‹ La provenanace des ÉvangilesChapitre 68 sur 146 · BUG, XXIV, 94 MACON NIV · texte numérisé non relu

BUG, XXIV, 94 MACON NIV

3. La liste complète dans PLUMMER, IL. c. p. LIX, suiv. Comme Paul, Luc aime à donner à Jésus le nom de Kurios, « Maître, » qui suppose l'habitude de le considérer au ciel, dans sa gloire. Luc, xu, 13; xt, 15, etc. Il emploie aussi couramment, et. dans le même sens que saint Paul, le mot « justifier » qui ne

se retrouve ni dans saint Jean, ni dans saint Marc. © 4. DAVIDSON, Introd. to N. T. 11, p. 12, suiv.; KNOWLING, The Witness of the Ebpistles, p.238, suiv.; RESCH, Aussercanonische Paralleltexte, p.121, Leipzig, 1893; PLUMMER, L. C. p. XLIV, ‘Suiv.

5. Saint Jean Chrysostôme fait remarquer que l’élocution de Luc a quelque chose de l’abondance et de la facilité de Paul, de même que celle de Marc tient de la concision et de la fermeté de saint Pierre. In Matth. Hom. 1v. Migne, t. 57. col. 40. « Quisque discipulorum magistrum suum est imitatus : hic Paulum, ubertate flumina superantem ; ille Petrum, brevitati studentem.

fréquente la ressemblance des idées, visible l’identité de l'esprit. « L'esprit de Luc est accordé — non pas à l'esprit étroit qui interpréterait la pensée de Jésus au sens le plus strictement judaïque, comme voudraient le faire les pharisiens convertis qui entourent Jacques le Mineur et perpétueront sa pensée en l’exagérant, — mais bien à cet esprit qui a trouvé en saint Paul son expression la plus éloquente, qui ne connaît plus de distinction de juif, de grec, ni de barbare, mais qui, étendant à toute l'humanité le bénéfice de la justification, en fait le privilège de la foi et non plus de la naissance. 1 » C’est plus qu’évident, l’auteur du troisième Évangile est un disciple de Paul.

19. Auteur du livre des Actes. La comparaison, môême superficielle, du troisième Évangile avec le livre des Actes, permet de constater les faits suivants :

Les deux écrits, — seuls du Nouveau Testament — commencent par une dédicace; et un seul et même chrétien, Théophile, reçoit l'hommage de l’un et de l’autre. — L'auteur du second mentionne le. premier : l'Évangile qu’il a déjà publié et le livre qu’il prépare forment dans son esprit les deux parties d’un même tout; 2? — Même vocabulaire, même syntaxe: on trouve en effet dans les deux livres, en nombre considérable, non seulement les mêmes mots typiques, ÿ

À, Pierre BATIFFOL, Siæ leçons sur les Évangiles, p. 44, 45. Paris, 1897.

LUC, 1, 4-5, Actes, 1; 4: Süiv.

3. Par exemple: grâce, multitude, cœur, évangéliser, etc, etc. « 69 verbes sont répétés 254 fois dans le troisième Évangile et

mais des phrases identiques $ et des périphrases communes ; ° — Même style, même couleur, même vie, spécialement dans les descriptions ; ! même arrangement : ici et à une marche identique et une correspondance parfaite dans les divisions. ? — Enfin et surtout, ici et là, même inspiration, même esprit, de la première à la dernière page. L’Évangile selon saint Luc est donc du même auteur que le livre des Actes.

29, Saint Luc. Les révélations dela critique textuelle sur l’auteur du troisième Évangile se vérifient et s'expliquent par les données de la tradition. Entre les deux groupes de témoignages internes et externes, l'accord est parfait. Admis, en effet, que l’Évangéliste de la critique est le saint Luc de l’histoire, tout est harmonieux et clair.

Le plan est d’un historien ; Luc est l’auteur du livre

427 fois dans les Actes, tandis que dans tout le reste du Nouveau Testament ils ne le sont que 271 fois; 33 mots se trouvent dans l’un et l’autre de ces livres, sans qu'on les rencontre . en aucun autre.» BACUEZ, p. 154.

1. Comparer en particulier: Luc, 1, 11, avec Actes, XII, 7; Luc; i, 33,avec Actes, 1, 11! et x, 7; Luc, «x, 9J'et/xx Im rave Actes, I, 10 et x, 30, etc, etc.

