‹ La Providence et la guerreChapitre 18 sur 83 · Nous dirons pouii^aoi dans un autre chapitre · texte numérisé non relu

Nous dirons pouii^aoi dans un autre chapitre

ihomme libre, c'est pour lui laisser habituellement, avec tout l'honneur et tout le mérite, tous les risques de la liberté \

Sans doute la Providence ne se désintéresse point. Sa grâce enveloppe, attire, stimule la liberté ; mais si elle commence tout, à elle seule elle n'achève rien; et si notre salut doit être tout entier son œuvre, il doit être aussi la nôtre. Il y a une joie savoureuse à devoir son bonheur à un être aimé ; mais il y en a une autre à le tenir de soi, à se sentir, dans le succès, le fils de ses œuvres. Cette double joie doit nous appartenir : le ciel aura un goût de conquête en même temps qu'il sera le don de Tamour. Il faut le mériter. Et puisque, en définitive, la tâche de le mériter constitue toute notre raison de vivre, elle nous est donc aussi personnelle que notre vie même, et il n'est au pouvoir de personne, pas même de Dieu, (le nous en dispenser ou de nous y remplacer.

Aide-toi et le ciel t'aidera ; en d'autres termes, à toi de commencer si tu veux que la Providence achève : c'est, disions-nous, ie programme de nos tâches humaines. La Providence t'a aidé, aide-la ; elle a commencé sans toi, à toi d'achever avec elle : c'est le programme de notre salut.

Là encore, ce qui est écrit, c'est que les effets suivent les causes, et que pour arriver au but il faut en prendre le chemin.

Quant à la conclusion doctrinale à tirer de ce

1. Deus ab initio constiluit horninem et reliquit illum in manu ■ jusilii sui (Eccli, XV, 14). A/t'e hominem vita et mors, bonum et ^Hidum : quod placuerit ei dabitur illi (Eccli, XV, 18).

chapitre, elle tient en ceci : Dieu est le Maître souverain et il le montre quand il veut ; mais il n'en abuse pas, et les procédés habituels de sa Providence consistent à laisser agir, en les surveillant, les causes secondes, non seulement celles qui ne sortent pas de la consigne qu'il leur a tracée, mais celles-là aussi qui peuvent désobéir. Rien n'arrive malgré lui : il peut tout empêcher comme il peut tout obtenir. Il fait ce qu'il seut ; mais il veut que les causes agissent et que les causes libres agissent librement. C'est ce qui fait l'intérêt du drame de la création, et donnera sa splendeur au dénouement qui mettra tout en place.

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