‹ La Provence mystique au XVIIe siècleChapitre 30 sur 30 · LES COLONIA · texte numérisé non relu

LES COLONIA

Le premier Colonia (Pierre) apparaît à Aix, le 15 juillet

1446, dans un acte notarié. 11 était originaire du Piémont. Son

fils ou petit-fils fut assesseur d'Aix en 1507-08. Les Colonia

avaient leur maison. Grande-Rue-Saint-Esprit (rue Espariat).

Il y eut André, minime (1616-1688).

Dominique, jésuite (1658-1741).

Jules François, avocat célèbre (1716-1766). Pierre Joseph (fils du précédent), avocat général au parlement, puis Maître des requêtes, puis conseiller d'Etat sous Louis XVIll (1746-1822). La mère de Colonia (Marie de l'Annonciation), était fille de Palamède et de Catherine Descombes. Ce Palaméde de Colonia était procureur aux Comptes.

Gabrielle (quatrième de cinq filles), naquit le 2 mars 1620 et fut ensevelie le 28 août 1678 à la Miséricorde.

Son père (Palaméde) était fils de Jean (mort en 1605) et de Louise de Pontevés.

SUPPLIQUE nES MISEBICORDIENNES DE MARSEILLE ADRESSÉE LE 2 DÉCEMBRE 1789 A l'aSSEMBLÉE NATIONALE.

(Archives nationales, D XIX, n' 25.)

Nos Seigneurs.

La grandeur de vos sentiments, ainsi que le désir de faire des heureux qui animent votre zèle nous engagent à nous

adresser à vous pour rappeler et votre pouvoir à nous être favorables, et votre opposition a faire couler nos larmes, causer Nos gemissemens, encor plus abréger nos jours; fussies vous, Nos Seigneurs, dans le rang de simple particulier, vos Cœurs ne perdroient rien de leur générosité; encor plus vos nobles emplois raniment-ils votre bienfaisance.

C'est une Communauté de filles qui oze implorer votre pitié et à titre de Religieuses que n'avons nous pas à craindre? Voudrions nous dire par là que vous perdes de vue l'intérést de la nation parce que les nouvelles publiques nous donnent tout à craindre pour notre Etat : non : Nos Seigneurs, nous savons que le bien public doit être préféré mais si par la fin de notre institut loin d'être contraire au bien public, nos emplois, nos vœux mêmes font de la bienfaisance notre occupation assidue, la nouvelle constitution que vous produirez, nous seroit elle contraire : c'est parce que notre ordre est peu répandu et n'a que quatre maisons dans le Royaume que nous exposons nos raisons particulières.

Faut-il produire au jour des bienfaits que Dieu seul devroit sçavoir, nous dirons qu'il est ches nous des Demoiselles, et on sera toujours forcé de l'avouer, il est des Demoiselles qui n'y eut-il point de Communautés Religieuses, auroient toujours de l'éloignement pour le joug du mariage. Ces demoiselles de qu'elque condition qu'on les supposes; si elles sont appelées à notre Etat trouvent chez nous par le moyen de noire travail assidu et du quatrième vœu que nous faisons, un azile à leurs vertus et a leurs besoins, mises au rang des autres Sœurs qui appartiennent a des familles oppulantes, elles jouissent des mêmes egars, sont ellevées aux mêmes charges, bien plus, nos sœurs aux quelles la fortune à refusé ses dons, Notre institut les rend les plus chéries.

Permettez nous, Nos Seigneurs de continuer un genre de bien qui depuis notre établissement n'a point cessé d'être regardé comme de quelque importance par l'avantage qu'il procure aux familles, nous joignons encore à cela ; l'éducation des jeunes Demoiselles que nous formons à la piété, au soin du ménage, ainsi qu'a la Société.

Nos revenus seroient-ils un obstacle à notre conservation ; ohl il seroit difiicilled'j trouver du surpertlus, étant obligées de nous employer au travail et à l'éducation pour subvenir à notre nécessaire. S'agit-il d'en retrancher pour le bonheur de

la nation! nous sommes toutes prêtes à ce sacrifice. Voyez nos Seigneurs réfugiées à vos pieds dans la plus amère douleur; une Communauté composée de vingt-huit religieuses; et quatre sœui's affiliées, qui vous conjure de lui continuer le pouvoir d'exercer la Bienfaisance, caractère distinctif de notre institut.

Après ses réflexions; nos alarmes dureroient-elles encore, vous prenonceres sur notre sort, nous espérons de votre tendresse oh! nos Pères d'être conservées à perpétuité. Le Ciel recevra nos louanges d'actions de grâce, vous lires les témoignages de notre gratitude, des monumens apprendront ce que nous vous devrons, et les filles de la Miséricorde assureront qu'elles ont été régénérées par les vrais protecteurs de la Nation.

Nous avons l'honneur d'être avec une très Respectueuse Considération,

Nos Seigneurs,

Vos très humbles et très obéissante servantes.

Sigyié : Sœur Marie de Sainte Mélanie de Boades supérieure; sœur Marie de Sainte Magdeleine Sal- LADE (etc.)

A Marseille ce 2 décembre 1789.

(Catherine-Louise Grégoire.)

(Noie de L. de Berlue).

Cette religieuse, après avoir vainement tenté de reconstituer à Aix une communauté de la Miséricorde, rejoignit à Paris les Miséricnrdiennes et leur apporta le cœur du P. Yvan. Voici sur elle une note de M. de Berlue.

Catherine-Louise Grégoire est née à Aix, rue du Grand Boulevard, en d753. Elle était fille de Gaspar Grégoire (1744- 1795), négociant, marié en 1750 à Thérèse Berage. Son père

est fort connu des bibliophiles provençaux, par son livre intitulé : Explication des cérémonies de la Fête-Dieu en Provence. (Aix, chez David, 1777.) Cet ouvrage présente cette particularité que trois frères de la Mère de la Miséricorde ont collaboré à l'œuvre de leur père, savoir : Louis-Denis Grégoire (1750- 1840), secrétaire de la musique du Roi, en notant les airs de la Fête-Dieu ; Gaspar (1751-1846), en gravant les figures du livre; et Paul-Pierre, le muet (1755-1842), en dessinant les mêmes figures.

L'aîné, qui était attaché sous l'empire à la chapelle de Napoléon, ne contribua pas peu à attirer sa sœur à Paris, après qu'elle eut échoué dans sa tentative de rétablissement de la Miséricorde à Aix. Je n'ai pu m'assurer s'il existait une parenté entre la M. de la Miséricorde et le P. Grégoire, Dominicain, ami de la Vénérable M. Madeleine, et qui semble avoir été présent à ses derniers moments.

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