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La province ce qu'elle est, ce qu'elle doit être

La concentration de toutes les forces vives d’une natio dans sa capitale est-elle une cause de puissance ou d'affaiblissement ? Est-elle un danger ou un bienfait? Doit-elle être maintenue ou combattue?

Telles sont les questions traitées dans ce livre.

Plus d'une fois de graves discussions ont été élevées à ce sujet. Peut-être n’ont-elles été sans fruit que parce que les défenseurs et les adversaires de la centralisation ne s’entendaient pas au préalable sur le vrai sens du mot. Si, en effet, l’on considère la centralisation comme l’unité dans la diversité, la discipline dans l’indépendance et l’entente commune dans les actes librement consentis de tous les citoyens, elle ne rencontrera guère d’opposants. Mais si la centralisation n’est que l’absorption de toutes les forces nationales au profit du pouvoir, le despotisme de la capitale au détriment de la province, la pléthore au cœur et la paralysie aux membres ; si la France entière, la France intellectuelle et politique, pensante et agissante, est limitée à l'enceinte de Paris; si, hors de cette enceinte, l’esprit est sans initiative, la liberté

sans garanties, la pensée même sans élément, il est permis de protester contre un aussi funeste système.

Dans cette question, l’auteur a dû commencer par faire justice d’une erreur commune à beaucoup de bons esprits, qui, considérant la centralisation comme une conquête de la- Révolution, se sont crus, à ce titre, obligés de la défendre. 11 démontre par les faits historiques que la centralisation est une création complètement monarchique.

Une autre erreur historique que l’auteur s’est attaché à détruire est cette accusation de fédéralisme dont on a chargé la mémoire des Girondins. Ce n’est pas qu’il condamne le système fédératif; il le préconise, au contraire, comme moyen de régénération pour la province. Mais il lui parait utile de rendre aux luttes de la Révolution leur véritable caractère.

Après avoir dégagé la question des erreurs traditionnelles qui, depuis si longtemps, l’obscurcissent, il examine les moyens pratiques les plus propres à ramener la vie dans les provinces déshéritées , à mettre fin à l'excessive domination de la capitale.

Deux moyens principaux sont proposés par l’auteur :

1° Agrandissement des circonscriptions administratives;

2° Rétablissement des libertés locales.

> Les deux moyens tendent au même but.

Par le premier, en développant le cercle des intérêts, on développe le foyer de l’intelligence ;

Par le second , on rend à la province la dignité morale, la conscience des grands devoirs, les éléments de la vie politique.

La gravité de ces questions témoigne suffisamment de l’intérêt qui s’y attache. 11 s’agit de savoir si la province doit rester à jamais déshéritée et asservie, ou si elle doit rentrer en possession du droit et de la liberté.

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