CHAPITRE VIII
^nnchise en matière potitiqae 87
sans garanties, la pensée même sans élément, il est permis de protester contre un aussi funeste système.
Dans cette question, l'auteur a dû commencer par faire justice d'une erreur commune à beaucoup de bons esprits, qui, considérant la centralisation comme une conquête de la Révolution, se sont crus, à ce titre, obligés de la défendre. 11 démontre par les faits historiques que la centralisation est une création complètement monarchique.
Une autre erreur historique que Fauteur s* est attaché à détruire est cette accusation de fédéralisme dont on a chargé la mémoire des Girondins. Ce n'est pas qu'il condamne le système fédératif; il le préconise, au contraire, comme moyen de régénération pour la province. Hais il lui parait utile de rendre aux luttes de< la Révolution leur véritable caractère.
Après avoir dégagé la question des erreurs traditionnelles qui, depuis si longtemps, l'obscurcissent, il examine les moyens pratiques les plus propres à ramener la vie dans les provinces déshéritées , à mettre fin à l'excessive domination de la capitale.
Deux moyens principaux sont proposés par l'auteur :
1® Agrandissement des circonscriptions administratives;
2^ Rétablissement des libertés locales.
Les deux moyens tendent au même but.
Par le premier, en développant le cercle des intérêu^, on développe le foyer de l'intelligence ;
Par le second , on rend à la province la dignité morale, la conscience des grands devoirs, les éléments de la vie politique.
La gravité de ces questions témoigne suffisamment de Fintérêt qui s'y attache. 11 s'agit de savoir si la province doit rester à jamais déshéritée et asservie, ou si elle doit rentrer en possession du droit et de la liberté.