‹ La Providence et la guerreChapitre 76 sur 83 · Page · texte numérisé non relu

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je le confesse, mais dans l'état actuel du monde il serait diflicilo d'en invoquer un autre \ »

Il lui est bien arrivé, au cours du môme volume, d'en invoquer un autre, mais tellement médiocre, celui-là aussi, qu'on ne saurait reprocher à l'auteur de Tavoir oublié. Il l'avait salué cependant comme « une vision presque optimiste du monde ». Il le plaçait dans un acte de foi au progrès perpétuel". Les hommes, disait-il, on devenant meilleurs, se préoccuperont davantage « des Otres futurs dont nos efforts auront préparé l'existence ». Mais « pour que cette philosophie de l'avenir puisse se constituer, il faudra d'abord nous dégager un peu de la vie individuelle, et accentuer (beaucoup !) le sentiment de notre participation à l'existence séculaire de la race, dont nous sommes de passagères incarnations. L'éphémère cachant la durée, nous oublions facilement que la perpétuité refusée à l'individu est accordée à la race dont il fait partie » ^ En somme, la religion de l'humanité qu'avait préconisée A. Comte, mais amincie encore et un peu plus laïque.

1. G. Le Bon, Premières conséquences de la Guerre. Paris, Flammarion, 1916, p. 321-323.

2. Rien nest plus dénué de base rationnelle que cette foi au progrès, chex les incroyants : l'histoire nous'montre des périodes et des peuples en décadence comme en progrès ; la raison se joint à Icspérience pour nous faire voir en 1 homme un être capable de progrès mais aussi de décadence; et donc, pour justifier la foi au progrès perpétuel, il faut pouvoir compter sur l'intervention d une force intelligente et libre, capable d'endiguer dans !e sens voulu l'évolution des .«ociétés humaines ; il faut pou\oir coiiipler sur la Providence. C'est ce que labbé de Broglie a fortement démontré da.ni Religion et critique, œuvre posthume. Paris, Lecoffre, 3« édition, 1906, p. 203-357.

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