est essentielle.

Qu'on sacrifie, si l’on veut, l'interprète; le témoin nous reste, et il nous suffit.

Conçoit-on seulement affirmation plus solide de l’exislence d’un texte que la publication d’un livre destiné à l’expliquer en le complétant? Or, en publiant son livre, Papias n’a qu’un but, expliquer en les complétant par les données d’une tradition orale non suspecte, les renseignements contenus dans les documents écrits de la période apostolique, les « récits concernant le Seigneur » thème essentiel de son « Explication » et matière principale de son commentaire. cu

Il a sous les yeux de véritables documents, des livres. Tout comme nous, les chrétiens du second siècle commençant ont des Évangiles, c’est évident.

Ces Évangiles sont-ils les nôtres ?

Le nom diffère : les textes dont Papias se sert sont

connus de ses contemporains sous le nom de logia, 1 c'est-à-dire « choses dites » ou « récits » ;

Mais la provenance est la même : deux fragments de l’Explication conservés par Eusèbe mentionnent expressément les logia de saint Matthieu et de saint Marc.

Le contenu enfin est identique : Marc a raconté « les choses dites et les choses faites par le Christ, 2» et Papias commentant les textes, rapporte des miracles ; preuve manifeste que les logia n’étaient pas, comme on l’a dit, un simple recueil de discours, mais bien, comme nos Évangiles, une biographie véritable relatant les actions du Sauveur aussi bien que ses paroles. 5

Des logia de saint Matthieu, Papias dit expressément qu’elles ont été composées en hébreu, et il assure tenir de saint Jean les intéressants détails qu’il rapporte sur la composition de celles de saint Marc. Il n’avait pas vu le Seigneur, et il ne l’avait pas accompagné comme disciple. Mais, devenu l'interprète de Pierre, il raconta les faits évangéliques selon qu'il les connaissait, sans suivre l’ordre chronologique, mais sans l’ombre de négligence ou de mauvaise foi.

Voici, du reste, le texte même des deux notices relatives à l'Évangile de saint Matthieu et à celui de

4. FUNCK LI. c. p. 279-80, donne les raisons et les autorités qui permettent de donner au mot logia le sens et la portée du mot

Evangile.

9. Ta dro Toù Xpus rod ñ Deydévra À TrpuybévTu.., o0y oorep CÜVTUËLY TOY zVpLUXGY TotoUuEvos }otwy, Fragm. Il, 15, Funck, IT, p. 256. : La

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