‹ La province a chevalChapitre 47 sur 49 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

EN TOURNEES ELECTORALES. VEHICULES ET CANDIDATS.

Le duc de Lépalamalec, trenle ans; fait ses tournées en mail-coach, accompagné de sa femme, dont la langue est inCniment mieux pendue que la sienne.

Opère en pays normand, où son attelage a le plus grand succès.

A le tort d'avoir été décoré comme zouave pontifical.

Ses adversaires prétendent qu'il voudrait de chevalier passer officier, et pour ce, faire le nécessaire.

LA PROVIMCE A CHEVAL.

Dans rinlérieur (lu mail, riiilondaiil, entouré de professions de foi apostillées par Monseiyneur el de diverses victuailles expédiées de la rue de l'Échelle.

Coût : 34,821 fr. 75.

Voix obtenues : 732, sur 18,000 votants.

M. de Saint-Déodat.

Eli<{ible depuis l'Avent.

Pose sa candidature comme premier jalon.

Circule sous la surveillance de son précepteur dans la calèche de la douairière, et lit sa profession de foi, qui n'a j)as été imprimée par raison d'économie.

C'est la soixante-quinzième fois que le cocher et le valet Je pied l'entendent.

Le premier ne peut s'empêcher de rire, c'est plus fort que lui; quant au second, ses bâillements sont invincibles.

Coût : 76 francs.

Résultats : 11 voix comptées comme bulletins nuls par le comité de recensement.

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Le baron Durand, baron depuis 1843.

Vendait, avant cette date, du mérinos extrait du dos des moutons landais.

i\ eu l'honneur d'être présenté au Roi en qualité de lieutenant de la sixième légion de la brave garde nationale.

Déplore l'existence du suffrage universel, mais est resté libéral malgré tout.

Trouve que les leçons données au pouvoir par ledit suffrage sont souvent un peu fortes, mais ne comprend pas un pouvoir qui ne recevrait pas de leçons.

Appelle Cicéron : « le grand citoyen « , et M. Thiers : « ce grand orateur » .

A servi en 1870 dans l'clat-inajor de la sédeutaiie, ce qui lui a permis de faire traverser impunément le siège aux deux anglo-arabes, derniers produits du haras de Saint-Cloud, qui traînent sou américaine.

S'apprend en toute occasion à saluer d'un air digne.

L'action de mettre à nu sa coiffure conslituc d'ailleurs pour lui une occasion d'afiinner ses sympathies pour le monarque honnête homme dont il a adopté la coupe de cheveux.

Coût de l'élection : G, 022 francs.

Voix obtenues : 1,737.

Le docteur en sou cabriolet.

Connaît toutes les maisons de l'arrondissement.

A achevé le grand-père et mis au monde le gas de tous les électeurs du canton et pas mal de ceux-là.

Circule avec une pharmacie sous sa banquette et laisse les remèdes qu'il

LA PROVIMCE A CHEVAL.

ordonne à ceux de ses clients qui sout mal notes auprès de M. l'apothicaire.

A été élu en 48.

Mais on a remarqué dans les environs que la mortalité avait été beaucoup plus grande pendant la durée de la Constiluante, et les paysans ne veulent plus qu'il s'éloigne.

Coût : cent quinze mille visites impayées.

Voix obtenues : 1 ,000.

M. Chuigmann, ancien député, ancien conseiller général, ancien manufacturier, dont le préfet, au temps de l'Empire, constatait que la situation était « inexpugnable » .

A échoué en 1871, 187G, 1877.

N'a pas été réélu au conseil général.

Attribue ces échecs multipliés à mille raisons différentes, et consacre inutilement ses veilles et ses inductions les plus profondes à en rechercher la véritable cause, à savoir que son intendant est depuis sept ans l'agent électoral de son concurrent.

I,A PP.OVINCE A CHEVAL.

Coiil : (les sommes consiclorablcs.

Ilcsullat : une imposante minorilc, si imposante que M. Chuljjniann devient violet quand un billet d'un ami compatissant contient ce membre de plirase : « Une pareille défaite est un triomphe aux yeux des gens qui savent apprécier la valeur de certains suffrages. »

l'oyage en phacton, sans la surveillance de son fallacieux intendant.

Celui-ci a acheté à la vente des écuries du château le coupé huit-ressorts et les deux postières qui le traînent.

Le général T... les lui avait recommandées comme exceptionnellement vites.

Il a remplacé par des boutons à l'aigle la garniture de la veste du postillon, et inondé de violettes la boutonnière du valet de pied.

Va en Angleterre deux fois par mois, et en rapporte toutes les photographies dynastiques qu'il y trouve.

A fondé un journal qu'il a intitulé le Plébiscite, et lui a donné pour gérant l'ancien prévôt de son cercle.

A déjà été invalidé deux fois.

Candidat par amour.

Vingt-neuf ans.

On lui a promis Yveline le jour où il aura une position.

Lui avait toujours cru qu'une quarantaine de mille livres résultant de biens-fonds constituaient une position.

Mais son futur beau-père lui a affirmé que non.

Il s'est soumis et s'est résigné à chercher une occupation sérieuse.

LA PROVLVCK A CHEVAI,.

plus scduisanls sourires. ' ''™'^^""'" ■'^"-^ '''^'■'^«'«^ «-

lîésullal : J),illottage.

l'I.V DK LA PROVIXCE A CHEVAL.

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