‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 108 sur 174 · LA ROUTE DE YUNG-NINO COUPÉE PAR LES MIAO-TZÎJ · texte numérisé non relu

LA ROUTE DE YUNG-NINO COUPÉE PAR LES MIAO-TZÎJ

que suivaient les convois réguliers et les marchands qui se rendaient au Yiin-nan depuis la fermeture des voies du sud, venait d'être coupée entre Pi-chieh-hsien (^^ |ff 3^) et ClîU-kung-chmg (^ ^ ^), village situé à 30 lis de cette ville, par les Miao-tzù, auxquels s'étaient joints des Man-tzû, descendus des montagnes de Liang-shan (novembre).

Ces Man-tzù, chez lesquels il a été impossible au gouvernement impérial, si persévérant et si insinuant d'ordinaire, d'introduire jusqu'ici les principes de la civilisation chinoise, ces Man-tzû, disons-nous, sont disséminés sur des hauteurs escarpées; ils exploitent les bois et cultivent, dans les vallées, quelques céréales d'un rendement médiocre, mais qui suffisent à leurs besoins. Ils ne se montrent aux marchés des environs qu'à de rares intervalles. Dans la saison d'hiver, ils s'adonnent à la chasse du daim musqué et du léopard, qui abondent dans ces parages \ Livres à eux-mêmes, vivant presque au jour le jour, ils logent pêle-mêle dans de misérables huttes avec les animaux domestiques qu'ils élèvent. Insouciants comme des sauvages, ils se trouvent en proie à une extrême misère lorsque la récolte est mauvaise ou détruite par les intempéries qui se font sentir d'une manière excessive dans ces hautes régions; poussés alors par la faim, ils descendent dans les plaines et volent tout ce qui leur

' Uue grande partie du musc apporté sur les marchés du Yiin-nan et du Ssûch^uan est vendue par ces Man-tzû. D'après les Chinois qui les ont vus à l'œuvre, ils sont d'une adresse renianjuable, surtout à la chasse du daim, dont ils connaissent les habitudes et qu'ils prennent à l'aide de pièges ou en les forçant avec des chiens du pays. Les armes dont ils font usage sont des fusils chinois à mèche, longs de plus de trois mètres et d'un très petit calibre; ils se servent pour ajuster de la crosse qui est recourbée, et n*épaulcnt pas-, aussi sont-ils forcés de tenir le bras droit allongé pour ne pas se brûler les yeux lorsque la poudre du bassinet prend feu. Cette poudre, qu'ils fabriquent, est très niauvaiî*e*, ils complètent la charge avec de la grenaille de fer.

86 LA RÉBELLION MUSULMANE AU Yt)N-NAN.

tombe sous la maîn. D'autres fois, ils suivent les montagnes et vont se joindre aux tribus indigènes du Kueî-ehou, qui ne reconnaissent pas non plus l'autorité chinoise. C'est dans une expédition de ce genre que nous les voyons sous le même drapeau que les Miao-tzû, interceptant les routes, pillant les convois et menaçant Pi-chieh-hsien et d'autres localités du district.

En présence d'une révolte dans le Kuei-chou, surtout dans ces parages éloignés des grands centres, il était urgent d'y porter le plus prompt remède, car la population de cette région n'avait que cette voie pour tirer du Ssû-ch uan les matici-es premières nécessaires à son industrie. Le vice-roi, sui' lequel pesait toute la responsabilité comme administrateur des deux provinces, se rendit compte de cette situation criticiue, et, bien qu'il lui en coûtât d'affaiblir la garnison de la capitale, il décida, de concert avec Ma Ju-lung, (rcntreprendre immédiatement une expédition contre le« indigènes. Tscn Yil-ying, qui venait d'être battu dans l'ouest vu Hollicita le (commandement poui* se réhabiliter par quelque action d'éclat.

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