TS'ÊN YÛ-YING EST NOMMÉ FU-TAI
général afin cV avoir le moins de rapports possibles avec les autorités de Ylin-nan-fu.
(3n sait que Ma Ju-lung, grâce à son énergie et son habileté à résoudre les questions difficiles ainsi qu'à ses bonnes relations avec le vice-roi, jouissait d'un pouvoir à peu près discrétionnaire; il présidait aux promotions dans l'armée et suspendait les officiers dont les services lui paraissaient peu utiles.
Le vainqueur de Chu-kung-ch'ing, espérant être nommé Fii-fai à la suite de son expédition, désirait autant que possible se tenir à l'écart et être éloigné de la capitale, afin que ses actes ne pussent être contrôlés par Ma Ju-lung. Jaloux de tous ceux qui lui étaient supérieurs en influence ou en grade, il aurait voulu, du jour au lendemain, devenii* le chef suprême de la province et n'aurait reculé devant aucun moyen pour atteindre à ce but. H méprisait les musulmans en général et son bienfaiteur en particulier. Egoïste dans toute l'acception du mot, il mettait les intérêts publics au service de son ambition et les aurait volontiers sacrifiés s'il eût été nécessaire.
Afin de prévenir son rappel à Yun-nan-fu, il écrivit au vice-roi qu'à la suite d'une expédition longue et pénible, sa santé ainsi que celle de ses troupes (pour lesquelles il préparait une demande de récompenses) était tellement compromise qu'il se voyait forcé de solliciter l'autorisation de rester quelque temps dans la ville qu'il avait délivrée l'année précédente. Le vice-roi consentit à sa demande et, quelques mois plus tard, il recevait de Pékin le décret qui l'élevait au grade de Fu-tai. Cette dignité, si ardemment souhaitée, endormit momentanément son insatiable ambition. Comme gouverneur de la' province, il avait le droit de correspondre
nature pour servir de refuge. Les troupes qui se présentèrent devant ces positions furent mal reçues et obligées de battre en retraite; elles eussent été écrasées si les rebelles, au lieu de longues lances d'une utilité contestable, avaient eu à leur service une plus grande quantité d'armes à feu.
Cet écliec mit le comble au mécontentement des troupes qui, souffrant beaucoup, manifestaient hautement l'intention de rentrer dans leur province. Ts'én YU-ying commençait à se repentir d'avoir accepté une tâche si pénible; mais, avant de quitter la partie, il eut recours à la diplomatie. Il promit aux chefs insurgés de les faire nommer mandarms et les assura qu'aucun des leurs ne serait molesté s'ils consentaient à se soumetti'e. Ces chefs, gens simples et crédule*, ajoutèrent foi aux paroles d'un homme si haut placé, et, malgré les objections de leurs subordonnés, acceptèrent la paix.
Tsen YU-ying, dont nous avons vu la duplicité à Ch'uching-fu, n'avait aucunement l'intention de tenii- ses promesses. Il se proposait au contraii-e de faire expier chèrement aux vaincus le temps et l'argent qu'ils lui avaient coûtés. Dès que ses soldats eiu'ent pris possession des différents villages rebelles, ils en massacrèrent sans pitié les habitants qui, en grande partie, avaient livré leurs annes. Les femmes furent violées et les jeunes filles vendues ou emmenées en captivité. Lorsqu'il ne resta plus de victimes pour exercer leur cruauté, les vainqueurs se retirèrent dans leurs campements de la plaine et revinrent peu de jours après à Ch'U-ching-fu avec autant d'empressement qu'ils avaient montré de lenteiu- au départ.
Tsên Yiî-ying s'arrêta à Hsuan-wei-chou pour régler les affaires administratives auxquelles avait donné lieu son expédition et établit ensuite à Ch'U-ching-fu son quartier