HO LA PROVIDENCE
s'est servie de son influence pour contredire sa vocation et démoraliser l'Europe, il ne faut pas être étonné qu'elle y soit ramenée par des moyens
terribles. »
Et plus loin, l'illustre publiciste ajoute : « La Providence, qui proportionne toujours les moyens à la fin, et qui donne aux nations comme aux individus, les organes nécessaires à l'accomplissement de leur destination, a précisément donné à la nation française deux instruments et, pour ainsi dire, deux bras avec lesquels elle remue le monde : sa langue et l'esprit de prosélytisme qui forme l'essence de son caractère ; en sorte qu'elle a constamment le besoin et le pouvoir d'influencer les hommes. - La puissance, j'ai presque dit la monarchie de la langue française est visible : on peut, tout au plus, faire semblant d'en douter; quant à l'esprit de prosélytisme, il est connu comme le soleil; depuis la marchande de modes jusqu'au philosophe, c'est la partie saillante du caractère national. Ce prosélytisme passe communément pour un ridicule, et réellement il mérite souvent ce nom : dans le fond cependant, c'est une fonction. Or, c'est une loi éternelle du monde moral que toute fonction produit un devoir. » (Considérations sur la France, ch. n.) On ne saurait mieux dire. C'est à la lumière de
ces hautes pensées qu'il faut considérer et peser les prévarications de la France. Il est évident qu'à ce point de vue les scandales de toute sorte dont nous donnions l'exemple chez nous et à l'étranger, prennent un caractère d'une gravité tout à fait à part, précisément parce qu'ils constituent autant de forfaitures contre une mission , contre une vocation providentielle.
Et voilà pourquoi , par exemple , la propagande détestable qu'exerçait notre presse impie et révolutionnaire devient un crime auquel on ne peut rien comparer dans l'histoire. « Un mauvais livre écrit en français est une déclaration de guerre à toute l'Europe. » Ainsi parlait M. de Bonald , et il ne disait pas assez.— Toute pensée antichrétienne qui sort de notre pays par la voie de la presse ou par tout autre moyen de propagande , est une déclaration de guerre à Dieu, à l'Eglise universelle , et par conséquent à toute l'humanité que Dieu et l'Eglise cherchent à sauver. Et qui pourra jamais dire combien de semblables déclarations de guerre se sont produites en France ?
A une certaine époque, notre pays méritait qu'on inscrivît en tète des annales de son histoire ce titre sublime : Les Faits et Gestes de Dieu pur les Francs, Cestu Dci per Fruncos. Je ne prétends point certes que la France moderne et contemporaine n'ait