9. Trois grandes divisions dans l'Évangile: le Ministère en Galilée,rr1, 1 —1X, 59; entre la Galilée et Jérusalem, 1x, 51— xIX, 28; à Jérusalem, XIX,29—XXIV, 11. — Trois grandes divisions dans le livre des Actes: période hébraïque, 11-V; période de transition, VI-XIL; période paienne XHI-XXVIIL. Dans le premier cas le mouvement se produit de la Galilée à travers la Samarie, etc. vers Jérusalem; dans le second, de Jérusalem, à travers la Samarie, etc., vers Rome. Dans les deux cas une introduction spéciale rattache la période qui suit à celle qui précède. PLUMMER, PACS DANTE

des Actes. — Le style est d’un helléniste hébraïsant ; Luc natif d’Antioche ! et médecin de profession 2 pouvait-il ne pas parler grec et ne pas connaitre les juifs hébreux ? — Le ton trahit un chrétien non-juif soucieux d’affermir les convertis du paganisme ; Luc, païen de naissance % s’adonna avec zèle à la conversion des païens. # —L’inspiration révèle un disciple de saint Paul; Luc fut, pour l’apôtre, un compagnon fidèle et un ami très cher. °

4. C'est l'avis formel d'EUSÈSE, À. E. 117, 4, 7, et de saint JÉ- ROME, De vir ill., vi. Migne, t. 23, col. 619; il est d’ailleurs certain que l'auteur des Actes connaissait très particulièrement la capitale de la Syrie. Voir, Actes, vi, 5 ; xIxt, 11 ; XIV, 19, 21, 26; 2,022, 23, 90, 95; XVTIr, 22.

2. « Notre très cher Luc médecin, vous salue, » écrit saint Paul aux Colossiens, 1V, 14. Saint Jérôme dit expressément, 1. c. «Lucas medicus Antiochensis »; et l’on remarque, dans sa manière de direen général et particulièrement dans sa manière de décrire les guérisons et les maladies, qu'il connaissait le langage ordinaire et les expressions techniques de la médecine PrecquenLUC, iv; 98: XIV, 2: XXI, O1: XE, 40° XVITT, 25: VIE, Es XI, 92: xxI, O%et Actes, rt, 7; XIIr, 11 ; 1X, 33 ;°1V, 95, etc, etc. Voir W.K. HOBART, The medical langage of S. Luke, 1883 » et PLUMMER, L. C. p. LXIIIL. Suiv.

3. On peut le conclure du fait que saint Paul après avoir mentionné trois de ses amis et collaborateurs, Aristarque, Marc et Jésus le Juste, en prenant soin de dire qu'ils sont juifs d'origine, « qui sunt ex circumcisione » en ajoute trois autres, parmi lesquels saint Luc, sans indication du même genre. N'est-ce pas dire clairement que ces derniers, — Epaphras, Luc et Damas, — étaient nés de parents païens?

4. IT Cor., vu, 18. Voir Actes, xv, 10, suiv.; II Timr., 1V, 11; Philem., 21.

5. Actes,XVI, 10-17; XX1,5-XX, 18; XX VIT, 1 — XX VIN, 16; IT Cor, br, 7: Gal., 1V,.13-15.

Et c’est ainsi que l’étude attentive et respectueuse des textes vérifie en les confirmant les données, par elles-mêmes si sûres et si fermes, de la tradition catholique touchant lattribution des trois premiers Évangiles.

Appliquée au dernier de nos récits inspirés cette étude a donné des résultats si consolants et si décisifs que nous ne résistons pas au plaisir de refaire pour nos lecteurs l’argumentation qui les prépare et les justifie.

4. Le disciple que Jésus aimait. Galiléen de naissance, fils de pêcheur et pêcheur lui-même, Jean grandit, loin des écoles, { sur les bords et sur les eaux du beau lac de Génésareth. Une maison à Bethsaïda ; sur le lac, une barque de pêche ? et un pied à terre à Jérusalem, % c’est plus qu’il ne faut pour n’être pas pauvre. Un père # à l’âme assez haute pour laisser sans protestation ses deux fils le quitter pour devenir pêcheurs d'hommes ; 5 une mère ardente et fière jusqu’à désirer pour ses enfants une place aux côtés du Messie et sur son trône, 6 généreuse jusqu’à se met-

1. « Videntes autem Petri constantiam et Joannis, comperto quod homines essent sine litteris et idiota, admirabentur ». Act: iv, 18.

2. Sur laquelle travaillaient, avec les deux fils de Zébédée, plusieurs mercenaires « Relicto patre suo Zebedæo in navi cum mercenariis. » MARC, 1, 19.

3. Au retour du Calvaire Jean conduit sa mère adoptive « chez lui ». JOAN., xIx, 22.

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