Math., X
4. Voyez William James, La volonté de croire. Traduit par Loys Moulin. Paris, Flammaiion, 1916, p. 190.
mouvements des nerfs ou des muscles, les échanges inlra-cellulaires, tous les détails pris à part sont accomplis par les forces physico-chimiques; mais l'ensemble, la direction leur échappe; elle relève de la vie, qui en^^lobe ces forces, les domine et, • sans les détruire, sans violenter leurs lois, les canalise au service de son dessein. Ainsi la Providence, à la mesure où elle le veut, englobe la liberté dans son plana elle, et emporte les hommics et les peuples et tous les mouvements de l'histoire vers le but qu'elle leur a marqué.
Ne craignons pas, en tenant « fortement ce bout de la chaîne » qui est notre liberté, de faire disparaître cet autre bout qui est la Providence. Tls sont l'un et l'autre forgés d'un métal à toute épreuve au feu de l'expérience la plus claire et de la raison la plus décisive.
De cette double évidence se dégagent deux conclusions pratiques, l'une de confiance et Tautre d'énergie.
La première est que Dieu se servira de son infini pouvoir pour réaliser son dessein. Or son dessein est de permettre à l'homme sur la terre de mériter le ciel. Au jeu des causes secondes, qui, actionnées par des forces aveugles ou par le caprice de la liberté des autres, pourraient en certains cas nous masquer malgré nous la route du ciel, la Providence, par son action immédiate, superposera donc, un jour ou l'autre, les secours.
62 l.A PROYIDKNCE Eï LA GUERRE
les grâces, au besoin les miracles qui nous permeltront' de prendre nos respopsabiliiés et de choisir notre route. C'est le strict minimum qu'elle ne refuse à personne.
Mais son pouvoir comme sa bonté étant inépuisables, il dépend de nous d'obtenir toujours davantage. Nous avons deux moyens, dont Fun est de demander : Petite et dahitur vobis " ; et dont le second est d'utiliser au fur et à mesure les grâces reçues : Quienim habct, clabitur ei^. Travailler^ en effet, pour le ciel, c'est entrer dans les vues de la Providence et nous assurer, si Ton peut dire, sa complicité ; c'est augmenter aussi en nous la vie surnaturelle ; or cette vie, en même temps que noire mérite, notre droit au ciel, mesure le degré où nous sommes les enfants de Dieu, et il va de soi que, dans cette mesure même, la prière de l'enfant se fait plus efficace et l'amour du Père plus accueillant.
.Mais si tout justifie la confiance,'^ rien n'autorise le lairfser-aller. Et si Dieu est assez puissant, nous l'avons dit, pour amener la liberté elle-même à choisir ce qu'il veut, s'il est bien clair qu'il ne se servira jamais de cette puissance à l'encontre des intérêts de notre salut, il n'est pas démontré cependant qu'il s'en servira pour nous sauver en dépit de tout. 11 est même certain qu'il ne le fera généralement pas ^ Et il est très probable qu'ayant fait