L ART DE SE PROCURER DES IMVITES. PIEGES SPECIAUX
Quand un châtelain se sent les reins assez solides pour héberger un grand
nombre de ses contemporains, et qu'il est résolu aux sacrifices nécessaires
pour leur faire agréablement passer le temps, il ne lui reste plus qu'à les
décider à quitter leurs occupations habituelles, pour venir prendre leur part
des nombreux plaisirs qu'il leur réserve.
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LA PROVINT!' A C.HKVAI,.
La tàclie nvs[ pas toujours larilc, cl les plus agréables commensaux sont Soiivnit les |)Iiis (lillirilcs à allircr.
Se sachant très-demandes, ils se l'oul désirer souvent au delà des délais assignés à la villégiature, et reportent sur l'année suivante les invitations (|iii leur ont été faites.
Nous avons retrouvé une série de lettres destinées à ranimer l'ardeur de retardataires de ce genre, écrites par un maître de maison à court d'invités : c'était un vieux chasseur, habile à piéger toute espèce de gibier, et qui avait eu recours à ses souvenirs de braconnier amateur pour arriver à prendre dans ses lacs les invités les plus récalcitrants.
Il prétendait avoir réussi.
l'oici quelques spécimens de ses lettres, eu tète desquelles il avait eu soin de noter à quel système de piège connu chacune d'elles correspondait , en même temps que la voiture qu'il convenait de faire atteler pour envoyer prendre la victime.
CHASSE A L APPAT.
mi/s^'m^'^i' \«C#*.i4tei^sf]t'' Â Monsieur Raoul de Chauvin,
> -^'tW^^fC?!--''^' fpk^ûr'^lmt." ''f^'^ capitaine de reserve.
Mon cher Raoul, ceci est une occasion sans pareille pour toi.
\ -— -^ -■='^s^~~7 ~— ^ Le général Ledur est en tournée
d'inspection dans nos parages, il a établi son état-major à Castelkrevan. Viens, el tu t'y trouveras naturellement attaché. Ou essaye les nouveaux uniformes.
\J. B. — Le général vient d'être i)ris d'un accès de goutte qui arrête toute inspection : soit pour Raoul huit jours de piquet forcé!
Envoyer un cheval Icnu en main , cl voir aux écuries s'il n'y a pas par hasard un palefrenier récemment sorti du scriice auquel on n'ait pas songé i faire couper sa moustache.
LA PROVINCK A CHEVAL.
La baronne douairière Dudiapclais. — Cliàteau de Cliappevillcj par Fouillis-lc-Béni. — Eure.
CH.ISSE A l'appât.
"'"--^fc,. Madame,
On m' apprend que vous allez quitter Chappeville pour rentrer à Paris.
Vous feriez acte de charité en vous arrêtant à (]astelkrevan.
Vous y trouverez quelques pécheurs qui ont bon besoin de vos exemples. Nous avons fait restaurer la chapelle, où vous pourrez prier pour eux, de concert avec Monseigneur de Meniphis, qui a bien voulu accepter notre hospitalité pendant son .séjour en Europe. C'est une âme admirable qui comprendra la vôtre.
P. S. — Amenez donc votre charmante nièce.
Envoyer le landau.
CHASSE A L APPELAXT.
Les meilleurs appelants sont les niàles, principalement les jeunes; mais tous les mâles n'appellent pas, tandis que presque toutes les femelles appellent plus ou moins. [Secrets anciens et modernes de la chasse aux oiseaux.)
Au maestro Piccolominardi.
Cher Maître,
Vous qui vivez par l'oreille et le goût, laissez donc l'Opéra, où l'on ne vous donne rien, et venez à Castclkrevan.
IGi LA PROVINCE A CHEVAL.
L'incomparable iiiadainc Z... y clianle Ions les soirs.
C'est, vous le savez, un infalijjnhle conlralloj elle assure qu'elle n'a Ions ses moyens que quand vous (Mes là.
Venez, il y a ini Irain à quatre heures, qui vous amènera pour diner demain. On vous al tend.
Envoyer ce (|u'on possùile de plus éclalant en fail dV-qnipage : dcmi-daumoiit, si possible.
l.E riftCE A LOUP.
Il ne doit être tendu que dans les endroits tout à fait écartés, et quand on connaît bien le ])assaj}e de l'animal. [Guide du cliasscur.)
\Jvy
Castollircvan.
M. V. de rcuxscullcs, Paris.
Mon cher, nous sommes seuls à présent ; nous n'avons plus que madame V. . . et sa fille.
Je crois que le moment est venu de te déclarer.
Tu sais tout : les avantages et les inconvénients de cette alliance j réfléchis et décide-toi.
Ou mieux encore, ne réfléchis pas et décide-toi.
Envoyer la Victoria, avec bouillolle el énorméinenl de couvcrlurcs.
CHASSE A L APPAT.
On a soin, avant de se mettre à l'affût, d'appâter avec la nourriture dont l'oiseau qu'on veut chasser est le plus friand. Le marc de raisin est excellent pour la grive. [L'Art dupiégeur.)
LA PROVIVCE A CHEVAL. 165
Monsieur René Grandgillcl, — au Café Anglais, cabinet
Caslclkrcvan, 3 novembre.
AIoû gros Reué, j'adresse ma lettre ici, parce que tu vas là plus régulièrement que chez toi quand tu passes à Paris.
Sais-tu que tu uous as fortement négligés depuis la mort de l'oncle Abcl?
Je comprends qu'on «>A ue tienne pas à sé- ■'i* journer dans une ** maison triste.
Mais notre deuil louche à sa fin, et ii=|& ., une chose que tu " — ignores peut-être , c'est que le pauvre oncle avait une cave dont on dit le plus grand bien, et qui est nôtre à présent. Tu serais bien gentil de venir uous en dire ton avis, qui est décisif. A toi.
Envoyer la voiture la niicuï suspendu:^ qu'on possède : le huit-ressorts de madame au besoin.
CHASSE A LA PIPEE.
En pipant, c'est-ti-dire en imitant le cri de la chouette, on attire ses ennemis ordinaires, le geai, la pie, etc., etc. [Manuel du c/iasseur.)
Monsieur Ferdinand Razafroijlli. — Paris.
Mon cher ami, nous appelons au secours.
Ce sempiternel poseur de Sanggheue est toujours ici, où tu l'as laissé à ta dernière apparition.
Impossible de le faire déguerpir, quoique nous soyons plusieurs conjurés dans ce but.